‹ La religion de PlatonChapitre 52 sur 164 · Tim., 29 b · texte numérisé non relu

Tim., 29 b

primitivement, que désordre infini. Pas davantage rÊtre absolu ne crée une matière pour s’y mirer, pour peupler sa solitude, pour avoir un « Autre » ou des autres, à qui faire partager, à l’état dégradé, sa perfection.

Dieu n’est pas cause de tout ce qui arrive^. Mais la résistance, jamais entièrement réduite, que la « cause errante » oppose à l’action divine, ne limite pas, selon Platon, la souveraineté de Dieu. Le non-être de la matière désordonnée est en dehors de Dieu ou, selon l’expression du Timée, Dieu en est « absent L’Être n’est donc pas tout-puissant, en ce sens qu’il n’est pas assez fort pour résorber en lui le non-être. Plutôt : c’est le Devenir qui ne peut le recevoir entièrement^. La « puissance » de Dieu est posée essentiellement dans son être et sa perfection^, et ne se traduit que secondairement par le rayonnement et la procession. La cause errante n’entre pas, comme un élément irréductible, dans un plan divin de création ; elle ne constitue pas davantage la condition nécessaire d'une création que Dieu aurait imaginée, librement, comme « la meilleure possible ». Plutôt donc que d’interpré-

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