Phéd., 80 b
7. Gf. A. Diès, Autour de Platon, t. II, pp. 561 sqq. : G. Rodier, El. de Phil. p. 144.
LE DÉMIURGE ET l’AME
entre l’ame et les Formes, et la République^ semble soustraire la solution rigoureuse de cette question à nos moyens d’investigation. Et, comme le prolongement d’une philosophie par les épigones ne constitue pas toujours un progrès, il sera plus sage de constater que Platon « tend », selon l’expression du R. P. Festugière^, à voir dans l’âme une Forme, qu’il y tend même très consciemment, mais qu’à vouloir donner à cette tendance un aboutissement autre qu’en foi et en espérance, on risque de dépasser la doctrine platonicienne, de la forcer et même de la trahir. Les ^hypostases plotiniennes aussi dépassent, en leur précision excessive, la pensée de Platon. Mais elles rendent compte de la hiérarchie : Un, Intelligence, Ame. Platon dit bien : « L’Intelligence ne peut devenir présente à aucune chose, si elle est séparée de l’âme®. » Or, cette formule, qui rappelle le « devenir présent » des Formes dans les sensibles, ne semble pas exclure que l’intelligence puisse exister en soi et par rapport seulement à son objet. C’est dans un autre sens, semble-t-il, que l’âme, solidaire de la vie et de l’intelligence, est attribuée à l’Être UniverseP, et dans un autre sens que l’âme est chargée du soin « de ce qui est dépourvu d’âme »®. C’est ainsi que la formation du Monde est confiée tantôt à un Démiurge qui est essentiellement Intelligence, jusqu’à s’identifier au Modèle qu’il contemple, et qui crée souverainement