Aristote, De animai A, 2, 403 b
encore, elle-même, en mouvement, en ceci seul qu’elle exercerait son intelligence. L’intelligence agit sur l’objet^, se meut vers ou autour de l’objet, mais d’un mouvement si parfaitement ordonné qu’en sa mouvance même, il reproduit la stabilité de l’objet^. Supposons maintenant cette âme intelligente en rapport avec un corps. Elle lui imprimera son mouvement propre ou, si l’on veut, elle prolongera le mouvement de connaître en mouvement d’agir. C’est toujours l’âme qui est « le principe du mouvement qu’elle se meuve elle-même ou qu’elle ébranle un corps ; mais c’est l’objet connu qui détermine et dirige le mouvement initial et le mouvement prolongé. Et sans doute tout mouvement n’est-il pas intelligent ni dirigé. Mais au regard de l’âme soumise à l’objet (or l’Ame cosmique n’en dévie jamais^) il faut dire que, pas plus que l’intelligence ne se conçoit sans mouvement, pas plus le mouvement ne se passe d’intelligence.
Les Formes sont intelligibles. Le Bien leur communique la vérité et la faculté d’être connues®. L’âme est, comme les Formes, invisible, intelligible, divine®. On peut dire : avec l’Objet est posé le Sujet’. N’espérons pas dépasser cette formule, vague à souhait et qui, d’ailleurs, ne se trouve pas chez Platon. Le Phédon ne va pas jusqu’à l’identité entière