Rép., VI, 509 b
LA BONTÉ DIVINE
vements que leur intelligence a décrits autour des Formes. Mais, en cela même, ils organisent et administrent rUnivers. Pareillement, la « Bonté », exempte d’envie^, du Démiurge ne doit pas être interprétée d'emblée comme une bienveillance ni, à plus forte raison, comme une effusion d’amour. C’est la bonté d’un bon ouvrier, on pourrait dire : le goût de l’ouvrage bien fait. Mais il se trouve que ce travail profite à la matière qui en est l’objet et à l’Univers qui en est le résultat. Tout bon ouvrier a toujours en vue le bien de ce qu’il fabrique ou de ce qu’il soigne^. Mais en cela encore, l’idée de bienveillance est secondaire : le médecin se propose le bien du malade, mais ce n’est pas nécessairement par amour qu’il soigne le malade. Le bien de l’objet traité découle des exigences de l’art, ce n’est pas lui qui les inspire ni, nécessairement, qui fait agir l’artisan. Ce qui définit le savant, c’est sa science seule, quand même elle ne trouverait jamais à s’employer^. Or, il se trouve que la science du Démiurge trouve où s’employer, parce qu’elle rencontre la matière.
D’autre part, toute réalisation est inférieure à la science^ ; l’action du Démiurge n’égale pas son savoir. Or, la connaissance n’est pas en vue de l’action, pas plus que l’existence n’est en vue de la genèse^. Ce n’est pas afin de pouvoir administrer la Cité idéale que les dialecticiens connaîtront le paradigme céleste ; mais, le connaissant, ils l’imiteront. Il né faut