‹ La religion de PlatonChapitre 63 sur 164 · PhiL, 54 b-c · texte numérisé non relu

PhiL, 54 b-c

donc pas dire que le Démiurge, que l’Intelligence divine porte ses regards sur le Modèle intelligible, à seule fin de pouvoir l’imprimer à la matière. Il ne faut même pas dire que le Modèle existe, tel un plan de création, afin d’être exécuté. Le Modèle existe en soi, il est Être qui se suffît, comme le Bien se suffît. L’intelligence qui connaît le Bien, qui connaît le Modèle, se suffît dans sa connaissance. Et déjà à ces niveaux s’affirme la bonté divine ; l’Être est bon, et l’intelligence de l’Être est bonne.

Pourquoi l’intelligence connaissante se fait-elle démiurgique ? — Platon a posé le problème et il répond : « Parce que le Démiurge était bon... et qu’il a voulu que toutes choses naquissent le plus possible semblables à lui^. » Le même argument explique pourquoi, au sommet; l’Être se livre à l’Intelligence et, à un niveau inférieur, pourquoi les révolutions astrales administrent l’Univers. A tous les paliers du réel, nous retrouvons cette bonté qui est fondée en être et qui, originellement, n’implique aucune nuance affective^. La bonté démiurgique est essentiellement la bonté, déjà dérivée, de l’Intelligence procédant du Bien, mais qui, rencontrant la Matière, prolonge la diffusion du Bien.

Le problème du MaL — Cette rencontre est de tout temps. Le mythe du Politique la transpose dans le récit des alternances cosmiques : l’Univèrs est tantôt gouverné, tantôt abandonné par Dieu. Le mythe,

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