V. GüLDSCKMIDÏ
la science souveraine du berger^, par une raison étrangère, mais qui procure aux bêtes le plus grand bonheur^ dont elles soient capables.
Entre Tastre et Tanimal vit Thomme. Il a un corps mortel, un corps précaire dont les éléments sont pris aux dépens du corps de TUnivers auquel ils devront être restitués un jour^. Il a l’âme mortelle des animaux, mais liée au corps de telle sorte qu’elle puisse obéir aux commandements de l’âme immortelle que l’homme partage avec les astres, encore que, chez lui, elle soit d’une facture moins parfaite. Tout ce qui est mortel dans l’homme a été créé par les divinités astrales, afin de recevoir l’âme immortelle qui, elle, est sortie des mains du Démiurge. Chaque âme, originellement attachée à un astre et associée à sa vision des Formes, devra dans sa condition terrestre restaurer, autant qu’il est possible, son état primitif. Elle devra imiter les révolutions de l’Univers et régler ses mouvements sur les mouvements célestes, lesquels, à leur tour, imitent l’être pur des Formes.
Mais cette liaison d’une âme immortelle à une âme et un corps mortels sera pour l’homme une source de troubles et de difficultés que n’éprouvent pas les autres vivants. Portant tout ensemble en lui, par son intelligence, la volonté des Formes et, par ses éléments mortels, la volonté de l’animal, il devra régler celle-ci sur celle-là et, sans trêve, l’astre et l’animal en lui seront en conflit.
Toute l’existence des âmes humaines va se dérouler