‹ La religion de PlatonChapitre 72 sur 164 · LE VIVANT MORTEL · texte numérisé non relu

LE VIVANT MORTEL

Tâme animale : la partie irascible et la partie passionnelle. Les plantes ne vivent que par cette dernière : « elles ont des sensations agréables et douloureuses, accompagnées de désirs ))^. A vrai dire, ces deux parties, « l’une par nature meilleure, l’autre pire ))2, ne sont bien discernables que chez l’homme où elles sont même localement distinctes : « la partie de l’âme qui participe à l’ardeur guerrière et qui désire la victoire » a pour siège le cœur où elle pourra, à travers « l’isthme du cou », recevoir les commandements de la raison et, « de concert avec elle, contenir par la force la race des désirs », troisième partie de l’âme et logée dans le bas-ventre^. Chez les animaux, l’absence de raison fait que ces deux parties sont aussi difficiles à discerner qu’elles le sont chez les astres où la prédominance de la raison les confond dans une égale obéissance. La distinction entre une partie « meilleure » et une autre, « pire », n’a de sens que par rapport aux ordres de la raison. L’intelligence seule doit diriger la vie des vivants ; nul ordre, nulle beauté ne peuvent naître sans elle. Chez les animaux, l’absence d’intelligence est interprétée comme un défaut ; selon la doctrine de la métempsycose, ce sont les corps d’animaux qui reçoivent les âmes d’hommes déchus, et le Timée ébauche une théorie évolutionniste à rebours où les animaux se rangent d’après leur plus ou moins grande « stupidité »^. Mais Platon a médité la vie heureuse du troupeau gouverné jusque dans les moindres détails par

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