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sommes s’appelle âme^. » Et cette âme n’est pas quelque souffle spirituel, quelque principe impersonnel que la métaphysique nous fait survivre ; c’est nousmêmes qui survivons à ce qu’on appelle mort et qui est, au vrai, la séparation de l’âme d’avec le corps^. « Il ne faut donc jamais ruiner sa maison dans l’idée que cette masse de chair qu’on ensevelit soit notre parent®. » Il ne faut même pas dire que c’est l’âme de Socrate qui survit ; c’est Socrate lui-même, et de toute sa conscience il se révolte contre Criton qui se lamente à la pensée de le voir mourir et qui demande comment /’ensevelir^. L’âme immortelle, c’est ce qui est proprement nous-mêmes, ce qui nous permet dé dire : moi, ce qui constitue notre personnalité et nous fait appeler de notre nom®. Et ce n’est pas seulement du moi que l’âme est le lieu permanent et la substance impérissable, c’est de l’homme même, au point que l’âme immortelle, jusque dans sa condition terrestre doit être considérée comme « l’homme intérieur »®, c’est-à-dire, comme l’homme par excellence.
« Le corps est une image qui accompagne chacun de nous, et l’on dit avec raison que les cadavres sont des simulacres des morts’. » Toute image est déficiente par rapport au modèle. Mais c’est du modèle cependant que lui vient sa valeur dérivée ; les Formesmodèles informent et façonnent les objets visibles qui les reflètent.