‹ La religion des anciens Égyptiens;Chapitre 2 sur 13 · PREMIERE CONFERENCE · texte numérisé non relu

PREMIERE CONFERENCE

Origine des anciens Égyptiens. — Rapports possibles avec Babylone.

Qui étaient les Egyptiens ? A quelle race appartenaient-ils? Etaient-ils autochthones, ou ont-ils apporté de l'étranger cette civilisation si curieuse, dont le caractère est si nettement tranché, et qui, vue de dehors, paraît s'être maintenue sensiblement la même pendant plus de quatre mille années?

Voilà des questions qui dès longtemps se sont posées à ceux qui s'adonnent aux études égyptiennes. Elles les ont préoccupés d'autant plus vivement, qu'il semblait que cette civilisation surgît tout d'un coup, sans préparation, sans que rien eût annoncé sa venue. Elle apparaii^ait d'emblée avec sa beauté particulière, beauté peut-être imparfaite et inférieure, mais

lit cependant ne pas manquer d'élé- Toissance et de développement. Il est B a préféré n'en pas faire usage; avec itives de splendeur et de décadence, ;tée à peu près ce qu'elle avait été au » ces débuts eux-mêmes d'où venaientibien avait-il fallu de siècles pour y

longtemps nous avons pu croire que -esterait insoluble, et que nous ne ons pas, malgré tous nos efforts à oile impénétrable. Mais, depuis une nnées la lumière a commencé àluirç;

de cette vieille terre d'Egypte, de ce a conservé pieusement tant de trésors ques, et qui, nous en sommes conrde encore une riche moisson si ce

nous-mêmes, du moins pour nos ts.

Iles faites récemment par MM. Améorgan. Pétrie, Quibell, et d'autres us ont appris qu'aussi haut que nous remonter, il y avait en Egypte une

qui n'était pas sortie de ce que nous l'âge de pierre. C'était évidemment africaine, celle qu'on a appelée plus

tard les Libyens, et qui est représentée de nos jours par des peuples du Nord de l'Afrique tels que leis Berbères.

Quand nous parlons de Libyens ou de Berbères, c'est dire qu'il ne s'agit point d'une race nègre, tout au contraire. « J'écarte dès le premier abord la race nègre », nous dit le Dr Fouquet qui a fait une étude attentive des crânes -de cette époque reculée, et qui, sans se prononcer d'une manière absolue sur l'origine de la race égyptienne, constate qu'elle a des cheveux lisses, même quelquefois blonds, et qu'on ne trouve point chez elle le prognathisme qui est, avec les cheveux crépus, le caractère le plus marqué du type jiègre.

Etes peintures grossières qui ornent les poteries trouvées dans les tombeaux de cette époque, nous, donneat une description abrégée du genre de vie de cette population que j' appellerai aborigène.

C'étaient des chasseurs, leur arc et leurs flèches leur procuraient leur nourriture, car ils ne semblent pas s'être adonnés à la culture du sol.

A en juger par les dessins quelque peu informes qu'on trouve sur ces poteries, dessins

qu'on a interprétés de diverses manières, leurs habitations en osier étaient dans des enclos formés par des pieux, et destinés en premier lieu à les protéger contre les bêtes fauves. Dans ces enceintes on voit des hommes l'arc à la main, des femmes, et plusieurs espèces d'animaux du désert, que ces archers semblent avoir non seulement apprivoisés, mais domestiqués.

Je signale en particulier diverses espèces de gazelles et d'antilopes, dont, quelques siècles après, les Egyptiens riches aimaient encore à avoir de grands troupeaux. Plus tard, quand les aniimaux plus utiles les ont remplacées, on les a laissé retourner à l'état sauvage. Dans ces enceintes des primitifs, on ne voit ni bœufs, ni ânes, ni moutons, qui doiveait être des importations de l'étranger venues avec les conquérants qui subjuguèrent la population indigène. On y reconnaît diverses espèces d'oiseaux, malgré l'imperfection du dessin et de la peinture, en particulier les autruches, qui paraissent avoir tenu une grande place dans les basses-cours de ces primitifs. En général les huttes représentées dans ces enclos sont au nombre de deux, une de chaque côté de la porte. Des barques poussées par des rameurs ou par des

voiles montrent qu'on savait naviguer; on devait se servir jde ces barques surtout pour la pêche. Rien encore ne révèle un culte quelconque chez ces aborigènes, sauf une sorte d'étendard planté sur l'une des huttes, et qui peut être ou le totem ou l'animal sacré de la famille dont nous voyons l'habitation.

Cette culture encore si rudimentaire est une culture africaine. On l'a appelée libyque, d'un nom qui ne représente rien de déterminé.

Les Libyens ou les Africains dans l'ancienne Egypte comprenaient diverses peuplades, et il apparaît bien qu'à l'époque de la Ve dynastie une population africaine blanche occupait la région voisine de ce qui est maintenant le Soudan, c'est-à-dire le Darfour et le Kordofan. Ces peuples que nous retrouvons plus tard sur la frontière occidentale de l'Egypte, d'où ils ont plusieurs fois ^nenacé le royaume des Pharaons, se nommaient les Tamahou ou les Teheimou. On voit qu'ils avaient l'habitude de se tatouer, ce que nous constatons aussi sur une ou deux figurines de l'époque très ancienne, et de s'orner la tête de plumes d'autruche ainsi que le faisaient les archers, les primitifs.

Je crois que ceux-ci portaient aussi un autre

nom, celui à'Anou qui veut dire les archers ; de la Nubie jusqu'au Sinaï on les retrouve comme adversaires de la race conquérante.

Ainsi le fond de la population égyptienne était africain, de type caucasique, et cette race paraît s'être étendue beaucoup plus au midi que plus tard, et avoir été refoulée vers le nord par les nègres. Cette ancienne race africaine a encore des représentants de nos jours, par exemple les Berbères et les Kabyles, chez qiii Ton retrouve presque exactement l'industrie et surtout la poterie des Egyptiens de l'époque préhistorique.

Ces An ou avaient-ils des villes? Il est curieux que la ville qui était la métropole religieuse de l'Egypte, celle qui s'est appelée plus tard Héliopolis, se nomme précisément An. L'un des noms de l'Egypte, c'est: les deux pays d'An. Les mythes religieux les plus anciens nous conduisent aussi à Héliopolis. Il ne serait donc pas impossible que les conquérants dont nous allons parler eussent installé leur propre culte dans l'ancienne métropole indigène qui n'était peut-être alors qu'un simple village, qui continua à être entourée du plus grand respect, et qui conserva tout son prestige; car, dans la

géographie mythologique, la ville par excellence, celle que nous pourrions rapprocher de la Jérusalem céleste, c'est la ville d'An.

Les historiens grecs et les listes hiéroglyphiques les plus anciennes nous apprennent que le premier roi historique s'appelait Mena ou Menés. Il est certain qu'avec son avènement il se passa en Egypte quelque chose qui produisit un grand changement dans tout l'état du pays. Il paraît bien qu'il fut le premier à réunir sous son sceptre les tribus ou les peuplades éparses tout le long du fleuve. Menés était-il autochthone ? Appartenait-il à ce fond africain dont nous avons constaté la présence, ou était-il luimême un étranger ? A-t-il été le conquérant, appartenait-il à cette race qui subjugua les indigènes, et qui se serait établie sur les bords du fleuve avant lui? A ces questions nous ne pouvons pas faire de réponse positive, mais ainsi que nous allons chercher à l'établir, il paraît bien probable cependant qu'il était des conquérants ; car tous les auteurs qui parlent de lui sont unanimes à déclarer que c'est lui qui introduisit dans le pays ce que nous appellerions la civilisation. Evidemment il représentait un élément nouveau qui développa et transforma

r ancien fond de la population autochthone encore assez retardé.

Il s'agit maintenant de rechercher d'où venait cet élément étranger. Si nous consultons non seulement les documents hiéroglyphiques, mais ceux qui se rapportent soit au peuple d'Israël, soit à l'ancienne Babyionie, il en ressort que le long de la mer Rouge, des deux côtés, aussi bien en Arabie qu'en Afrique, s'étendait une région qui a porté divers noms, dont l'un est Kousch, qu'on a souvent traduit à faux par l'Ethiopie ; un autre c'est celui de Pount, très fréquent dans les inscriptions hiéroglyphiques, ou même de Tanouter, le pays divin, par lequel il est le plus souvent désigné. Il semble que la contrée qui a primitivement porté ce nom, c'est rArabie du Sud, de laquelle ont émigré les populations qui se sont établies siu* la côte d'Afrique. Cette Arabie du Sud paraît avoir été peuplée par une race dont nous ne connaissons pas l'apparence à cette époque reculée, mais dont nous avons des représentations d'une époque postérieure, lorsqu'elle habitait la partie africaine du pays de Pount. Ce sont des hommes au type aquilin, à la barbe pointue, à la chevelure soyeuse retenue quelquefois par im bandeau ou ornée

d'une plume d'autruche ; ils portent un pagne comme les Egyptiens. En somme une race toute semblable à celle des bords du Nil, quoique les peintures qui nous la montrent, soient postérieures de plusieurs milliers d'années au séjour dans le sud de l'Arabie des conquérants de la vallée du NiL La seule différence notable à signaler est une différence de couleur; les habitants de Pount sont peints d'un rougie plus carminé que les Egyptiens. C'est dojic du sud de l'Arabie que nous faisons venir l'élément étranger de même race que les Africains qui subjugua les premiers occupants du pays, et qui leur apporta la civilisation.

Par où sont-ils arrivés? Les opinions diffèrent considérablement sur ce point. On a dit, c'était l'opinion de Lepsius, qu'ils avaient pénétré par l'isthme de Suez, mais ce point de vue paraît abandonné maintenant. Ils ont dû traverser la mer Rouge; il est difficile de dire où. M. Pétrie croit qu'ils ont abordé à ce qu'on nomme maintenant le port de Kosseir, et qu'ils ont traversé la vallée de Hamamât, ce qui les aurait conduits vers la ville de Keneh, dans la Moyenne-Egypte, un peu au nord de Thèbes.

Pour moi, je ne puis m'empêcher de croire

5 ont traversé plus au sud, peut-être dans îgion de Massowah ou même sur la côte yssinie. Cette opinion est conforme aux lées des auteurs classiques, dont je citerai ►eul, Diodore de Sicile. « Les Ethiopiens,

dit-il, affirment que l'Egypte est une de ; colonies. .Le sol lui-même est amené de pays par les dépôts du Nil. Il y a des res- >lanccs frappantes entre les usages et les

des deux pays », et il en cite plusieurs tne ceux-ci: « les rois avaient le même cos- ;, et le serpent uriaeus ornait leur diadème ». le borneriai à cette citation; je pourrais en luire d'autres, car pour les auteurs grecs,

bien d'Ethiopie que les Egyptiens sont s. Il y a là, me semble-t-il, une allusion aine à cette migration venue d'Arabie et se serait d'abord arrêtée au bord dû fleuve, essus de l'Egypte, i ,pcut en donner de meilleures preuves,

particulier la manière dont l'Egyptien ente. Il se tourne toujours vers le sud, ident est à sa droite et l'orient à sa gauche, e faut pas croire que cela veuille dire

marche vers le midi, suivant la direction

lui a été indiquée par ses ancêtres. Je

crois flpie l'explication en est toute différente. Dans les traditions mythologiques, Horus le roi d'Egypte est considéré coinime descenda,nt le Nil, et conquérant l'Egypte sur Set. 11 est donc naturel que l'Egyptien se tourne vers le dieu ; en même temps il se tourne vers le Nil, et il salue le grand fleuve dont les eaux bienfaisantes lui apportent sa nourriture, et lui permettent d'exister. D'ailleurs il est incontestable que dans la division en deux qui déjà aux époques les plus reculées apparaît toutes les fois que l'Egypte est nommée, l'Egypte du Midi, la Haute-Egypte, est toujours nommée la première, elle a toujours le pas, la prééminence sur l'autre. Les rois de la Hauite-Egypte sont cités avant ceux de la Basse. Le mot roi, royal, veut dire à proprement parler, roi de la Haute-Egypte. Dans certains sacrifices, lorsqu'au lieu d'immoler deux taureaux, on ^e contente d'un seul, c'est celui de la Haute-Egypte. Le caractère national a toujours été beaucoup plus marqué dans la Haute- Egypte que dans la Basse. Je considère que cette sorte de prédilection des Egyptiens pour le midi venait d'une tradition rappelant que le sud avait été leur premier établissement. Ces

émigpaTits venus du sud de l'Arabie, marchant toujours plus au nord^ suivant le coure du fleuve, ont dépassé la première cataracte, ils sont sortis de cette région où les montagnes et le s,able arrivent jusque dans le Nil; la cataracte franchie, ils se sont trouvés dans une vallée large, inondée chaque année par les eaux du fleuve, couverte d'une végétation qui devait être exubérante. C'est là qu'ils se sont adonnés à l'agriculture qui les a conduits à une civilisation avancée.

Le degré de culture de ces envahisseurs nous est connu par les fouilles que ces dernières années MM. Amélineau, Pétrie et Morgan ont faites dans diverses parties de l'Egypte. Ils sont arrivés à des édifices quelquefois souterrains, composés d'une chambre centrale autour de laquelle sont rangées des séries de chambres étroites contenant toutes des vases, des restes de meubles, et surtout des amphores, dont les bouchons en terre portaient une marque faite avec Un cylindre imprimé sur l'argile pendant qu'elle était encore molle. On a appelé ces édifices des tombes, et même des tombes royales, et vous verrez que dans tous les ouvrages récents, on parle des tombes royales d'Abydos.

La plus fameuse est celle qu'on a voulu attribuer à Menés dans une localité appelée Négadah. Je ne puis ^e ranger à cet avis; je considère ces édifices comme des chapelles funéraires dans lesquelles on rendait un culte au défunt, qui était enterré ou à une certaine profondeur audessous, ou dans le voisinage.

Mais ce ne sont pas les seuls monuments qui nous soient restés de cette époque reculée. Nous avons ^ussi ce qu'on nomme des palettes, en schiste, de grandeurs différentes, et dont nous ne connaissons la provenance que pour une seule. Les plus grandes ont 76 et 74 centimètres de long, elles n'ont guère plus de deux centimètres d'épaisseur. Elles sont en général couvertes de sculptures des deux côtés, et il n'est pas impossible qu'une mince feuille d'or vînt encore Rehausser les ornements. Au centre de l'ime des faces est un petit godet rond que l'on a voulu considérer comme servant à broyer des couleurs. Je crois que la destination de ce godet est tout autre, surtout si l'on regarde les représentations qui l'entourent: il devait contenir l'emblème d'un roi ou d'un dieu, emblème qui était peut-être de forme aniconique, c'était ou une pierre précieuse, ou un morceau

is en forme de -cône ou de pyramide. La rt de ces palettes ne sont ornées que de sentations d'hommes ou d'animaux, mais Ji a un petit nombre qui portent des insons véritables en hiéroglyphes, et même iéroglyphes tout-à-fait semblables à ceux tous rencontrerons plus tard. Il faut donc ttre que l'écriture telle que nous la connus a été importée par ces conquérants gers. Et quand je dis importée, est-ce le >ropre? L'avaient-ils déjà quand ils étaient e en Arabie? Je ne saurais l'affirmer, ine au contraire à croire que l'écriture développée depuis qu'ils ont occupé la î du Nil. Car il est certain que l'écriture a aractère égyptien très prononcé, on n'y yas de mélange avec un élément étranger, poteries, les palettes, les ivoires, les tions d'amphore qui ont été trouvés dans ouilles de diverses localités, mais surtout rdos, nous permettent de nous faire une aipprochée de ce qu'était la civilisation de trangers.

d',abord commençons par les rois et remar-

s que les noms sont écrits d'une manière

particulière, et dont le cadre est toujours

le ^ême. Au sommet du groupe on voit un oiscrau de proie qu'on a longtemps appelé un épervier, et que M. Loret a déterminé comme étant un faucon, le faucon pèierin. Cet oiseau est perché sur un rectangle oblong, qu'on désigne souvent sous le nom de bannière, et qui est terminé à la partie inférieure par un ensemble de lignes rappelant la façade d'une chapelle funéraire, la porte par laquelle le double du mort est supposé pénétrer.

Au sommet du rectangle, sous les pieds du faucon, est un espja'ce vide dans lequel sont inscrits un ou deux jsignes hiéroglyphiques qui sont une épithète caractéristique du roi, ou la qualité maîtresse par laquelle il désirait surtout se distinguer. Ainsi ce groupe n'est pas le nom même du Pharaon, le prénom par lequel il était désigné, c'est une qualification, et c'est le premier titre ou le premier élément de ce protocole compliqué qui compose un nom roy,al. Mais le fait que les rois des premières dynasties sont cités presque toujours par ceîte qualification

p,ar leur prénom, nous enseigne cepenlusieurs choses d'une grande importance, iciens rois sont tous des faucons, des îs faucons, les compagnons du faucon; ou^ dire que cet oiseiau est l'emblème, jne de la tribu, à laquelle ils appartien- )r le faucon, en égyptien heru^ c'est, deorigitie, jusqu',au moment où disparais- Bs croyiances de l'ancienne Egypte, le [orus; soit qu'il soit représetité sous la de cet oisqau, soit qu'il ait l'apparence omme avec la tête de faucon. Il y a plus,

égyptien heru^ le faucon, est aussi un abe ,et cela nous conduit encore à l'idée us soutenions, il y .a un instant, que l'ori- 3s conquér.ants égyptiens doit être cherfn Ar,abie.

ce sont les compagnons d'Horus qui, ijettissant la race indigène africaine qui it FEgjrpte, lui o,nt apporté la civilisae fait que nous apprenons par les plus j monimients est confirmé soit par les «, soit par les données des historiens D'après plusieurs chronographes, Horus

derôiier des dieux qui régnèrent sur e et qui précédèrent les rois historiques.

Dans les inscriptions hiéroglyphiques, les compagnons ou les suivants d'Horus représentent répoque légend,aire, celle que les Grecs ont appelée l'époque des Mânes, quoiqu'ils fussent cependant des humains. Ce qui s'est passé au temps des suivants d'Horus, c'est pour les anciens Eg|y.ptiens des événements d'une antiquité dont on ne peut pas mesurer la durée. Un plan trouvé djOns im mur de briques, et qui avait été dessiné au temps des compagnons d'Horus, remonte aux temps antérieurs à l'histoire. Ainsi à l'origine, à l'.aube de l'histoire, on trouve Homis et ses compagnons, ce clan, cette tribu qui .avait pour animal saicré, pour dieu le faucon; chaque roi est lui-même un Horus et dans les inscriptions les plus anciennes que nous possédions, le roi tfest pas désigné par son prénom, il est un Horus auquel on a appliqué tel on tel qualificatif. C'est là ce qui importe pour le faire reconnaître, c'est qu'il soit bien le double de l'oiseau sa'cré de la tribu, c'est là ce qui .en établissant sa nature divine, fera de lui le roi à l'autorité duquel personne ne pourra se soustraire. Si nous considérons que tous les souverains d'Egypte, même les empereurs romains, ont compté parmi les titres qu'on leur

donnait, celui d'Horus, on reconnaîtra qn'il y a là une tradition d'une vitalité extraordinaire, puisqu'elle a duré plus de quatre mille ans. En tout temps l'idée de royauté, par conséquent de pouvoir et d'autorité, a été associée au nom d'Horus; s'asseoir sur le trône d'Horus, c'est entrer en possession de tous les droits que confère la royauté, c'est en même temps devenir un être divin.

A l'époque des rois macédoniens, la conquête de l'Egypte par Horus faisait l'objet d'un long récit qui a été retrouvé gravé sur l'une des murailles du temple d'Edfou. Alors, par le fait des modifications qui s'étaient produites dans la religion et dans la mythologie, Horus n'était plus seulement le fauton que la tritbu conquérante (avait suivi dans un âge ténébreux, il était devenu le dieu local d'Edfou, auquel on avait élevé un temple magnifique desservi par un nombreux «collège de prêtres. Il s'agissait de glorifier Je dieu de la localité. Aussi la légende racontait que son père Ra Harmachis régnait en Nubie, et que l'an 363 de son règne, il était monté dans une barque, suivi de soldats sans nombre pour descendre en Egypte, alors occupée par Set et ses compagnons. Commençant

par Edfou, et suivant le cours du fleuve, son fils Horus «avait livré de nombreuses batailles, dont les divers épisodes étaient rappelés par les noms donnés aux localités où il avait remporté ses victoires. Sans doute il ^e faut pas dans cette légende chercher de l'histoire, mais cependant il en ressort que, même sous les Ptolémées, on croyait encore que l'Egypte avait été conquise p;ar les suivants d' Horus, partis de Nubie où ils étaient établis depuis longtemps. Pour nous, nous considérons que ce séjour en Nubie n'est que la première étape, dans une migration qiu était partie d'Arabie.

Les listes hiéroglyphiques, aussi bien que les historiens grdcs, nous disent que le premier roi fut Menés. Les liistoriens grecs parlent souvent de ce roi qui partit de This, une localité de la Moyenne-Egypte, tout près de ce qui fut appelé plus tard Abydos; c'est pourquoi l'époque de Menés et de ses successeurs immédiats est appelée l'époque thinite. Il descendit le fleuve et vint fonder Memphis, à l'entrée du Delta. On parle de guerres qu'il fit en dehors de l'Egypte, de travaux qu'il entreprit pour l'endiguement du Nil, de progrès de tout genre qu'il fit faire à la civilisation. Diodore même noxi^s fait à son

sujet ce récit bizarre. « Menés enseigna à ses peuples à craindre les dieux, et à leur offrir des saicrifices, et aussi à se servir de tables, de lits et d'étoffes précieuses, en un mot il introduisit le luxe et la vie somptueuse. Aussi, bien des générations après, quand lé roi Tnephachtos, le père de BoJcchoris le sage, marcTia contre l'Arabie, et que les vivres manquèrent à cause de la solitude et du dénuement de la contrée; obligé pendant un jour de s 2 contenter de la nourriture la plus grossière et la plus misérable, le roi en éprouva un plaisir extrême; il maudit le luxe et il se répandit en imprécations contre le roi qui le premier avait donné l'exemple de la magnificence. Et il mit si bien son cœur à changer entièrement dans sa nourriture, «sa boisson et son coucher, qu'il ordonna quie <ses imprécations fussent consignées dans les livres sacrés du temple de Jupiter à Thèbes. Ce qui me semble la raison pour laquelle la gloire et les honneurs attribués à Menés n'ont pas dnré jusqu'aux derniers temps. » Ici Diodore se trompe, le culte de Menés fiursi fort tard.

Menés est certainement le premier souverain que les Egyptiens aient considéré comme roi

d'Egypte. Il n'y a pas à en douter, les listes que nous avons conservées sont formelles. Aussi ne puis- je me ranger aux théories qui ont été émises récemment sur les rois pré-Ménites ou pré-dynastiques. Quand un roi comme Ramsès II faisait la liste des souverains qui avaient r^né avant lui, en remontant jusqu'à l'origine, afin de montrer quelle nomhreibe et glorieuse série l'avait précédé, il est certain quHl commençait par le premier, ou celui que de son temps les annalistes citaient comme le premier. S'il y en avait eu d'autres avant lui, il n'aurait pas manqué de nous l'indiquer.

Mena ou Menés appartient à ces étrangers, à cette tribu d'Horus qui assujettit la race indigène, et finit par s'amalgamer avec elle, de manière à former im seul peuple; comme cela a été le cas pour les Normands et les Saxons dans la Grande Bretagne. Quoiqu'on nous dise que Menés fonda Memphis, c'est cependant dans la Moyenne Egypte que resta la capitale des premiers rois, à Abydos, où ont été trouvés jusqu'à présent le plus de monuments appartenant à cette époque reculée, en particulier ce qu'on a appelé leurs tombes.

Si nous étudions les objets qui ont été décou-

U COLLEGE DE FRANCE

bes que, pour ma part, je • comme des chapelles funé-

partie du tombeau destinée endroit où le défunt était ^qnerons que la civilisation i très avancée. Elle ne diffère

qu'elle sera quand les conmemphites se feront creuser iques dont plusieurs font yageurs. D'abord récriture >te ; elle est moins dévei, mais cependant les signes it la même valeur. Nous pouutes les inscriptions gravées avec lesquels on marquait phores, ou sur les plaques sur les palettes ou les mastard, l'inscription accompaène sculptée ou peinte, elle

j inscriptions nous donherit îz exacte du degré de culteint ces vieux Pharaons ; nques, mais aussi en pierre; tives à la fondation d'un édià l'état encore rudimentaire.

S'agit-il de marcfu^r l'enceinte d'un temple, le roi prend une houe pour en tracer les lignes sur le sol, tandis que devant lui on verse du sable ou du gravier dans le sillon qu'il vient de creuser, pour en marquer l'empreinte; comme le fera encore, plusieurs milliers d'années plus tard, un empereur romain à Dendérah. Derrière le roi sont des porteurs d'éventail. Il faut voir dans ces objets non pas simplement un instrument destiné à procurer au roi de la fraîcheur. Ils ont une signification symbolique, ils sont le signe qui représente un élément vital de la personnalité, c'est Temblème de ce qu'on a appelé J'ombre ou le double, dont un même homme pouvait avoir plusieurs, et qui est un élément indispensable à la personne. A défaut de ce double, la personne était anéantie; aussi est-il devenu comme le génie protecteur qui devait toujours accompagner le roi, et sans lequel le roi ne serait pas un être complet. L'éventail, l'emblème de ce double, est un talisman qui préserve le roi même à la guerre, et qu'on représente derrière son char lorsqu'il combat.

On le voit, cet ensemble d'idées symboliques ou mystiques que nous rencontrons au travers de toute l'antiquité égyptienne, existait déjà

a période des rois de This. Nous en avons î d'autres exemples. Devant le roi, on quatre étendards dont deux surmontés de is, un autre d'un chacal ou plutôt d'un

et un autre encore de l'emblème qui est 1 la représentation du dieu Chons. Ces irds, comme l'a fait ressortir M. Loret, i la fois des noms hiéroglyp'hiques de, ;és5 des emblèmes de tribus, puis ils sont us les désignations des nomes, c*est-àes provinces que comprenait l'Egypte. On ve au travers de toute l'antiquité égyi>-

ces étendards dans les cérémonies relis, ou dans les fêtes. Ainsi chez ces pre-

descendants des tribus d'Horus, nous nous les premiers exemples de ces manions extérieures du culte, de toute cette B religieuse quelque peu bizarre, qiù plus «rendra un si grand développement is déjà nous conslatons aussi qu'il y avait liérarchie administrative, des prêtres de et d'attributions diverses, et aussi une )n du sol, une organisation économique, le certains terrains sont indiqués comme des propriétés appartenant aux chapelles lires ou tombeaux. Les magasins renfer-

maient les redevances en nature provenant de ces terrains, ou les offrandes. Si nous nous tournons du côté de l'industrie ou de l'art, nous reconnaissons chez les contemporains des Thin.ites une grande habileté à travailler la pierre dure telle que le cristal de roche. La sculpture fait déjà son apparition, car nous avons deux ou trois statues qui remontent aussi haut. Quelques fragments de meubles que nous avons conservés, des pieds de table ou de chaise en ivoire pourraient être attribués à la meilleure époque de l'art égyptien. Les armes du roi sont les mêmes que plus tard; ses massues sont ornées de scènes sculptées, où le souverain apparaît coiffé alternativement du diadème du nord et du midi, comme le serait un Ramsès ou un Psammétiqiie. Sur les palettes de schiste, ce sera le roi frappant ses ennemis, ou célébrant une grande fête ; sur d'autres il se livrera à la chasse des animaux du désert. Ces palettes étaient quelquefois, comme celle du roi duquel je lis le nom Boéthos, des objets de luxe, qui ne sont pas l'ouvrage d'un peuple enfant et encore peu avancé. Sans doute la civilisation est venue avec l'élément conquérant étranger. Ce que les conquérants ont trouvé chez les indigènes africains,

ployer les termes de la chronologie égyptienne pure, de la quatrième à la première dynastie. Mais si cette première dynastie, comme nous le croyons, est venue de l'étranger ; si, partant d'Arabie elle a passé la mer Rouge pour atteindre le Nil et se fixer définitivement à Textrémité de la vallée du grand fleuve, 'a-t-elle apporté d'Arabie aussi cette civilisation, et s'il en est ainsi, comment se fait-il qu'on n'en découvre pas de traces dans les étapes où elle s'est arrêtée en chemin ? Comment se fait-il que ce ne soift qu'en Egypte qu'on trouve cette civilisation avec ses caractères si tranchés? Si nous l'étudions de près, nous ne tarderons pas à reconnaître que la culture égyptienne est déterminée dans tous ses traits par la nature du pays oii elle s'est développée, et par conséquent qu'elle ne i>eut guère être née en dehors de la vallée du Nil. Cette civilisation est essentiellement agricole pai' ses origines, elle procède, comme du reste la plupart des civilisations, de la culture du sol. Arrêtons-nous donc un instant sur cette nature si curieuse, si différente des autres pays du monde. Et d'abord la contrée entière est la création ou, comme disait Hérodote, le don du grand fleuve. On sait que

liveau qui varie presque tous les as une hauteur normale à laquelle il lant un temps prolongé. Il croît et cesse. Au solstice d'été, c'est le

est le plus bas; il commence alors [ui dure à peu près cent jours ; puis rs après il se remet à descendre mois. A mesure que les champs se écouvert, les habitants du pays s'y : font les semailles, auxquelles )isson, dans les mois du printemps.

[ que dans ces conditions, les Egyp- 3U que trois saisons. Ils avaient di- >, l'année tropique, l'année solaire

jours, et comme le soutient avec [îh, une année lunaire. Mais ce qui que devait être le calendrier vériopulation rurale, c'était la marche hases ascendantes et descendantes on.

n'a pas dû tarder à s'apercevoir

du Nil séchée au soleil était une î à travailler, et très durable, surtout at aussi sec. Il ne semble pas qu'il frand effort d'imagination pour ar-

une brique, dès l'instant qu'il ne

ivirons, et avec lequel ont été construits es grands édifices de Thèbes. Puis c'était au calcaire blanc, assez tendre et qtd preort bien la couleur, tout à fait approprié à ilpture des hiéroglyphes. On a employé les espèces de granit, le noir, qui vient de :res entre le Nil et la mer Rouge, et le fagranit rose d'Assouan, cette pierre superbe on a fait grand usage à toutes les époques, >t susceptible d'acquérir un très beau poli, ne d'être travaillée avec une grande finesse, de plus facile que de passer de la brique à latériaux excellents, que les habitants du avaient sous la main. On comprendra les Egyptiens aient été des construcqu'ils n'aient pas tardé à le devenir, [u'ils se sont établis dans cette vallée 3 entre deux haies de montagnes qui fournissaient toutes les pierres dont ils it besoin. La construction est certainele côté de la civilisation que les Egyptiens oussé le plus loin. C'est là qu'à certains s ils ont dépassé les autreis nations de |uité. C'est aussi ce à quoi ils donnaient lêmes le plus de prix. Un roi lorsqu'il se faire valoir, pourra parler en termes

vagues de ses conquêtes, de sa puissance, et de ce qu'il a reculé les limites de son empire jusqu'au commencement du monde au sud, ou jusqu'aux marais du nord; mais tout cela ce sont des expressions conventionnelles qui se répètent d'un souverain à l'autre. Il sera beaucoup plus précis lorsqu'il parlera de ses constructions, qui doivent durer autant que le ciel.

Dans tout ce qui tient à l'architecture égyptienne il est impossible de discerner aucune trace d'influence étrangère. C'est bien un art qui est né dans le pays, et qui est déterminé par les conditions spéciales dans lesquelles il a pris naissance.

Nous avons constaté que dans les représentations des primitifs, les animaux domestiques étaient absents; qu'on n'y trouvait que des animaux du désert. Dernièrement les naturalistes se sont beaucoup occupés de l'étude des animaux momifiés, et ils se sont demandé si ces animaux, en particulier les moutons et les bœufs étaient bien d'origine africaine, ou s'ils avaient été importés d'Asie. A cet égard ils ne sont pas unanimes dans leurs conclusions. Il paraît bien probable que plusieurs variétés d'animaux domestiques vinrent de l'extérieur.

ablement d'Asie; mais les autres font bien e de la faune africaine, et c'est en Afrique 5 ont dû être domestiqués. Il serait éton- , si les animaux domestiques étaient tous es d'Asie avec les conquérants Horiens, ceux-ci n'eussent pas amené le cheval le se voit pas dans les anciennes sculptures, apparaît qu'après la grande invasion asia-

des Hyksos venus probablement de Mésomie, rmi les animaux sacrés, lesquels tous

sont indigènes, il est curieux que l'un plus vénérés ait disparu de la faune y^pte; l'ibis blanc, l'oiseau du dieu Thoth.

n est de même d'un végétal dont les ►tiens ont fait un très grand usage, le rus, lequel se trouve encore sur le Haut tandis qu'il ne se voit plus en Egypte e. Il paraît qu'il est spontané sur le Haut s'esit donc de là que les Egyptiens l'auraient et l'auraient apporté avec eux, non pas en lier lieu pour faire du papier. Le papyrus s usages divers, la partie inférieure de la est charnue et peut servir de nourriture, les tiges longues et flexibles servent à des lUX de vannerie, et même à faire des

lENCES AU COLLEGE DE FRANCE

ne nous expliquons pas la cause, îvrait le mieux conserver la trace tit étranger, c'est récriture. Or » r avons vu, c'est bien là le domaine ractère égyptien le plus prononcé.

; l'on a commencé par une écriture Tous les caractères que nous rens les époques les plus reculées sont it égyptiens; ce sont des représenobjets que les Egyptiens voyaient rs. Ils les ont sculptés tels qu'ils les ine main souvent enfantine et malus sans qu'on puisse y dis^cerner iniscence de quelque chose qu'on a De cette analyse il ressort donc ble de la civilisation égyptienne est allée du Nil, depuis que les Horiens lis au-dessous de la première cata-

endant un trait de cette civilisation ment a été importé par les envahisi doit venir de l'extérieur, je veux métallurgie. L'Egypte est un pays en minerais pour que ses habitants ar eux-mêmes l'idée d'employer, Lient de travailler le métal. La lé-

gende ptolémaïque, à laquelle j'ai déjà fait allusion, et qui raconte la conquête de l'Egypte par Horus, nous dit qu'ime partie de ses compagnons étaient des forgerons, qu'il établit en diverses parties du pays. Comme l'a fait ressortir M. Maspero, il y a peut-être là un écho de rirruption en Egypte de tribus ayant parmi elles une caste de forgerons. Ces forgerons peuvent à l'occasion travailler autre chose que le métal, mais ce qu'ils font avant tout, ce sont les armes, et cela s'accorde avec le caractère belliqueux d'Horus, du dieu dont ils sont les compagnons ou l'escorte.

Un peuple de métallurgistes est certainement une raice supérieure à des primitifs qui n'usent encore que d'instrimients de silex, quand même ces primitifs sont arrivés à une certaine habileté dans les arts qui leur sont familiers, tels que celui de la poterie, ou même dans la fabrication de vases de pierres. Les Horiens paraissent avoir été plus susceptibles de développement que les Africains indigènes. Ils ont mieux su tirer parti des ressources que leur présentait le pays. On comprend du reste que l'homme qui travaille le métal, ne le fait que poiu* fabriquer un instrument dont il a besoin.

bc familitT clit que la nécessité fait C'est la nécessité aussi qui est à la Lites les civilisations. L'homme a été ^réer l'instrument, parce qu'il fallait n eût un secours, quelque chose qui son travail, lequel a consisté tout ^e procurer de quoi vivre. Je crois affirmer que la métallurgie a eu mier but d'aider à la culture du so«l, t dire que dans l'ordre des temps ujours précédée par l'agriculture, nant donc à ce que les Horiens arria vallée du Nil, d'une fertilité admide suite mis à profit toutes les rileur offrait la contrée dans laquelle saient. Ils ont fort bien su s'assil'ils ont trouvé dajis la population i n'était pas sauvage, loin de là. Du s deux éléments est sortie l'Egypte )us la connaissons, dont nous admîtes brillants, lesquels cependant ne simuler de certaines lacunes, de iperfections qui nous étonnent. On s imperfections des conventions. Je faut les interpréter tout autrement, nnent de ce qu'il a toujours manqué

aux Egyptiens l'idée du progrès, le besoin de faire mieux, et par conséquent de laisser derrière soi les prokîédés de Tenfance. Rien ne tombe en désuétude en Egypte, et si ce qu'on avait fait jadis répondait au but, à quoi bon chercher mieux, et pourquoi ne pas le conserver pour en faire usage à Toccasion?

Les conquérants, nous l'avons vu, ont été les suivants du dieu Horus, et ceci m'amène à parler de ce que nous connaissons de la religion, soit de l'époque thinite, soit de celle qui a précédé. Dans les représentations que les poteries nous ont conservées de l'état de la population préhistorique, la seule chose qui puisse nous faire penser à un élément religieux, ce sont les enseignes qui surmontent l'une des tours ou des huttes gardant les enceintes qu'habitait ce peuple primitif. Ces enseignes se composent d'une perche ou d'une pique, au sommet de laquelle est planté le signe distinctif de la tribu; ce signe n'est pas toujours reconnaissable, mais quelquefois on y distingue soit une plante, soit un animal, tel qu'un éléphant ou une bête à cornes. Il semble bien que ces enseignes soient le point de ralliement, l'élément constitutif, ou pour employer un mot fort à la mode aujourd'hui, le

NCKS AU COLLKGK DE FRANCE

tribu. Etait-ce déjà une divinité ?

L le totem comme un dieu? lui

culte, quelque élémentaire qu'on figurer? c'est là ce que nous ne )re dire.

trement des compagnons d'Horus, ►nquérants étrangers que j'ai ap- . de Horiens. Horus le faucon est i, c'est bien une divinité à laquelle culte que nous connaissons mal,

peut discerner certaines cérémo-

cependant qui rappelle l'état prie le faucon, comme du reste d'au-

apparaît souvent sur une enseigne, lucon est le dieu par excellence de its, il n'est pas le seul; il y en a X ou déesses, en particulier Set idrupède qu'on n'a pas encore déîment, dans lequel on a voulu voir 1 lévrier, et qui est le dieu d'un aussi d'origine étrangère, avec ►riens sont tantôt unis, tantôt en >mine peut-être sur une partie du Horiens ont eu de la peine à cona que l'un des rois ajouta à son Buni les deux dieux, Horus et Set

Il y a aussi des déesses représentées par un vautour, p.ar des serpents, ou par un emblème, tel que celui de Neith, qui se compose d'un bouclier et de deux flèches. L'un de ceux qu'on rencontre le plus fréquemment, c'est Apouatou ou Oupouatou, littéralement : celui qui ouvre les chemins. Ouvrir les chemins, veut dire en égyptien donner accès à des régions inexplorées, vous faire entrer dans ce qui était inconnu; c'est un grand m&'ite, un titre de gloire dont les souverains aiment à se vanter. Cet Apouatau, c'est un chacal, ou plutôt comme vient de le reconnaîtra M. Lortet, un chien placé sur ce que nous avons appelé une enseigne, c'est-à-dire sur une barre ou potence au sommet d'une perche. Les rois aiment à voir ce dieu devant eux quand ils vont à la guerre, c'est évidemment leur guide, celui qui leur montrera le chemin et qui leur fera surmonter les obstacles. Ce dieu est le grand dieu d'Abydos à l'époque thinite, plus tard il prendra le nom d'Osiris.

Tous ces dieux, nous les retrouverons aux époques postérieures, c'est à eux que s'adressera ce culte si compliqué, si riche en cérémonies et qui paraît avoir tenu une place si grande dans la vie de la nation; mais alors ils auront quelque

igé de caractère. Tout en ayant conservé uelque chose de leur apparence animale, it revêtu la forme humaine sinon entiè- [lu moins dans la plus grande partie de !. Horus ne sera plus qu'un homme à aucon; Neith sera une femme avec cerlements et certains attributs distinctifs:

lème d'autrefois, le bouclier et les flèches, ra qu'à écrire son nom. A l'époque 'anthropomorphisme des dieux naît à ne se montre que vers la fin ; aup aradieux sont ou des animaux ou des emon les voit encore souvent sur leurs s. Et ici surgit cette question à laest difficile de donner une réponse est-ce l'animal servant d'enseigne à la i est devenu le dieu, ou au contraire dieu qui est devenu le point de ralliedrapeau de la tribu? Ce n'est qu'avec aine hésitation que je hasarde une rél'est la seconde de ces alternatives qui ît le plus probable. Je crois que l'aniucon, chacal, vipère, par ce qu'il a !U mystérieux pour l'homme primitif oit reparaître sans cesse, qui est témoin uvellement perpétuel de l'espèce, frap-

pait rimagination de ces humains sans

L'animal n'hésite pas, il va droit au bi

exactement ce qu'il lui faut, et commei

ver a à se le procurer. L'animal est n

l'instinct qui ne le trompe pas, et l'on o

que cet instinct ait pu être interprété C(

élément surnaturel, quelque chose d

l'humanité, et ait provoqué une crainte i

qui a conduit à voir dans les animaux d

Qu'une tribu se distinguât ensuite par i

par l'être auquel elle rendait un culte

adorateurs du faucon fussent un cl a

des adorateurs de l'ibis; que chacun ail

enseigne son dieu spécial, c'est là un

s'est reproduit dans tous les temps.

donc que c'est le dieu qui est devem

peau d€ la tribu, mais je le répète, je

cette opinion n'est qu'une conjecture.

Avant de quitter cette antique civili

voudrais toucher une question qui d

dernières années a été l'objet de vive

sions. Cette civilisation égyptienne (

constatons être en partie venue de 1

a-t-elle pris naissance en Babylonie?

potamie inférieure est-elle la mère pî

est sortie la cultm'e des bords du >

înue récemment en Allemagne îl, en France par M. de Morgan, te des fouilles qu'il a faites en îndant plusieurs années. Qu'il y s entre les deux civilisations, «table, mais le développement suivi des voies si différentes, :uère supposer que l'une dérive l'autre. Je ne puis croire que ; fille de Babylone. En i*evanche

admettre qu'elles sont toutes

la même région, de l'Arabie; [es ont divergé, et c'est ce point tiun qui explique les analogies elles.

me population africaine conée par des Asiatiques venus it traversé la mer Rouge et en-

le sud, et qui n'ont pas tardé à eurs sujets, voilà en deux mots îrches récentes nous ont appris

l'origine des Egyptiens.

SOURCES PRINCIPALES

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in-4'. Paris.

Gapart, Jean. Les débuts de l'art en Egypte, Bruxelles,

1904, Morgan, J. de. Recherches sur les origines de r Egypte. Vâge de la pierre et les métaux. Paris, 1896. — Ethnographie préhistorique et tombeau royal de

Négadah. Paris, 1897.

Navillk, Ed. Les plus anciens monuments égyptiens. Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, vol. XXI, XXIV et XXV.

Pétrie, Flinders. Royal tombs of the first dynasty at Abydos. Part. l. Londres, 1900.

— The royal tombs ofthe earliest dynasties, part. II,

~ Abydos. Part. I, 1902.

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QuiBELL, J.-E. Hieraconpolis. Part. I. Londres, 1901. ~ — Part. II, Londres, 1902.

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