DEUXIEME CONFERENCE
Différents modes de sépulture. — La vie à venir.
Avant de commencer l'étude des croyances religieuses des anciens Egyptiens, jetons un rapide coup d'œil sur leurs modes de sépulture. Aussi bien, par la manière dont ils traitent les morts, nous pouvons juger de ce qu'était leur conception relativement à l'autre vie. Il est clair que s'ils tenaient à conserver le corps du défunt, s'ils voulaient le préserver de la destruction, c'est que l'existence de ce corps était une condition nécessaire de la vie d'outretombe, ou peut-être qu'elle assurait aux survivants quelques conditions de bonheiu* ou de sécurité. A cet égard, à l'époque historique nous pourrons constater chez les Egyptiens des idées très arrêtées, qui ont conduit à la momification à laquelle ils donnaient une grande importance, et qui était si bien ancrée dans leur esprit, que cette coutimie a duré jusqu'à l'époque chrétienne, et a même provoqué les reproches sévères de certains Pères de l'Eglise. La momie
Lie rexpression consacrée pour le la Terre d'Egypte, et il semble qu'il imais été autrement, •and a été rétonnenîent des premiers rs qui ont trouvé qu'à Tépoque très
préhistorique ou primitive comme appeler, il n'en avait point été ainsi, ontraire, les modes de .sépulture pavoir répondu à une idée tout autre qui prévalut plus tard. Dans les néle cette population indigène qui a été
par les conquérants étrangers, nous le petites tombes, rectangulaires ou
cadavre y est placé tout entier sans \ce de momification, les genoux raitre la poitrine, les mains tenant les [ devant la bouche; quelquefois dans
mains est une plaque de schiste en losange, ou rappelant grossièrement 1, un oiseau, un animal. On a appelé ion « embryonnaire », et Ton y a vu le attitude préparatoire à une secon'de
la meilleure pour un corps qui allait
une vie nouvelle.
lemble que cette explication est un te pom* la population dont il s'agit; et
qu'il y en a une autre beaucoup plus simple, qui nous est fournie par le père de l'histoire, Hérodote. Il nous dit que les Nasamones, une ][>opulation africaine, « en tenant leurs morts assis, prennent bien garde, quand l'âme de l'un d'eux s'échappe, de le mettre sur son séant et de ne point le laisser mourir étendu sur le dos. » Quand on nous parle d'hommes assis, il ne faut pas se représenter qu'ils sont sur une chaise ou sur un siège quelconque. En Orient on s'assied sur ses talons, les genoux alors sont appliqués contre la poitrine, et les mains a la hauteur du visage; c'est la pose d'une foule de statues égyptiennes. Prenez un bédouin ou même un fellah, il n'a pas l'idée de s'asseoir autrement, les chaises n'entrent point dans le mobilier d'un habitant du désert. Renversez sur le côté un homme assis de cette manière, et vous aurez absolument la pose des défunts des nécropôles primitives.
Ce que nous dit Hérodote nous aide aussi à découvrir le sens qu'il faut donner à cette coutume. La position assise^ c'est celle de la vie, c'est celle que prend le chasseur quand il rentre dans sa hutte ou dans sa tente, qu'il se repose de ses fatigues, ou qtfil s'apprête à
n repas frugal. Qu'on mette à côté du >imne cela se fait presque toujours, vases renfermant peut-être du grain le noiuriture, et sa tombe deviendra
la hutte où il est assis avec son molitif. C'est la représentation rudimene qu'était la vie qu'il devait continuer nort, vie toute semblable à celle qu'il tée.
; cas-ci, il me semble qiie nous pou-
nous rendre compte de l'idée qni a ce genre de sépulture. Je ne saurais itant d'un autre genre qu'on rencontre ï cette époque reculée, et où nous i le démembrement du coirps ; soit été exécuté immédiatement après la t qu'il provienne d'im enterrement B. Dans certains cas, le corps a été Mèces aussitôt après la mort, dans )n a d'abord enterré le cadavre, puis « chairs ont été détruites par la corn a recueilli les os et on les a déposés tombeau. Quelquefois on a essayé de LU squelette la pose embryonnaire ; bis on a jeté les ossements pêle-mêle, sent complets ou qu'ils ne le fuissent