‹ La religion des pré-Israélites [microform]Chapitre 12 sur 70 · LES BERBÈRES · texte numérisé non relu

LES BERBÈRES

„Avant de faire sou entrée en Canaan , Josué fit trois propositions aux habitants de ce pays , savoir : Ceux qui désiraient émigrer avaient la permission de s'en aller, ceux qui désiraient la paix , n'avaient qu'a se rendre , tandis que ceux qui préféraient de combattre pouvaient se préparer au combat.

Alors les Gergésites qui croyaient en Dieu, prirent la fuite et se rendirent en Afrique." ' C'est ainsi que s'exprime la tradition Hébraïque et elle ajoute, que quelque temps après , les tribus qui s'étaient enfuis reviennent pour faire valoir leurs droits sur le pays de Canaan ; là-dessus nous lisons ce qui suit: „Quand les fils de l'Afrique étaient arrivés, pour comparaître avec les Israélites devant Alexandre de Macédoine ils parlaient ainsi." Le pays de Canaan nous appartient car il est écrit Nom : 32 , 2." Un juif savant sut convaincre x\.lexandre de la nullité de leurs arguments." ' Yoilà la tradition et il y eu a qui sont d'avis que ces citations ont été

empruntés à un document apocryphe qui traite de la conquête de Canaan. ^

Les anciennes chroniques font descendre aussi les Africains des tribus de Palestine et rapportent que les Â.frico- Phéniciens et les Carthaginois doivent leur origine au petit fils de Noë. *

Les tribus qui habitent FAfrique septentrionale y seraient arrivés en traversant le Delta , lorsqu'ils étaient mis en fuite par Josué. Nous possédons un rapport conforme à celui-ci du temps d'Alexandre Sévère (234 années après J. Chr.) qui nous communique que les habitants des îles Baléares descendaient des Cananéens qui prirent la fuite devant Josué et que la ville de Cadix en Espagne fut bâtie par des Jébusites et autres tribus Cananéennes. "

Tous ces gens fuyant devant Josué auraient érigé un monument à Tingis en Numidie en signe de leur origine. Le plus ancien historien rapporte a ce sujet ce que voici : ® „Lors de leur défaite par Josué, les Cananéens, fuyant leur exterminateur , passèrent en Afrique naviguant sur Tingis, fait constaté par une inscription gravée sur des colonnes en Afrique, inscriptions conservées jusqu' aujourd'hui et littéralement ainsi conçues : „Mis en fuite par le brigand Josué , nous princes des Cananéens , nous sommes venus habiter ici." Cette citation a été pi'obablement empruntée de Procope , qui était au service de Bélisaire, le général de Justinien. Bans sa description de la guerre contre les Vandales et les Maures, il rapporte: „que le littoral de la Palestine fut dans la possession des tribus Phéniciens et que les Gergésiens et les Jébusites mis en fuite par Josué s'étaient rendus en Egypte. Qu"* arrivés là ils furent de nouveau chassés par les habitants

et se retirèrent en Lybie ou ils bâtirent plusieurs villes. Ils peuplèrent la côte jusqu^ aux colonnes d^Hercule (Gibraltar). Toutes ces tribus parlaient la langue Phénicienne , ce qui est prouvé par une source en Tingis oii l'on voit écrit en caractères Phéniciens : „Nous avons pris la fuite pour Jùsué le brigand le fils de Nave." '' Ces mythes sont d'une grande valeur pour la comparaison avec les légendes des tribus alliés aux habitants de l'Afrique septentrionale. Tous ces habitants sont nommés Berbères. M. Deveaux est le dernier qui à écrit sur eux et est arrivé au résultat suivant. Le fond de la population Kabyle est de race Berbère et par conséquent de race Caucasique. La race Berbère forme le noyau de la population qui habite la partie de l'Afrique qui s'étend depuis le littoral jusqu' à une zone encore inexplorée, peut-être jusqu'en Ethiopie." M. Texier, dans sa critique de cet ouvrage ajoute à ce-ci : „Nous savons par Procope l'époque où cette partie de la côte d'Afrique fut envahie par les tribus Phéniciennes, par des Gergésiens et des Jébusites. Ces derniers étaient chassés de la Phénicie par les Hébreux qui étaient arrivés sous la conduite de Josué. Après un court séjour en Egypte les Phéniciens furent contraints de se rétirer en Afrique où. ils étendirent leurs habitations jusqu' aux colonnes d'Hercule. Ils bâtirent une place forte en Ts^umidie où se trouve à présent la ville de Tingis (Tanger). ^

Tout ce que nous savons de ce peuple s'accorde avec cette origine Palestinienne; les récits des anciens historiens en font mention de la même manière que leur propres légendes populaires et celles d'autres nations ; d'ailleurs cette assertion est mise hors de doute par leur

idiome et leurs monuments. Nous venons de citer déjà quelques témoignages mais nous possédons la source principale de leur Mstoire dans le travail de Ibn-Kaldun.® Celui-ci nous raconte au sujet de leur origine ce qui suit: *" „Leur langage est un idiome étranger, différent de tout autre , circonstance qui leur à valu le nom de Berbères. Yoici comment on raconte la chose: Ifricos envahit le Maghreb et l'Ifrikia et y bâtit des bourgs et des villes , après avoir tué le roi. Ce fut même d'après lui à ce que Fon prétend, que ce pays fut nommé Ifrikia. Lorsqu'il eut vu ce peuple de vue étrangère et qu^il eut entendu leur langage, dont les variétés et les dialectes frappèrent son attention, il céda a Tétonnement et s'écria „Quelle Berbèra est la votre ;" on les nomme Berbères pour cette raison. Le mot Berbèra signifie en Arabe un mélange de cris inintelligibles. Les hommes versés dans la science des généalogies s'accordent à rattacher toutes les branches de ce peuple a deux grandes souches, celle de Bernes et celle de Madghis. Comme ce dernier était surnommé El-Abter on appelle ses descendants El-Botr (signifiant : sans postérité) Madghis et Bernés, s'appelaient tous deux fils de Berr . . . . , d'autres déclarent que les Béranès sont enfants de Berr. qui descendait de Mazigh fils de Canaan , tandis que les Botr ont pour ayeul un autre Berr, qui était fils de Kais et petit fils de Chailan." — Selon cette déclaration la liste généalogique serait ainsi :

Canaan. — Chailan.

Mazigh. — Kais.

Berr. — Berr.

Béranès. — El-Botr.

Selon d'autres traditions Bel, dieu principal de la

Syrie , disparut en Afrique." Il y régnait en prince très sévère '^, chassa Ammon le dieu des Lybiens et s^empara de son royaume. Son fils Aphros régnait après lui et donnait au pays le nom d'Africa. *^ Cliez les Ara;bes nous trouvons aussi que les Africains da Nord sont censés d'être d'origine Cananéenne. Abulfeda en donne les témoignages les plus détaillées. »* Selon la légende des Himjari le premier conquérant de l'Afrique était Seddad fils d' Ad que nous retrouvons en Phénicie sous le nom de Sadid fils de Kronos. " Il s'était avancé jusqu'en Mauritanie et avait bâti la ville de Tingis , qui levait des impôts sur le pays environnant. ^^ Après celui-ci régnait Dhu-el- Karnain , dont le Koran prétend qu'il fit une expédition en Afrique ^'' et qui eut pour successeur Afrikis fils d'Abraham et de Kétura. '* D'après une autre légende Afrikis fit la conquête de la Mauritanie et s'avança jusqu'à Tingis ; sa suite était composée d'un mélange d'Amalécites et de Cananéens qu'il transporta de la Syrie en Afrique, ce qui est constaté aussi par Ibn-Kaldun qui s'exprime en ces termes: '" „Ces tribus sont des branches de la population Yéménite qu'Ifricos établit en Ifrikia avec les troupes qu'il y laissa pour garder le pays." Plus loin il dit. „Selon Et-Tabiri (célèbre historien et théologieii mort eu 923) et d'autres historiens, les Berbères sont un mélange de Cananéens et d'Amalécites , qui s'étaient répandus dajis divers pays après que Goliath fut tué. Ifricos ayant envahi le Maghreb , les y transporta des côtes de la Syrie et les ayant établis en Ifrikia , il les nomma Berbères. Les Berbères , selon une autre opinion , descendent de Cham , fils de ISfoë et ont pour aieul Berber fils de Temla , fils de Mazigh , fils de Canaiin , fils de

Cham. Une autre dit, qu'ils descendent de Berber fils de KesloLidjim (Casluliim) , fils de Mesraim, fils de Cham.

Selon une autre hypothèse , ce sont des Amalécites qui descendent de Berber fils de Temla, fils de Mareb^ fils de Taran , fils d'Amr, fils d'Amlac, (Amalec) fils de Lavad , (Lud) fils de Sem. D\après cette opinion les Berbères seraient des Amalécites. Les Berbères , dit un autre, se composent de diverses tribus, Himjérites, Coptes, Amalécites Cananéens et Coreicbites , qui s'étaient réunis en Syrie et parlaient un jargon barbare. Ifricos les nomma Berbères à cause de leur loquacité. D^autres rapportent qu' Ifricos formait avec ces gens une armée afin de conquérir l'Afrique et que cela fut la cause de leur émigration. Ils les nomma Berbères et à ce sujet on cite de lui les vers suivants :

,,Le peuple Cananéen murmura (berbèrat) quand je le forçai a quitter un pays misérable pour aller vivre dans Tabondance."

On n^est point d'accord, dit un autre, sur le nom de celui qui éloigna les Berbères de la Syrie; les uns disent que ce fut David qui les en chassa après avoir reçu par une révélation divine , Tordre suivant ... O David fais sortir les Berbères de la Syrie, car ils sont la lèpre du pays. D'autres veulent que ce soit Josué fils de Noun ou bien Ifricos ou bien encore un des rois Tobba , qui les en expulsa. Enfin , les Berbères voulurent rester en Egypte , mais ayant été contrariés par les Coptes jusqu'à quitter ce pays, ils s'en allèrent à Barca en Ifrikia et à Maghreb. Ayant a soutenir dans ces contrées une longue guerre .... etc. Pendant plusieurs siècles les Berbères vécurent sous la tente dans les régions abandon-

nées et ne s'occupaient qu'a mener paître leur troupeaux aux environs des grandes villes, depuis Alexandrie jusqu''à rOcéan.

C'est ainsi que Ton fait descendre les Berbères de différents peuples, des Pliénicieus, des Philistins, des Amalécites. Il j a encore une opinion qui leur suppose une origine Egj'^tienne , Ibn-Kaldun ^^ dit encore : „Le plus probable est cette opinion qui réprésente ce peuple, comme les enfants de Cobt fils de Ham. Quand Cobt se fut établi en Egypte, ses fils en sortirent pour aller vers l'occident et ils prirent pour habitation le territoire qui s'étend depuis la frontière de l^Égypte, jusqu''à l'océan vert .... et eu se prolongeant jusqu''à la limite du grand désert.''-'

Il - est cependant peu vraisemblable que tout le littoral de rA.frique septentriouale fut peuplé par ces tribus , car on trouve parmi les peuples qui^ ? habitent des races différentes. Toutefois ils parlent presque tous va\ dialecte de ridiome Berbère. La plus près de la vérité sera donc l'opinion qui établit, que les tribus Asiatiques en côtoyant l'Egypte se sont fixés là , de sorte que les habitants seraient un mélange de peuples de TAsie et des aborigènes du pays, ^' Il y a des monuments qui affirment ces différentes opinions. Le musée de Constanstine les possède en quantité et celui de Leyde en a quelques uns aussi. ^^ Le dieu Syro-Phénicien Baal reçoit en général les honneurs d'une divinité principale. Quant a l'époque oii ces différentes tribus ont fait leur entrée en Afrique , j'ose énoncer à ce sujet l'hypothèse que voici : Arba fondit Hebron, la fondation de Hebron coïncida avec celle de Zoan en Egypte, l'Avaris des Hyksôs. Arba est appelé le père

des Lybiens, il ne sera donc pas trop hasardé de supposer que vers cette même époque eut lieu l'invasion des Hyksôs et la population d'une partie du littoral de l'Afrique septentrionale. ^' Le nom d'Arba cependant est écrit avec une préfixe, de manière quil faut le lire comme T-Arba, une façon très commune, dont ils se servirent pour indiquer les noms d'origine étrangère. ^* Nous possédons ainsi dans la tradition légendaire des Berbères , une preuve historique du séjour des tribus Palestiniennes et Phéniciennes dans la Basse-Egypte et en faisant des recherches chez leurs plus proches voisins nous trouvons là aussi la tradition confirmée.

YI.

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