LE CULTE DE MARS
Baal-Adar n'est pas un dieu particulier des Phéniciens mais plutôt une forme nouvelle sous laquelle le même dieu est représenté. C'est Baal en sa qualité de dieu des combats ou dieu guerrier. Comme tel nous le rencontrons aussi chez les Assyriens et nous trouvons cité à son sujet ce qui suit. ' «En l'honneur de Ares (Mars) les Assy» riens érigèrent une colonne qu'ils adoraient comme dieu. B fut appelé Baal par les Perses, ce qui signifie Ares
le dieu des combats." La planète Mars est appelé aussi pour cela, astre du feu, Belebatos, nom. dérivé du radical Baal. Cette forme de Baal représente son côté dévastateur, comme Melech représente sou côté conservateur et organisateur. Baal en sa qualité de Mars est souvent indiqué par le nom de 'Clion ou Chanon. Comme planète il portait le nom d'Adar chez les Chaldéens et était représenté en couleur de sang ou de feu. De la même manière nous trouvons quelquefois Mars chez les Grecs ou il est appelé Pyroeis Ares, Mars ardent, auquel on attribuait la chaleur d'été. ®
Le Mars Phénicien avait une épouse , Anata ou Anaitis, l'Artemis ou Diana de ce peuple, représentée armée d'un arc et de flèches. En Egypte nous la trouvons aussi sous cette forme comme l'épouse du dieu des combats Eanpu, dont nous parlerons pliis tard. Ordinairement on lui sacrifiait une biche, ^ sacrifice qui nous rappelle celui d'Iphigénie en l'honneur d'Artemis. Ce ne fut que très rarement que l'on sacrifiait une vierge pure à Anata.
Cette Anata et Adar étaient comme nous l'avons remarqué, des formes sous lesquelles Baal et son côté féminin se montrèrent. De même que toute culte de la nature à pour objet un principe viril auquel se lie un principe féminin, de même nous trouvons cette règle en vigueur en Phénicie. Dans le premier on adorait la force qui engendre, dans le second la force qui produit les ù'uits et les deux principes unis étaient considérés comme le moyen par lequel le monde était conservé. On rendit hommage à dieu , quand on favorisait et provoquait autant que possible la fécondité , but que l'on ne cessa de poursuivre dans le monde physique en fertilisant la terre
ou en propageant l'espèce humaine. L'application rigoureuse de ce principe engendrait rimmoralité la plus grossière qui fut jamais et les liorreurs des festins de Baal vivront dans la mémoire de tous les siècles., Les sacrifices offerts à Baal-Chanon ou Adar étaient Fane, le pourceau, le chien et le coq. Il parait que Fon choisit ces animaux par préférence parce qu'ils sont réputés excessivement lascifs et féconds. La constellation des planètes Mars et Yénus était selon les astrologues celle qui rendait lascif quiconque était né sous son influence, * et selon Clément d'Alexandrie la chair de porc était défendue parce qu'elle excite la lasciveté. » L'âne était réputé de la même manière, ® on s'en servait au culte de la déesse Syrienne Astaroth. "^ L'on entretint des coqs consacrés à Mars dans le temple d'Hercule * et l'on sacrifia des chiens en Thonneur de Mars en Phénicie et en Carie. ® C'est ainsi que nous trouvons le culte de Mars en Phénicie et dans les différentes colonies. Yoyons maintenant ce que nous retrouvons de ces cultes divers chez les Egyptiens dans leur culte de Typhon.