TROISIÈME PARTIE
Le Culte.
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Les arguments énoncés jusqu^ici nous ont conduits au résultat que Set, le dieu principal des tribus Asiatiques, fut adoré comme bon dieu par les Hyksôs qui, plus tard, ont fini par le détester. Nous avons allégué aussi que la cause probable qu'il devint plus tard le dieu malin de TEgypte, ne fut autre cbose que ce culte des Hyksôs tant qu'ils regardèrent Set comme bon dieu , parce que le culte Phénicien de Kronos, que Ton appliquait à Set, était tout à fait opposé au culte Egyptien. Il parait que ce culte Phénicien fut adopté même par les Égyptiens proprement dits et était encore en faveur lorsque Set fut livré au mépris général. Nous nous rappelons que Bel, Melech , Ilos ou El sont les noms d'une seule divinité dont le culte fut le même pour ces différentes formes; un tout autre hommage reçut le Mars des Phéuiciens
et Astarté était l'objet à'vm culte particulier. Tous ces cultes différents , qu'eurent ces divinités , furent réunis en Egypte en un seul, dans le culte de Set-Typhon. Nous retrouvons dans ce culte , celui de Baal et celui de Mars; c'est ce qae nous nous proposons de démontrer en premier lieu, pour reclierclier après les traces de ce culte dans l'ancienne religion des Hébreux.
De cette manière nous tacherons de prouver que le culte de Melech, tel qu'il fat modifié en ÎEgypte, continue à être la religion des Israélites pendant leur séjour dans le désert. Yoyons d'abord ce qui est connu du culte Phénicien de Melech.
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CULTE DE MELECH.
En Assyrie et en Chaldée où le culte prit son origine, Melech était considéré comme la personnification du feu, l'élément qui purifie et qui sanctifie, d'où il résulte que Fon prétendait, qu'en sacrifiant les enfants à Melech., on les délivrait de la souillure de la mortalité ou du monde. L'on ofErit à Melech des sacrifices humains et partout où ce culte fut répandu , nous trouvons mentionné ce sacrifice. Ce culte transporté en Grèce on les sacrifia à Zeus, que l'on appelait pour cela par euphémisme, Zeus l'hospitalier, pour ne pas Firriter et pour ne pas exposer sa vie. En parlant d'un temple en Amathus où il reçut honneur, Ovide dit : »
* Devant l'entrée s'élevait l'autel de Jupiter Hospes, Lugubre par meurtres, quand un étranger le verrait. Teint de sang ruisselant; il croirait qu'on venait d'immoler Des veaux à la mamelle, des brebis d'Amathus de deux ans,//
On crut que plus la perte était douloureuse et profondément sentie, plus on s'apercevrait aussi de la force expiatoiie. C'est pourquoi l'on choisit de préférence Fétranger en voyage où bien l'enfant unique de ses parents * et souvent le plus chéri d'une famille. » Ce fut
Héliogabale qui abolit tout à fait cette pratique barbare en Italie, * maig ^orientai hospitalier préférait de sacrifier ses enfants plnirt que de violer l'iiospitalité. ^
C'est surtout par des sacrifices d^enfants que l'on crut de disposer favoiablement le dieu. Nous tKtuYons rapporté de Cartilage " (où , comme nous savons , les Phéniciens avaient transporté leur culte) ce qui suit :
,,Ce peuple qui avait été organisé par Dido , après son arrivée de la Phénicie , avait l'habitude d'appaiser la colère des dieux par des meurtres. Pour cela ils commettaient Fborrible action de mettre leurs enfants sur des autels brûlants." Diodore trouve dans ce culte l'expl' cation du mythe de Kronos le créateur du monde, qui dévore ses créatures, c'est à dire, ses propres enfants. ' Il est rapporté qu'Hamilcar , après une défaite en Sicile , aurait sacrifié un garçon à Saturne. ^ La peste de la bataille contre Agathocle, fut attribuée par les Carthaginois à la colère de Kronos , par ce qu'on ne lui sacrifiait plus , comme autrefois , la fleur de la jeunesse mais seulement des garçons étrangers qu'on avait achetés. Ce fut aussi le motif du sacrifice de deux mille des plus nobles et principaux garçons , pour a^Dpaiser la colère de Kronos , lorsque Agathocle parut une seconde fois devant les murailles de Carthage. ^ Non seulement comme sacrifice expiatoire mais aussi comme holocauste on immolait des victimes en Thonneur de Melech. Après la défaite d' Agathocle on sacrifiait les plus beaux prisonniers , comme une part du butin , en reconnaissance pour la victoire. ^"
Les sacrifices se faisaient de différentes manières selon rage des victimes. Les adultes étaient suspendus à un poteau oii percés par une lance dans le ventre. Avant
de procéder à cela, l'on fit selon le récit du père de FEglise Cyrille, au sujet des cérémonies observées aux sacrifices , trois fois le tour de l'autel avec la victime , après quoi on la brûlait. Les enfants étaient souvent tués d'abord et brûlés ensuite." D'autres fois on ne sacrifiait à Melecli que les ossements , *^ tandis que l'on se servait des chairs au iestiu du sacrifice , *^ ou bien on les brûlait tout vivants en les posant dans les bras de l'idole chauffé, d'où ils tombaient mourrants dans un four ardent tandis qu'on avait observé les mouvements convulsifs de leur corps et de leur bouche, ce que l'on prétendait être le rire. ** Nous trouvons encore cité à ce sujet ce que voici: „Les Phéniciens et surtout les Carthaginois immolèrent leurs enfants à leur dieu. Es les faisaient brûler sur le Kronos de cuivre et quand les flammes entourent le corps et les membres qu'elles consument, les convulsions , dont souffrent ces victimes jusqu'à leur mort , ont quelque rapport avec le rire." Le rire convulsif à été appelé rire Sardonique; Suidas, le rapporte sous le mot ^a^ScDiog yiXwg. ^^
L'idole sur laquelle on sacrifiait est décrit encore d'une autre manière; on dit „qu'en Carthage , pendant que l'on disait de longues prières, l'enfant fut posé dans les bras de l'idole de Ejonos, qui était pourvu de mains massives proéminentes en cuivre, an-dessous desquelles brûle un four. Quand les flammes atteignent le corps , il semble que Tenfant commence à rire."^® De ce rire on concluait si le sacrifice plut à Dieu.
On sacrifiait à différentes époques et à plusieurs occasions. " En Phénicie '* il y avait un sacrifies annuel , de même à Carthage '% à Salamis ^^ et à Ehodus, ^^ On
sacrifiait en outre avant les grandes entreprises ou les batailles , et à l'occasion de la fondation d'une nouvelle colonie ou d'une ville. Lors de la fondation d'Antioclie fut immolée une vierge pure. Des sacrifices avaient lieu aussi en temps de grands désastres , de guerre ou de sécheresse. Porphyre nous communique , que Thistoire Phénicienne, écrite par Sancliuniathon dans l'idiome Phénicien et traduite en Grec par Philo de Byblus en 8 volumes , est remplie de ces sacrifices." "
Tel fut le culte de Melech ou plutôt du dieu suprême en Phénicie. Les colonies adoptèrent ce culte et il faut examiner maintenant s'il fut répandu aussi en Egypte et s'il en reste encore d'autres traces que le sacrifice de Ménélaus^ dont nous parlions déjà. Avant de commencer cet examen nous décrirons le culte du dieu Mars des Phéniciens, parceque ces deux cultes se trouvent réunis dans celui de Typhon en Egypte.