‹ La religion des pré-Israélites [microform]Chapitre 8 sur 70 · LES PHÉNICIENS · texte numérisé non relu

LES PHÉNICIENS

Ilos ^ (E)) ou Ki'onos, le Satuine des Phéniciens , fils du ciel et de la terre, s'était rendu maître du pouvoir suprême en sacrifiant son père , qu^il détrôna avec l'aide de Hermès (Thaaut). Cet acte accompli, il descendit du ciel et se rendit vers cette partie de la terre ou se trouve la Phénicie.

n posa les fondaments de la première ville Phénicienne appelée Byblos ^, fondit plus tard Berytus et entreprit ensuite un voyage autour du monde. ^ Yers ce temps là les Kabires, descendants des Dioscures, naviguèrent vers TEgypte et prirent terre près du mont Casius oii ils bâtirent un temple.

Astarté, fille du ciel et déesse de Sidon, suivait Ilos sur sa route, En signe de sa puissance * elle changeait sa tête de déesse en tête de taureau et suivant à quelque distance , elle aussi fit le tour du monde.

Arrivé en Egypte, (Ilos) Kronos se hâta de nommer Thaaut roi de ce pays des deux cotés du Nil. ^

Ces mythes nous sont rapportés par Sanchuniaton. Selon cette tradition le peuple avait conservé très longtemps le souvenir de l'établissement de colonies, a une date très ancienne, sur la côte de l'Egypte. L'histoire de ces

voyages commerciales étant perdue, on les rattachait aux noms des principales divinités ou de celles dont le culte était gardé le plus en honneur. Ainsi Bel ou El , le Kronos ou Saturne Phénicien , entreprit ces voyages dans le but de se rendre maître du monde. Astarté, sa soeur, la plus puissante déesse', le suivit dans ses pérégrinations. De cette ilianière Thistoire a été conservée dans la mythologie , reste donc à démontrer que les Phéniciens ont été réellement en Egypte et y ont laissé des traces de leuf séjour.

Tous les voyageurs Grecs s^accordent d'avoir rencontré dans le Delta un culte particulier connu sous le nom de Culte de la Yénus étrangère. Hérodote entre autres , nous en raconte ceci: ^ „Les prêtres Egyptiens prétendent qu\m certain homme originaire de Memphis , qui s'appelait Protée, était arrivé à la puissance suprême et l'on peut voir encore de nos jours un petit et élégant édifice érigé en Thonneur de ce même Protée, au sud du temple d'Hépheste (Ptah). Des Phéniciens de Tyr habitent dans le voisinage et cet emplacement est appelé le camp des Tyriens. Dans l'intérieiu- de cet édifice de Protée se trouve un autel désigné sons le nom d'autel de la Yénus étrangère. Les autels dédiés à l'autre Yénus ne s'appellent pas ainsi." Il parait donc que les' anciens savaient qu'à Memphis le culte dé la Yénus étrangère, l'Astarté des Phéniciens, était gardé en honneur. Yoyons s'il y a des monuments qui confirment cette assertion. Nous possédons un papyrus du temps de Ehamses IX (environ 1300 ans avant notre ère) ' -, c'est aux soins de M. Chabas que nous devons la connaissance de ce monument intéressant. Il contient des formules magiques pour

coujarer des malheurs. Nous y lisons ces mots:* „I'ermez

les bouches comme est scellé le fil du glaive

d'xiuata et d'Astarté, les déesses grandes qui conçoivent non enfantent, ellCvS sont scellées par les dieux/' Anata et Astarté étaient par conséquent deux déesses importantes considérées par l'auteur comme des esprits malins dont il fallait conjurer le courroux. H est remarquable que le nom d'Astarté s'écrit de la même manière comme nous le trouvons dans l'ancien testament. Nous le rencontrons encore bien des fois ailleurs, mais écrit tout autrement. Anata est aussi une divinité des Tyriens ® et si généralement connue en Egypte que nous en possédons non seulement une figure portant casque et lance, *° mais nous trouvons le cheval et le chien de Ehamsès II (le grand Sésostris des anciens) qui partout où ils portèrent leur pas répandirent la mort et la désolation , portant le surnom d' Anata. "

Le papyrus en question rappelé une époque où le culte d'Astarté était déjà généralement répandu. Eeste à savoir à présent le temps où l'on a commencé à bâtir le premier temple en son honneur , pour fixer l'époque de l'établissement des premières colonies. Hérodote , que nous consultons encore,, nous présente Phéron ** comme le successeur de Sésostris. Après Phéron régnait selon lui un homme qui s'appelait Protée. Dans le cas que Sésostris soit identique avec Ehamsés II , Séthos II serait le Protée d'Hérodote, mais comme nous l'avons indiqué déjà , l'arrivée des Phéniciens en Egypte date d'une époque plus ancienne. Du milieu des Phéniciens qui habitaient Memphis, sortirent des messagers qui transmirent leur culte aux Grecs. Les prêtresses qui plus tard établirent

l'oracle de Dodone '^ y étaient transportées par des navires Phéniciens. Des mythes antiques nous informent „que les prêtres Égyptiens racontent, que les Phéniciens ont enlevé deux femmes de Thèbes qui étaient prêtresses de Zeus (Amun). Us les vendirent Tune en Lybie , Vautre en Grèce, et les prêtres avaient fait des recherches après elles, sans cependant les trouver. Seulement il leur fut rapporté qu'elles avaient créé des oracles. Les prêtresses de Dodone au contraire prétendent que deux pigeons noirs s'étaient envolés de Thèbes en Egypte, que F un s'était arrêté en Lybie et Fautre avait pris son vol pour Dodone ou se perchant sur un hêtre et se servant de la voix humaine , il avait crié qu^un oracle dédié à Zeus (Jupiter) serait créé dans le lieu même. L'autre pigeon avait parlé de la même façon en Lybie , ordonnant l'établissement aussi d'un oracle pour Zeus (Amun).

D est évident que la base dans les deux récits est la même; nul doute que les Phéniciens ont transporté en Grèce les premiers messagers de leur culte, sortant de l'Egypte. Nous trouvons cité ailleurs lo '* , pai-tant d'Argos dans un navire Phénicien, entreprendre le voyage au Nil et Homère chantant leurs exploits maritimes, fait dire par Ulysse :

Mais lorsque pour moi fut venu la huitième année roulante Un Phénicien me joignit, homme plein d'astuce et de fraude, Qui commit chaque jour plus d'un crime, vraiment un fléau pour le

peuple , Me persuadant de le suivre, de m'en aller en Phénicie Son pays, sa maison, ses trésors me faisant des promesses brillantes. '5

Plus tard nous trouvons les Phéniciens, ayant établis des relations de commerce régulières avec l'Egypte et d'autres pays. Hérodote cite les rapports commerciaux d'Argos avec TEgj^pte*® et Strabon ceux qui c'étaient formés entre la Phénicie et la vallée du Ml. La route que suivaient les caravanes s'étendait le long de Eapbia , Ehinokura, Ostracène jusqu'au mont Casius et était de cinq journées, i' Près du mont Casius se trouvait un excellent entrepôt et le chemin se croisait ici avec ceux qui se dirigeaient en Nabathée et en Arabie. ^* La ville bâtie au pied du mont Casius était selon toute apparence, un des plus anciens établissements coloniales des Phéniciens en Egypte et la mythe de Sanchuniaton confii-me tout à fait ces récits historiques.

A partir du mont Casius la route conduisait à Memphis Pélusium etc. Il parait que la frontière'^ de la Palestine a été entre Migdol et Baal-Zéphon '" et que Fon entrait en Egypte tout près de Migdol. Ces deux villes aux noms Phéniciens sont considérées par Ezéchiel et Jérémie , comme ayant fait partie de FEgypte. ^^

Migdol signifie Tour ; Baal-Zéphon ou Baal-ïyphon est le nom d'une divinité phénicienne dont nous parlerons plus tard. ^' Outre ces deux places nous trouvons encore cité comme étant d'origine phénicienne le lieu Liébris -^, nom qui signifierait camp ou quartier des Hébreux.

Tous ces établissements dérivaient des colonies des côtes de la Palestine, tandis que ceux qui se trouvaient le long de la côte Africaine étaient la continuation des colonies Egyptiennes.

Nous trouvons cité en premier lieu Dor, Jopé et Askalon , comme villes maritimes de la Phénicie. ^* Nous lisons

au sujet de Dor „noji loin de Cesarée se trouvait Dor , petit bourg habité par des Phéniciens." Ceux-èi étant arrivés pour la pêche de la pourpre, avaient commencé à se bâtir des cabanes et lorsque cette pêche devint abondante et lucrative , ils fendirent les rochers et bâtirent un port convenable avec les pierres. Sur cette même côte on trouve encore une autre ville du même nom que l'on appelle aussi Eaphat-Dor. Celle-ci appartint au royaume d'Israël -' a une période plus récente. La principale ville de commerce était Jopé, ville Phénicienne située sur les û'ontières de la Phénicie et de la Palestine ^^, qui fut un entrepôt commercial du royaume des Israélites.

En descendant toujours la côte on arrivait à Askalon que Ton appelait une ville de Tyriens. *'' Celle-ci et la ville de Gaza étaient designés ensemble par le nom de : port de Majuma. -®

De cette manière , toujours longeant la côte, les Phéniciens atteignèrent TEgypte; nous savons qu'ils y établirent des colonies , mais ce-ci ne nous est rapporté que par des historiens étrangers. Tâchons de découvrir aussi les preuves de leur arrivée en Egypte même, mais citons d'abord quelques monuments Phéniciens trouvés dans la basse Egypte.

Gésénius dans son travail sur les monuments Phéniciens en fait mention. ^' En premier lieu il cite un bàsrelief portant une inscription Phénicienne et représentant une offrande à Osiris par une prêtresse. La traduction de Gésénius est celle ci : „Bénie soit Thèbes , fille de Téchépus, prêtre d'Osiris! Jamais elle n'a offensé cruellement qui que ce soit , jamais elle n^a colomnié. O ! immaculée devant la face d'Osiris, soyez bénie par Osiris.

Que Fon vous rende liommage, vous qui faites accroitre mon bonheur et prenez place parmi les pieux. Adieu !"

Ce monument , selon toute apparence , semble avoir été érigé du temps des Ptolomées par un Israélite qui appartenait au culte Egyptien. Le second monument qui puisse servir à notre recherclie c'est le Papyrus de Turin trouvé parmi d^autres par Hamaker en 1833 et copié par Seyffarth. Celui-ci est encore d'origine Juive et selon la traduction de Gésénius on y lit : „Dieu mon seigneur , arrachez ton serviteur misérable à l'oppression, mon véritable seigneur c'est Jéhova."

Un troisième monument sont les papyrus du duc de Blacas, trouvés par celui-ci à Kome chez un marchand d'antiquités Egyptiennes dans l'année 1835. .Ce sont quatre fragments. Le n°. 1 est expliqué par Gésénius de la manière suivante : „Le discours que l'on y trouve à rapport à un temps futur, il parait que quelqu'un s'adresse a son roi en lui parlant d'un peuple auquel il ne faut plus distribuer des vivres et dont les usances doivent être condamnées aussi longtemps qu'il n'aura exécuté l'ordre qu'il avait reçu de bâtir une ville. Le peuple en question fut déjà en disgrâce près du père du roi actuel. La personne parlante est apparemment celle qui dans le fragment n°. Il apparait sous le nom de Bar-Hanès , vu que là le roi s'entretient avec un personnage de ce nom qui est le préfet des guerriers , à qui le roi accorde force louanges a cause de ses faits d'armes, du butin qu'il à su faire tout en ménageant ses jours et qui sera nommé premier dignitaire civil. Les fragments III et IV ont rapport à la même circonstance. Toutefois il est presque impossible de fixer l'époque. Gésénius les ramène au temps du séjour des

Israélites en Égj'pte , ce que nous croyons peu vraisembable.

Nous possédons encore un libatoire rapporté du Sérapeum , avec une inscription en caractères Phéniciennes. Cette incription a été traduite de plusieurs manières mais qu'elle que soient les différentes explications auxquelles on est arrivé, on est d'accord sur le point principal et l'on convient que c'est un Phénicien qui l'a consacré a Apis, le taureau sacré. ^°

En résumant ce que nous venons de dire , notre conclusion est celle-ci : nous trouvons en Phénicie la tradition d'une fondation très ancienne de colonies sur les côtes de l'Egypte, Ces rapports entre l'Egypte et la Phénicie sont confirmés par les Grecs d'une part, et de l'autre par les monuments qui ont été conservés en Egypte. Ces colonisations ont eu lieu à partir de la Palestine, jusqu'à la côte du Delta.

Pour fixer l'époque juste de ces événements, il nous faut consulter l'histoire de l'Egypte même.

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