Çânkh. Çr. S. IV
4. Açval. Gr. S. IV. 8, 28, et cf. Winternitz, Sarpahali, p. 41. Cet auteur s'étonne des épithètes féminines appliquées aux sarpds (masc.) : ce sont tout bonnement les épithètes propres aux rudrnsënâs (fém.) transportées de toutes pièces.
5. M. Winternitz (loe. cit.) donne pour un autre exemple de la connexion établie entre Rudra et les serpents l'invocation prescrite, aux endroits où gîtent ces reptiles, « hommage au Rudra qui réside parmi les serpents»: Hiranyak. Gr. S. I. 5. 16. 10. Mais ce qui en atténue la valeur, c'est qu'elle n'est qu'une des très nombreuses formules analogues qu'en toute sorte d'endroits marqués d'une particularité quelconque il convient d'adresser «au Rudra qui réside ici ou là»: cf. infra p. 185-186.
RUDRA 185
La puissance du dieu se manifeste à la fois par la maladie et la guérison. vSon javelot, c'est la fièvre et la toux. On ])roft'-re sur le malade cette forniulç : (( La llrclie ({ue lîudra a lancée en tes membres et en ton cctmr, à cette heure nous la tirons hors de toi en tous sens'. » Au témoignage unanime du liig-Véda et des écrits plus récents, ce ne sont pas les hommes seuls que menacent ses assauts, mais aussi le bétail, qui d'ailleurs dépend tout particulièrement de la puissance malfaisante et tutélaire de ce dieu. Une de ses appellations courantes est « seigneur du bétail » : c'est à lui qu'on sacrifie pour guérir ou prévenir la maladie des troupeaux-; car, s'il envoie le fléau, il peut aussi le bannir, lui « le meilleur médecin entre les médecins ))\
Les textes védiques récents présentent, en ce qui concerne Rudra, une particularité qui ne se laisse pas apercevoir encore dans le Rig-Véda : ce sont des cumuls de dénominations, des cumuls de résidences longuement énumérées, une tendance, enfin, à lui attribuer une omniprésence partout manifestée, à multiplier son être et à l'étendre à l'infini. On le célèbre comme le grand dieu, le souverain, le seigneur du bétail, le propice, le puissant, le formidable .11 y a une section du Yajur-Véda qui justifie, et bien au delà son titre, « chapitre des cent Rudras »; car les surnoms de Rudra s'y pressent en foule, ainsi que ceux des Rudras, « qui résident sur terre par milliers de milliers... les Rudras de la terre, de l'espace, du ciel ». — « A lui tous les noms, toutes les armées, toutes les sublimités*. » — Partout on a le sentiment de sa dangereuse approche. Si l'on arrive à un carrefour, il faut dire: (( Hommage à Rudra, qui réside sur les chemins, dont la flèche est le vent! Hommage à Rudra, qui réside sur les chemins ! » Des formules pareilles sont prescrites, à