‹ La religion du VédaChapitre 129 sur 380 · Cf. pourtant supra p · texte numérisé non relu

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4. Tout comme lorsqu'on taille les cheveux ou dépèce la victime.

5. C'est du rituel récent : Schwab, das altiiidisc/te Thicroplcr, p. 6 sq. Mais il n'y a aucune raison de ne pas tenir ces idées pour anciennes. D'ailleurs, cette dernière formule ligure au R. V. III. 8. 11 : il se peut bien qu'elle ait été composée pour la circonstance*

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de ga/on ' : ce rite nest très probablement que la survivance d'une coutume générale, qui consistait à rendre pareils honneurs à tous les arbres, c'est-à-dire aux âmes qu'on y croyait logées. Dans les textes qui se rapportent à ce cérémonial (R. V. III. 8), le poteau est constamment qualifié « seigneur de la foret ». Enfin, la très ancienne litanie des hymnes âprî où l'on invoque successivement tous les génies qui remplissent une fonction dans le sacrifice sanglant, contient, toujours à la même place, une prière adressée au « Seigneur de la forêt » pour qu'il envoie la victime aux dieux ; et ici encore le Seigneur de la forêt n'est autre que le poteau, qui, en sa qualité d'àme végétale, devient le patron du sacrifice.

Rappelons ici ce qui a été dit plus haut de l'hommage rendu aux grands arbres devant lesquels vient à passer une pompe nuptiale : si Ion y invoque « les Gandharvas et Apsaras qui habitent en ces rois de la forêt », si même les plus drus de ces arbres passent pour les maisons des Gandharvas et Apsaras qui y tiennent leurs assises de jeux, c'est par une confusion évidente, et d'ailleurs bien concevable, entre deux classes d'êtres si voisins, les elfes mâles des airs, les elfes femelles des eaux, et les elfes des bois.

Comme l'arbre « seigneur de la forêt ». ainsi le bois tout entier a une ame. Le Rig-Véda nous fait connaître la (( Dame de la forêt » (Aranyânl) proche parente des Waldfrànleln, ^Valâlceiblein, Skogsnufvar, Daines vertes, qu'a illustrées le talent de Mannhardt. On entend les bruits de la solitude qui enveloppe de son mystère et de son ombre le voyageur ou le chasseur égaré, dans cet hymne- qui parle la langue de la oro\ ance populaire la plus ancienne, la plus répandue, commune à toute la terre.

(( Dame de la forêt ! Dame de la forêt! Où disparais-tu? Que ne t'informes-tu du village? X'as-tu pas peur?

1. 8fh\valj, oyj. cit., p. 08 siiq. — Ces rites sont certaiiieiueiu anciens : R. V. III. 8.

2. R. V. X. 146. Cet hynuie est incontestablement de la toute dernière manière ; mais ce n'est plus aujourd'hui une raison pour en considérer les idées comme modernes.

« Quand les oiseaux élèvent et mêlent leur cri et leur gazouillis', alors se sent la Dame de la forêt grande comme un prince qui s'avance au son des cymbales.

(( Ici, l'on croit qu'il y a des vaches qui Lroutent ; là, on croit apercevoir une cabane ; là, on entend, à la brune, comme un chariot qui crie : c'est la Dame de la forêt.

(( Voici que quelqu'un a appelé la vache ; voici que quelqu'un a abattu du bois ; voici qu'on a crié : ainsi pense celui qui passe la nuit chez la Dame de la forêt.

« La Dame de la forêt ne fait point de mal. si l'on ne l'attaque d'abord : on s'assied, on mange do doux fruits, et l'on se couche à son loisir pour dormir.

« Celle qui a parfum d'onguent, l'odorante qui no lal)oure pas et pourtant no manque point do nourriture, la mère des bêtes sauvages, la Dame de la forêt, je la loue. »

Il est tout naturel que le Rig-Véda n'ait que fort peu affaire des déités des arbres et des bois : pour la poésie officielle du sacrifice, ces menus génies s'effacent do^ ant les grands exploits d'un Indra, devant la puissante souveraineté d'un Varuna. Plus surprenante est l'insignifiance relative du rôle que jouent ces Silvains dans l'Atharva-Véda et dans le rituel du petit culte domestique'. Il semble bien que la croyance populaire de l'époque que représentent ces textes leur ait fait une moindre place que, par exemple, la littérature des premiers temps du l)ouddhisme. Mais, qu'onyaitcru dés l'antiquité védique, c'est ce que mettent en évidence les documents que nous venons de citer, et ce qui, même à leur défaut, ne saurait soulever un doute. 11 ne paraîtra donc ici, ni hors de propos, ni contraire à une saine méthode, de tenter de compléter les données rudimentaires que nous

1. Mot à mot « lorsqu'il rajjpel du niugisseur le ciccika prête assistance ». On ne saurait identifier ces oiseaux.

2. Sur ce dernier point, je me borne à mentionner l'oblation qu'après les noces on doit présenter à un arbre udumljara : on lui apporte des Heurs, des mets, des vêtements, des rubans, d'ajjrès Baudhay. Or. S. I. 18, cité par Wiiiternit/, \Uiiul. Hofli:i'itsi-ituvll, p. 101.

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fournit le Véda --ur le folklore des Silvains de Tlnde, en recourant sur quelques points au témoignage de la littérature postérieure. Ce n"est là, sans doute, qu'un expédient ; mais, vu l'état de la question, l'on ne court guère le riscpie. en comblant les vides laissés par le Véda, d'y introduire de réelles disparates. Nous choisirons à cet effet les livres du bouddhisme.

Dans les contes bouddhiques les dieux des bois comptent parmi les acteurs favoris : de tous les dieux d'ordre inférieur, ce sont eux qui paraissent le plus intimement mêlés à la vie humaine. Parfois, la déité n'est point identifiée à l'arbre : elle n'y a pris demeure que par accident et pour un temps '. Mais, ordinairement, le Silvain fait corps avec l'arbre, la liane, le buisson, où il réside ' : il reste, tant qu'elle vit, attaché à la plante; au fond, il en est l'âme vivante. Un cygne parle-t-il au génie d'un palâça, le vers s'exprime tout simplement ainsi : « le cygne dit au palâça » '. Un jeune arbre met-il en péril l'existence d'un arbre plus âgé. on dit au silvain du second : i il ce cassera les membres » '■. Le silvain n'aime pas qu'on abatte des branches de son arbre : il dit à un moine qui s'apprête à couper un arbre : « Révérend, ne démolis pas ma maison pour t'en bâtir une » ; et. en fin de compte, il se trouve qu'un enfant du silvain aie bras coupé \ Le développement est logique : si l'arbre cesse d'être le corps du dieu pour devenir sa maison, il est naturel que les enfants du dieu y partagent sa demeure. Par voie de conséquence, si l'arbre est abattu par l'orage, le silvain prend ses enfants par la main, et s'en va, désormais sans f»yer, chercher quelque autre abri". S'il veut apparaître à un homme, c'est habituellement entre les branches qu'il se fait voir ; mais il peut aussi sortir tout entier de l'arbre, revêtir

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