‹ La religion du VédaChapitre 132 sur 380 · Cf. supra p. 19 sq · texte numérisé non relu

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tuellcment que par le nom de la classe à laquelle ils appartiennent : Rakshas, Yâtus, Piçâcas, etc. ' Plusieurs, cependant, ont aussi des noms individuels, qui, autant qu'il nous est donné de les entendre, relèvent, soit du fléau qu'ils apportent, soit des monstruosités qui les caractérisent, ou de tout autre attribut nocif ; mais beaucoup de leurs noms ne sont que d'inintelligibles assemblages de sons, vagues onomatopées de leur sinistre pouvoir. Souvent ils vont par bandes, très souvent par couples, et alors leurs noms sont

1. La noiueuclature de cette déiuonologie n'est naturellement rien moins que fixe et précise. Abstraction faite des catégories moins importantes, ainsi que des Druhas, démons dont l'action s'exerce exclusivement dans le domaine moral, nous esquis.sons rapidement les traits de ceux de ces êtres (jui lîgurent aux premiers plans : les Rakshas (paroxyton) ; les Yâtus et les Yâtudhânas ; les Piçâcas. — L"api)ollation iri/.^^ha." est visil)lement très générale : on l'emploie chaque fois qu'il .s'agit d'esprits malins dont on ne préci.se pas la nature ; ainsi, .souvent dans les textes du Yajur-Véda. Dans les deux grands hymnes d'exorcisme du R. V., VU. 104 et X. 87, ra/.'.s/(rt.< alterne avec i/ûtii ou r/âtiulhâna, et certains passages im- ]>li(juent synonymie : par exemple, Vil. 101. 16, k celui qui me nomme Yatiidluuia, moi qui ne suis point Yâtu, ou le Rakshas » (oxyton, c'est-à-dire celui qui exerce la puissance nocive du /•«/.■^/nt.s) « (pii dit — je suis pur — d, où crime et innocence s'opposent manilestemenl <lans la seconde proposition comme dans la première; de même, X. 87. 10, on prie Agni de détruire les trois « cimes » du Rakshas, de lui briser les côtes, de déchirer en trois la racine du Yâtudhuna. 11 est vrai qu'on les distingue en VIII. 00. 20, où l'on demande à détourner le ra/.s/ias et le yâtu de ceux qui sont richts en t/fdu ; mais, d'autre part, VII. 104. 23, il est question du ra/.-.*/(r/.s de ceux qui sont riches en ijntii. Est-ce à dire que le Rakshas soit le genre et le Yâtu l'espèce? La spécialité de ee dernier ressortirait alors des expressions, également très communes, yàtudhâna (masc.l, i/ât(u/hâni (fém.), ydtumant, yâtuiitârant : cf. VII I. 60.20 cité plus haut. Un composé f/âfM-f/Aâ/jo, ne peut guère signifier que « récipient du Yàtu », soit donc : sorcier iK>ssédé du Yâtu, se servant de lui et, dans une certaine mesure, s'identifiaut à lui : et, dès lors, on ne .s'étonnera pas de voir éventuellement se confondre les deux expressions yâtu ot ydtud/iâna, comme plus haut VII. 104. 16 (si, ce qui est probable, ciyâtu est composé déterminatif). De même, yâtuinant et yCctuiiuicant est sûrement le sorcier qui a commerce avec un Yàtu. Il s'ensuit que les Yâtus seraient tout spécialement les démons (pii servent les magiciens dans leurs maléfices -• cf. dans l'Avesta yûUi « sorcier ». — Mais lu même relation est possible pour le Rakshas,

sijiuificatitV d'appariatioii ; Mrôka et Anunii-oka, Sarpa et Anasarpa '. Ils sont mortels -,de sexe masculin ou féminin', et les femmes jouent dans cette plèbe un rôle bien plus con. sidcrable (^ue dans l'aristocratie des dieux supérieurs. Ils forment des familles et des clans : il est dit ([ii' « ils se remlent en famille dans les \illages; le père marche devant, la mère le suit ;.... la s(eur, la rôdeuse de nuit, épie parla fente l'intérieur de la maison ». Le démon Fièvre a un frère (pii est Consomption, une sœur qui est Toux, un cousin (jui est Lè[)re. Ils ont même des rois : les troupes de Ixakshas

cf. VII. 104. 23 cité plus haut : l'homme ([ui se sert fl'un /■à/.W/a.s est dit raf.s/icis, ou ra/,--'fiasriii. ou i-a/in/iniffi/ « (|ui attelle le R. )) ; et, couime l'on accuse tel ou tel d'être un ijâtiul/iâna, on ajijite couramment la (lucstion de savoir si un tel est ou non un ra/.:-?/iû.<, VII. 104. i33. et cf. I. l-io. 10. — Si le Yâtu et le Rakshas se tiennent de fort près, le Piçâca se sépare sensiblement de tous deux. Au R V. le mot ne figure (qu'une fois, I. 133. 5, sous la forme piçaci, côte à côte avec rd/,:<haf. auquel il est visiblement oppo.sé. Dans la littérature postérieure, où les Piçàcas reviennent souvent, ils sont en principe distincts des Raicshas et des Yâtus : ainsi, Taitt. Samh. II. 4. 1. 1, on voit correspondre aux trois classes d'êtres, Dieux, hommes, Mânes, les trois classes hostiles. Asuras, Raicshas, Piçàcas; cf. aussi A. V. I. 35. ;:'. V. L'9. 11. VI. .32. 2, Hiranyak. (ti-. S. I. 11. S, et Baudhftyana cité i)ar M. Ludwiir, R. V., V, p. 421. Inver.sement, A. V. V. *J9. 9 les identifie aux Valus. La spécialité essentielle des Pi<;âcas ressort de l'épitliête /•rarijûf/ [« mangeur île chair crue »] qui leur est très fréquemment appliquée : A. V. V. 29. 9, VIII. 2. 12, XII. 3. 43, etc. En fait, ce mot est un parfait synonyme de pirârn, et l'on doit admettre que, lorsqu'il est employé dans le Pt. V. (VII. 104. 2, X. 87. 2 et 19, X. l(J2.2l, c'est bien des Piçàcas qu'il s'agit. — Bion différents de tous ces démons inférieurs sont les Asuras (cf.supra.]j.l3ô sq.), ennemis non pas des hommes dans la vie quotidienne, mais des Dieux dans leurs combats mythiques, Rakshas relégués dans le lointain préhistorique des aventures divines, ainsi quel'atteste clairement Taitt. Samh. VI. 2. 1. 5-6. Cependant ils apparaissent çii et là en tant qu'ennemis actuels de l'humanité : A. V. VIII. G. ô : Kauç.S. 87. IG, 88. 1 ; etc.

1. A. V. II. 24. Ces couples appartiennent ii la classe de démons dite /,(inir(in, étudiée par \Vel)er, fiid. SIh'/., XIII, p. 183 .sq. Le U. V. parle de «couples de Kimidins », VIL 101. 23, X. S7. 21, et cf. 13: c'est sans doute à ceux-là qu'il fait allusion.

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