Sans doute, l'usage de cette viande nous est attesté pour
dérer le rituel, on voit que le Init de la cérémonie est de douer le prince sacrifiant de la force agile [câja] du cheval de guerre: ainsi, dès qu'on offre aux dieux un mets qui n'en est pas un, reparait dans le sacrifice la déviation typique déjà signalée en son lieu : il se contamine de magie'. Il en faut dire autant du sacrifice de l'àne, par lequel on expie la violation d'un vœu de chasteté': la question, ici, est bien moins de savoir si la chair de l'àne est un mets digne de la table des dieux, que de sacrillcr l'aninuil hiscif par excellence, le plus propre, des lors, à restituer au délin(ia;int, par opération nuigique, ce qu'il a |jerdu de virilité. Dans un charme pour faire pleuvoir, on sacrifie une loutre à Apâiu Napât, le dieu a(juatique' : c'est encore magie bien plus qu'oblation réelle, et les cas analogues abondent.
La corrélation entre la nature du dieu et celle de l'offrande (|u"on lui destine, déjà signalée dans les oblations coutumières, est beaucoup plus sensible encore dans le sacrifice sanglant. Très clairement, sinon dans tous les cas'', se laisse saisir l'intention de reproduire dans la victime le sexe, la
l'Inde il répo((ue historiijue, iiuiis il litre e\cei)tionnel. Cf. Viiut/ja- Pita/.a. Maluivagga Vl.x'3. 11, etc.
1. Cf. supra p. 2G7. — On peut aus.si l'aire reiUrer le sarrilice ilu cheval dans le principe général suivant leiiuel l'homine olïre aux dieux ce dont il mange lui-même, en considérant que l'homme, en dehors de la nourriture quotidienne, consonnue éventuellement des aliments magiciues (|ui doivent lui assurercertaines qualités: cf. infra, p. 303, n. 2. La cliair de cheval est pour le dieu un mets de ce genre, l't naturellement les qualités qu'elle lui confère tourneront au l^rofit du lidèle ([V\i l'en nourrit.