METS KT HIŒLVAGES DU SACRIFICE
couleur ou toute autre propriété du dieu a qui Ton sacrifie' . Ce trait se retrouve dans maintes populations plus ou moins sauvages, et il ne suffit sans doute pas de dire, pour l'expliquer, (]ne le dieu voit avec plus de complaisance une victime qui lui ressemble. Le motif plus proljable git dans une croyance également fort répandue, suivant lacjuelle l'animal communiquerait à celui qui le mange les (lualités qui lui sont propres-. De même, le dieu, dont le festin sacré doit accroître la force, puisera une sorte de rénovation de sa substance intime dan> la sultstance de l'animal (jui lui est censé homogène'. A Indra, qui se distingue par une exubérante virilité et que les |)octes se complaisent indéliniment à surnommer (( taureau », on immole sou\ent un taureau', ou bien un buffle, autre type de comparaison favorite pour le dieu robuste entre tous\ Certains sacrifices joignent au taureau d'Indra un bouc rouge pour les Açvins, — « car les Açvins sont de couleur rouge », disent les textes, — et pour Sarasvatï une brebis pourvue de certains attributs\ Pour Agni, le dieu qui s'enveloppe de fumée, nous constatons rol)lation d'un bouc au cou noir: pour le Soleil et pour Yama, le dieu des morts, respectivement, celle d'un bouc
1. Sur la même règle observée dans les cultesgrecs, et. P. .Stengel, Quac.<tioiu's sarrijicah's (progr. Berl. 18791, p. 1 sqq.
2. C'est ainsi qu'une tribu de l'Améri(|uedu Sud a pour mets favoris le singe, les poissons et les oiseaux, «parce que ceux qui en mangent deviennent adroits et agiles », et dédaigne la chair des animaux lourds et lents, comme le tapir, « de peur de leur ressembler » : Andrée, clii- Ant/iropophafjie, p. 102. Dans l'Inde védique, ce sont les qualités dont on désire douer l'enfant, qui déterminent le choix de la ])remière sorte de viande qu'on lui donne à manger :Parask.1. 19: etc.
5. Il est fort possible que des idées totémistiques soient également en jeu dans ces coutumes: mais ce n'est pas ici le lieu de pousser la question plus avant.