‹ La religion du VédaChapitre 208 sur 380 · METS ET BREUVAGES DU SACRIFICE · texte numérisé non relu

METS ET BREUVAGES DU SACRIFICE

construction'. On est cependant en droit de se demander si le terme usuel de « sacrifice )) est ici adéquat : il est clair, en effet, qu'il ne s'y agit point de flatter le goût d'aucun être surnaturel en lui servant de la chair et du sang d'homme, mais de consolider le bâtiment en y emmurant une âme humaine et toutes les vertus magiques qu'est censé receler un cadavre humain ; bref, c'est un charme dont la base est un meurtre, ce n'est pas un sacrifice humain dans la vraie acception du mot. Mais il va de soi qu'ici comme partout le rite, en gravitant dans l'orbite du sacrifice, s'y est fondu sous forme de sacrifice-.

Les autres témoignages invoqués en faveur d'un sacrifice humain aux temps védiques' me paraissent plus ou moins sujets à caution. II est vrai que les vieux manuels du culte consacrent une section spéciale, à la suite de celle du sacrifice du cheval, à décrire par le menu.\epurufiha>/iëdhao\i sacrifice humain' ; mais cette invention se dénonce à première vue comme purement imaginaire et modelée sur le sacrifice du cheval dont les outrances y sont encore outrées ; et, à supposer que la somptuosité de cette fantaisie sacerdotale eût jamais tenté quelque prince dévot, il n'en resterait pas moins que le sacrifice humain ainsi réalisé çà et là par hasard serait sans importance pour une .vue générale et exacte du culte védique'. De vrais sacrifices humains, soit

1. Voir à ce sujet : Tylor, Cirili.-^ation primiticu, trad. Brunet- Barbier, I, p. 122 sqq. : Winternitz, Mittheil. dur Antlu-opolof/. Ge^. in Wien, 19 avrills87; Mélu.-'lr,e, III, p. 497; etc.

2. La crémation de la veuve, qui transparaît encore vaguement dans le Véda, n'est pas non plus, bien entendu, un sacrifice : on envoie au défunt, dans l'autre monde, son épouse, au même titre que tout le reste de son avoir, par l'intermédiaire du feu du bûcher.

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