LE SACRIFIANT RT I.RS PRKTRES
En terminant cet aperçu des mets et des breuvages sacrés, insistons sur un d(''tail déjà effleuré à propos du sacrifice de làne et du elie\ al : il arrive parfois ({u'avec des substances comestibles ou potables, ou môme indépendamment de toute autre oblation, on fasse offrande de substances qui no le sont pas. Je reconnais dans ces cas la contamination, d'ailleurs si fréquente, du sacrifice et de la magie. Il n'est pas d'objet servant à quelque manipulation de sorcellerie, qui n'ait pu, entre les mains de sacrificateurs {[ui raffinaient sur leur art, se métamorphoser en oblation. Le sacrifice lui-même devient une opération magique, par la({uelle on fait pénétrer dans la personne, on met au pouvoir du sacrifiant ou de tout autre, l'objet quelconque de ses désirs. Pour obtenir longue vie. on offre, pendant la nuit de la pleine lune, cent clous de bois de khadira : il s'agit sans doute de fixer solidement la vie à cent clous, qui sont autant d'années. Quisoufiaite d'avoir des armes mortelles, offre des clous de fer. On se procure, respectivement, du gros ou du petit bétail, en offrant du fumier de veau ou de mouton'. A la cérémonie de la sautrâmani, on mcle aux offrandes des poils de loup, de tigre et de lion- : on assure ainsi au sacrifiant la vigueur de ces animaux. Pour détruire les fourmis on mêle du poison aux offrandes'. Ces exceptions n'infirment nullement le principe posé en tête de cette section, à savoir qu'on sert aux dieux ce qu'on aime soi-même à boire ou à manger.
Le sacrifiant et les prêtres.
Le centre autour duquel se meut le culte védique, c'est le feu sacré ou les trois feux sacrés d'un simple particulier; c'est celui-ci, et non pas l'association gentilice ou politique, qui porte le nom de yajamâna « sacrifiant » ou de jjajhapatl
laires et traditionnelles. — Sur l'usage liturgique du breuvage avestique correspondant [hurd), cf. Geiger, 0.<tiran. Cidtur, p. 233.