‹ La religion du VédaChapitre 241 sur 380 · Kàtvâv. VIII · texte numérisé non relu

Kàtvâv. VIII

manique nous donne quelque part' son interprétation de ces défenses : « c'est qu'à elle (à la terre) se trouve mêlé tout ce qu'à sa surface Tliomme dit de mensonges ». Si l'on traduit cette idée sous une forme primitive, on voit quïl s'agit d'impuretés qui souillent la terre et les objets où elle entre comme matière première : il n'y a ici de secondaire que le motif moral superposé à la souillure; mais d'autres passages de la littérature brahmanique nous autorisent à ne pas tenir compte de cette déviation. Au sujet du pot au lait de la néoménie il est dit- : « Si on le recouvrait d'argile, les Pères (les défunts) seraient la déité à laquelle il appartiendrait. » La terre est en contact perpétuel avec les morts, c'est leur domaine : « la maison de terre^ », tel est le nom que donne déjà le Rig-Véda, soit à la tombe, soit à l'urne funéraire. Il semble donc bien que l'interdiction occasionnelle de vases d'argile repose sur l'horreur d'un contact quelconque avec l'empire des morts.

C'est encore du même ordre d'idées que relève l'interdiction au snâtaka de se rendre vers le soir à un autre village que le sien, ou. d'aborder un village autrement que par le grand chemina Au même titre que le contact des morts est proscrit celui des femmes en couches ou en menstrues : elles aussi sont souillées d'impureté analogue. Nous nous dispenserons de rapporter un plus grand nombre de traits de ce genre : l'esprit en est toujours identique et manifeste, — éviter un danger mystérieux.

Influence de la pluie et du soleil. — A ces superstitions s'en opposent d'autres, de nature inverse, auxquelles nous avons déjà fait allusion: il s'agit en quelque façon d'impré-

1. Çat. Br. XIV. 1. 1. 30. La formule donnée par Kâty. XXV. 5. 29 est caractéristique de cette identité reconnue entre un vase d'argile et une motte de terre.

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