‹ La religion du VédaChapitre 252 sur 380 · Çatap. Br. II · texte numérisé non relu

Çatap. Br. II

OLDF.NBERG. — Vccla. 24

sôma la pierre à pressurer, il faut qu'il songe à sou ennemi, pour faire tomber sur celui-ci la violence des coups de presse. A un endroit précis de la liturgie, le sacrifiant pensera : « Agni, Vàyu, Foudre, Lune, puissé-je entrer en communion avec vous ! » ou tel autre vœu qui lui tiendra à cœur ' . Mais il n'est pas sur que ce rite mental soit vraiment une prière au sens où nous l'entendons : selon toute apparence, il ne s'agit point ici d'implorer en silence une divinité qui pénétrerait le fond de la pensée du suppliant ; mais, bien plutôt, d'orienter, par le pouvoir magique de cette pensée, l'ensemble des pratiques magiques auxquelles on se livre. et de le diriger ainsi vers le but qu'on s'est proposé.

On a déjà vu' que la prière liturgique, soit de louante soit de supplication, revêt habituellement la forme poétique, tandis que les formules dont s'accompagne le maniement des vases sacrés et autres manipulations matérielles sont eu simple prose. Les prières en prose, toutefois, ne sont point rares, et quelques-unes même figurent aux places d'honneur dans le rituel du sacrifice'. J'en cite deux in extenso, à raison de leurliauto valeur significative.

Au sacrifice principal du culte domestique, qui est celui des lunaisons, le hôtar s'exprime en ces termes : « Daignent en ce sacrifice, ô sacrifiant, t'étre favorables le Ciel et la Terre, qui portent bonheur à la maisonnée, qui donnent promptement, exempts de crainte et silencieux, qui possèdent un vaste pâturage et procurent la sécurité, qui font pleuvoir le ciel et jaillir les eaux, qui donnent le salut et la nourriture fortifiante, qui ont en abondance le suc et le lait, vers qui il est bon d'aller, sur qui il est bon de marcher !.... Il (le sacrifiant) demande longue vie ; il implore bonheur en

1. Çâùkh. Çr. s. V. 9. 19, V. 14. 12; Çaîap. Br. III. 9. 4. 17; etc. — Le verbe qui exprime cette action est toujours dhyâ.

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