RITES DE LA VIE DOMESTIQUE. LES NOCES
de l'époque indo-européenne ^ On n'y découvre plus que de faibles traces du rapt, qui fut le mariage de l'âge de pierre. L'union védique repose rituellement sur un achat, ou tout au moins garde les apparences du mariage par achat et vente : en un mot, elle est contractuelle, indice d'une société organisée qui consacre un lien jmcifique. Le rite implique, de la part de la femme, soumission et profond respect à son mari ; mais enfin, sinon toujours unique, elle est sa compagne, et non plus son esclave. A ce symbolisme se joignent les p)ratiques destinées à écarter les puissances malfaisantes, à appeler sur la tî^te des époux le bonheur familial, à leur assurer longue vie et nombreuse postérité; et, comme on peut aisément le prévoir, les rites nuptiaux, les rites domestiques en général d'ailleurs, gravitent bien plus dans l'orbite de la magie que dans celle du sacrifice et du cuite proprement dit'.
Le serrement de mains mot l'épousée en puissance de l'époux. Elle monte sur une pierre: ainsi se communique à elle la solidité inhérente à la pierre. Elle fait sept pas sous sa conduite^ et goûte avec lui les mets d'offrande : c'est le fondement de leur affection et de leur vie commune. Lorsqu'on l'a menée de la maison paternelle à la demeure de son époux, elle s'assied sur une peau de taureau rouge, et on lui pose sur le giron un enfant né d'une femme qui n'a eu que des garçons, et tous vivants : symbole et présage de fécondité, de postérité saine et virile. Les actes d'adoration, au contraire, sont ici fort secondaires. Les plus significatifs s'adressent à Agni, au dieu du foyer, intimement uni à la vie de l'individu et de la famille^: on fait trois fois le tour du feu% témoin