‹ La religion du VédaChapitre 269 sur 380 · LE SACRIFICE DE SÔMA · texte numérisé non relu

LE SACRIFICE DE SÔMA

eux, mais plus \oisine du feu oriental qui recevrales oblations, s'étend la surface plate et légôrcnient excavée de la vêdi^ également jonchée de gazon, en forme de rectangle aux côtés rentrants. Çà et là se dressent des préaux couverts, les poteaux auxquels on attachera les victimes, les sièges et les petits autels à feu des divers prêtres; il y a des vases pour les eaux d'aspersion et de consécration, un appareil à pressurer, des cuves et des coupes pour le sôma. Qu'on se représente, au milieu de tout cela, le groupe des prêtres qui, en silence ou eu chuchotant leurs formules, vaquent chacun à sa besogne, des serviteurs et assistants de toute sorte qu'elle requiert, et le sacrifiant lui-même, avec son épouse, hâve et maigre des suites de la dikshâ préliminaire. Les préparatifs du sacrifice ont duré plusieurs jours, en nombre variable. Le sacrifice proprement dit commence dès le petit matin par la récitation de la litanie aux divinités qui président à l'aurore. 11 se poursuit à travers les phases les plus variées : préparation et oblation des gâteaux et des jattes de lait; immolation des onze boucs à diverses divinités ; pressurage des tiges de sôma et filtrage du suc obtenu, qu'on soumet à toutes sortes de mélanges, qu'on verse et reverse d'un récipient dans un autre; libations de sôma aux dieux, dont ensuite les officiants hument leur part. Qu'on y joigne les ordres donnés par un prêtre à un autre, les appels réciproques, les étreintes, les inclinaisons devant les autels à feu, les attouchements des vases sacrés ou de certaines parties du corps, la distribution entre les officiants des présents que leur doit le sacrifiant, et qui consistent en bœufs, en chevaux, en or, en vêtements. Tandis que la liqueur sainte traverse le filtre de laine, s'élève le chant, sans modulations et d'une tonalité très simple, exécuté par le trio des chantres, assis côte à côte, le regard immobile et fixé sur l'horizon. C'est dans la même posture qu'officient les prêtres récitants ; assis en face d'eux, l'adhva-

théologie des bas temps a fait le chef-d'œuvre de mysticisme transcendant que l'on sait, pourrait remonter au sacrifice de sôma de la période ancienne. Cf. Weber, Ind. Stud., XIII, p. 217.

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ryu, le principal ministre des besognes matérielles du sacrifice, leur répond parla syllabe ôm, qui équivaut à notre amen. On a déjà défini le caractère de ces récitations, où s'entrelacent aux phrases toutes faites, aux énigmes, aux jeux d"esprit mystiques, maintes pensées poétiques et profondes, maints éclairs de hardie beauté. Elles s'adressent aux invisibles auditeurs qu'on se représente assis sur la jonchée, à tous les dieux et à leurs divines épouses, surtout à Indra, qui, menant son équipage de chevaux bais et sourd aux prières de sacrificateurs concurrents, est venu chercher dans cette enceinte l'ivresse qui lui sourit. Telles se succèdent, durant tout le jour, les péripéties du drame, divisées par les trois actes du triple pressurage : rites anciens, rites nouveaux, jetés péle-méle ; invocations à des dieux, dont les uns sont nés d'hier, les autres venus du plus lointain passé de la famille indo-éranienne ou même indo-européenne ; et, brochant sur le tout, la vieille magie, leur ainée, qui n'a pas encore entièrement dépouillé la rudesse caractéristique des âges primitifs et sauvages dont elle relève.

Rites de la vie domestique. Les noces. — En étudiant les pratiques religieuses qui accompagnent les principaux événements de la vie usuelle, nous ferons abstraction, autant du moins qu'il sera possible, des relations juridiques qui en résultent et qui ne rentrent point dans notre sujet, et nous nous 1)ornerons à les envisager au point de vue de l'histoire du culte hindou.

Commençons par le mariage.

Les plus récentes recherches'' donnent à penser que les cérémonies du mariage dans l'Inde — et je crois qu'on peut étendre cette conclusion à tous les autres rites domestiques — reproduisent dans leurs traits essentiels les rites nuptiaux

1. Je signale surtout à l'attention du lecteur : L. v. Schrôder, du' Hoch;eltshrâu(:he cler Esten uncl einiger andrer Jlniiisch-ur/rischer Vôlkersc/iafien in Verrjlolcfnmg mit dcncn dur indogermanischon Vôlkor, Berlin 1888; M. Winternitz, das cdtindische Hoc/ueitsrituell. Vienne 1892 ; le même , in Transactions of the international Folklore Congres.?, London 1892, p. 267.

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