Cf. supra p
5. Ce rite, au moins dans la pensée de l'âge védique, est un acte d'adoration envers Agni ; originairement, c'était sans doute une pratique magique et lustrale.
divin du contrat nuptial, qui va devenir le feu domestique du nouveau couple et raccompagnera jusqu'à la fin de la vie (ju'il inaugure. Il y a aussi diverses oblations; mais il saute aux yeux qu'elles n'ont en principe aucune relation réelle et traditionnelle avec telles divinités censées particulièrement propices à l'union conjugale. Un seul exemple suffira, pris à la plus importante de ces oblations : l'épousée, du creux de ses deux mains unies, répand des grains grillés, et l'époux récite: «En répandant des grains, cette femme dit: Puisséje porter bonheur à mes proches ! Puisse mon époux vivre longtemps' ! » On voit qu'il ne s'agît ici que d'un vague charme de prospérité, qui ne suppose en aucune façon la présence de telles ou telles puissances concrètes, dispensatrices arbitraires du bien ou du mal.
Les très nombreuses stances et formules dont s'accompagne le rite nuptial, soit qu'on y profère le nom d'un dieu quelconque murmuré comme au passage, soit qu'elles impliquent tel ou tel vœu magique de bonheur, ne dépassent guère le niveau de celle qui nous a servi de type. Celles qui s'en éloignent le plus, jusqu'à introduire dans le rituel général du mariage une véritable dissonance, sont celles qui composent le fameux hymne de Sûryâ, récité à la fête par un brahmane' : hymne de la dernière manière du Rig-Véda, qui célèbre les noces de la déesse solaire avec Sôma, le Sôma mystique « que les brahmanes connaissent et dont nul ne boit », la lune enfin: hymne encombré de subtilités abstruses et de jargon sacerdotal, entièrement dénué de ce sentiment poétique qui eût su fondre en un parfait accord le tableau de la splendeur du couple céleste et les espérances de bonheur fondées sur l'union terrestre dont il est le témoin. Rien de plus cohérent que l'évolution de la vie religieuse de l'Inde, et celle du rituel nuptial n'échappe point à la loi générale : poursuivie jusqu'au bout, elle ne nous amène, nia ce sommet
1. Çâùkh. G. S. I. 14. 1; Apast. G. S. V. 6 ; Hiranyak. G. S. I. 20. 4. La formule est un peu différente dans : Àçval. I. 7. 13; Pàrask. I. 6. 2; Gôbh. II. 2. 6, et cf. supra p. 109.