AMULETTE!? ET REMÈDES
croyance à l'illumination surnaturelle de quelques privilégiés ne s'est pourtant point traduite, dans l'Inde ancienne, en institutions comparables aux vieux oracles helléniques: dans les prescriptions (jue nous ont conservées les textes védiques au sujet de la prédiction de l'avenir, domine de beaucoup la prévision par présages et intersignes, tout à fait indépendante de dons particuliers de prophétie attachés à telle ou telle personnalité '.
Amulettes et remèdes. — A titre de complément de notre description des procédés magiques de l'âge védique, nous devons encore insister quelque peu sur le mode d'action de certains adjuvants de sorcellerie que nous avons souvent rencontrés au cours de cette exposition : amulettes, médicaments et formules conj aratoires.
On sait- que Tinfusion d'une substance ou d'une vertu magique quelconque peut s'effectuer par voie interne ou externe, parle boire et le manger, ou par onction, par application d'une amulette. Conformément au principe général, le remède ou le talisman magique procède d'un être, de préférence, semble-t-il, emprunté au règne végétal, où s'incorpore d'une façon permanente, ne fût-ce que par jeu de mots sur son nom, la puissance qu'on a en vue''.
La conception sans doute la plus primitive de l'amulette, en tant que siège d'un esprit, d'un agent animique, qui accomplit l'œuvre souhaitée, ne paraît plus subsister à l'âge védique dans toute sa grossièreté native': l'agent, c'est le
1. Supra p. 434. — Cet aperçu de la ilivination de l'Inde ancienne n'est qu'une simple ébauche d'un sujet qui mériterait d'être traité à îond, mais ne saurait l'être qu'au prix de collections ultérieures de faits aussi abondants que possible. — La question des oracles rendus par les défunts reviendra plus bas, dans la section de la vie future. Cf. aussi supra, p. 64, n. 1.