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On en a vu de nombreux exemples

4. Voir pourtant supra, p. 215, n. 3, et, sur les démons qui prennent une forme végétale, p. 224. — Si, par exemple, on emmure une tête d,e serpent dans l'autel d'Agni {Ind. StucL, XIII, p. 252, et cf. ce qui est dit du sacrifice de construction en général, supra p. 310).

fluide que recèle l'amulette, au sens défini plus haut'. Maiil faut iDien, évidemment, qu'il s'établisse une sorte de conciliation entrel'espérance du secours qu'on attend de cet agent, et celle de l'assistance qu'on demande aux dieux. Aussi les formules des sorciers abondent-elles en expressions qui supposent le pouvoir des talismans et des remèdes émané plus ou moins médiatement du monde divin-: tantôt on les dit nés des dieux, ou on les identifie à tel d'entre eux ; tantôt on proclame que les dieux les ont donnés aux hommes, les ont fortifiés, bénis, doués de leur vertu génératrice, qu'ils agis.sent de concert avec eux. Par dessus tout on aime à rappeler qu'un jour les dieux eux-mêmes ont victorieusement usé de ces armes magiques: Indra les a dirigées contre les Asuras, qu'elles ont vaincus; Tvashiar a orné Aditi d'une amulette qui la rendue mère de dieux éminents ; ainsi de beaucoup d'autres légendes.

La formule magicpie. — La croyance à l'efficacité magique, soit dunom% soit de renonciation de syllabes de bon

il est difficile de croire que cette tête soit encore, dans la pensée de l'âge védique, la demeure d'un démon-serpent animique : elle est bien plutôt le support de la vertu des serpents, de la « substance serpentine », dirais-je volontiers. « Il y dépose une tête de serpent, et ainsi il s'assimile la force agile qui réside dans le serpent ». Taiti. Saïuh. V. 2. 9. 5.

1. Supra p. 409 sq. — Aussi voit-on (et le contraire serait surprenant) que, comme la flèche et le tambour, la charrue et les dés (p. 33), ainsi l'amulette ou l'objet similaire est éventuellement censé avoir une sorte d'âme : A. V. X. 6. 5, etc. Lorsqu'il s'agit de plantes, l'âme végétale est constamment en jeu.

2. Subsidiairement, de telles puissances naturelles, terre et ciel, eau et feu, éclair, etc. ; car on a vu que ces divers pouvoirs sont susceptibles d'assumer les fonctions des anciens dieux (supra p. 18).

3. A cette idée se rattache, non seulement renonciation solennelle du nom du sujet d'un charme quelconque, mais aussi la croyance à un influx magique conforme au nom des objets et des manipulations qu'on met en œuvre : essuiement de tout mal par la plante «/> "mârrja « l'essuyeur» (p. 418); bannissement des fourmis par une libation faite avec une cuiller en bois de bâdhaka « rexpulseur»(p. 4o0i : on exorcise en jouant aux dés le démon-chien qui cause les maladies (Hir. G. S. II. 7. 2), évidemment parce que le joueur de dés est dit rrag/uiin « tueur de chiens »: etc., etc.

LA FOUMlI-t: MAGIQUE

ou de mauvais augure, commune à rimle et à tous les pays, est le preuiier rudiment de la \ertu magique de la parole, dont rineantation, l'exécration et le serment constituent l'ultime aboutissant. C'est de la superstition des paroles de bon augure que relève l'usage, répandu dans l'Inde et ailleurs',, du dialogue qui doit porter bonheur: on pose une question, et la répon-^e, censée fortuite, en réalité convenue d'avance, fournit le présage désiré. A la fête des laboureurs, un dialogue s'engage entre le célébrant et son épouse : « Avez -vous labouré? — Oui. — Qu'en as- tu retiré? — Richesse, bonheur,, prospérité, descendance, bétail, nourriture, alimentation. ))■ Au rite de la « raie des cheveux )^ l'époux dit à l'épouse enceinte : « Que vois-tu? — Postérité », répond-elle. A la cérémonie pour l'obtention d'un enfant mâle, le mari donne à sa femme un breuvage magique et lui demande: « Que boistu? que bois-tu? » Elle répond: « Enfantement d'un fils, enfantement d'un fils. » Au rite du cinquième jour après les noces, le jeune couple s'adresse à un étudiant en théologie: (( Novice, que vois-tu?— Des fils et des bestiaux », leur

dit-il ^

La formule magique proprement dite est parfois pure prose, cadencée de ce vieux et lourd rythme incantatoire dont lenon-sens enferme tant de sens. Mais la plupart du temps elle est en vers': vers de composition ordinairement très lâche; ou vers anciens, dont la signification primitive était tout autre, et qu'éventuellement une simple coïncidence extérieure a ravalés à cette fonction'. Les unes invoquent les

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