QUATRIEME PARTIE
L'ÀMt:. Le ciel et l'enfer.
L'àme. — Les conceptions du monde védique sur la mort et la vie future reposent sur l'animisme, survivance de l'état de nature parmi les populations indo-européennes. Selon cette croyance préhistorique, encore aujourd'hui identique à elle-même, dans ses traits essentiels, chez les non-civilisés du monde entier, l'âme est un être, de la consistance de l'air ou d'une ombre, qui réside dans le corps: elle peut le quitter, et alors il perd toute conscience, tandis qu'elle vague librement çâ et là, franchissant les distances ; à la mort, elle s'en sépare, pour mener temporairement ou indéfiniment une existence indépendante, où elle demeure invisible ou peut revêtir des formes visibles.
Comment nommait-on cet être ? Nous le savons, pour l'antiquité homérique, où le terme « Psyché » est le seul consacré; mais la question est moins aisément soluble pour le Véda. Les caractères qui distinguent le vivant du cadavre changeaient selon le point de vue d'où on les envisageait : le principe de vie reçoit donc diverses dénominations, et, pour nous borner aux principales ', c'est tantôt Yasu., c'est-à-dire probablement l'haleine vitale, tantôt le manas, l'entendement. L'asn n'est, de toute évidence, qu'une entité purement matérielle, qui à ce titre est commune à l'homme et à l'animal* : rien absolument n'indique une connexion établie entre lui et
1. Négligeant, p. ex., celle qui plus tard a de beaucoup pris le des.sus: ûtrnan « souffle vital », puis. « âme, le moi ».