‹ La religion du VédaChapitre 356 sur 380 · LES MORTS ET LES VIVANTS · texte numérisé non relu

LES MORTS ET LES VIVANTS

jeune épouse, et l'on se persuade qu'au moment où se déploie le cortège, ils accourent pour la voir passer'.

On a dû sûrement croire aussi que le défunt pouvait mettre au service des intérêts des vivants sa science surnaturelle. A cette idée répond, abstraction faite du tour que lui a donné la doctrine de la métempsycose, un détail assez commun dans les contes bouddhiques- : un homme reçoit d'une « divinité qui lui est alliée par le sang » un avis salutaire'.

Du mal que les morts peuvent faire aux vivants, les textes parlent à peine; et comment, au surplus, l'occasion s'en présenterait-elle dans le rituel des funérailles et des sacrifices mortuaires, auquel appartiennent la plupart des textes védiques relatifs aux Mânes? Ce n'est pas que l'idée du pouvoir sinistre des défunts en soit absente : elle s'y dénonce par de sûrs indices. Déjà le Rig-Véda (X. 15. 6) insère cette prière dans le rituel du sacrifice aux âmes : « Ne nous faites point de tort, ô pères, quand bien même nous aurions, par faiblesse humaine, péché contre vous ». Un texte du Véda postérieur' enseigne que « la part des pères est ce qu'ils s'approprient ». Il est probable qu'un ancêtre ne s'irrite et ne sévit contre son propre descendant, qu'en cas d'offense ou de négligence dans l'apport des oblations obligatoires ; mais sur les étrangers leur main pèse bien plus lourd. On vient de voir un suppliant invoquer les pères pour qu'ils appliquent le mérite de leurs œuvres pies à la destruction de ses ennemis •' le mérite des œuvres pies n'est ici qu'un accessoire de spéculation sacerdotale ; le fond de la pensée, c'est la croyance à

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