Schwab, op. cit., p
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l'Ashéra du culte sémitique : un pieu voisin de l'autel, un pieu qu'on oignait, semble-il, en tenait lieu'. L'objection, c'est que notre poteau ne figure que dans le sacrifice sanglant, où précisément il est indispensable pour entraver Tanimal : s'il représentait un dieu, il devrait au même titre présider tous les autres offices. On peut répondre que tel était le cas en effet, mais que, quand on eut oublié la valeur symbolique du poteau-fétiche, il disparut naturellement de toutes les cérémonies, sauf de celle où on lui avait assigné une destination secondaire. Mais il m'est impossible, je le répète, de voir dans tout cela autre chose qu'hypothèses en l'air. Qu'on l'oigne et le pare, cela doit tenir bien plutôt à ce qu'on le considère comme un arbre ; il porte dans le Rig-Véda, le ■■ surnom constant de (( seigneur de la foret- » : ce serait donc une survivance du vieux culte des arbres qui flotterait autour de cet accessoire sacré'.
Résumons-nous. Non plus que l'animal fétiche, l'objet inanimé n'est jamais officiellement adoré à titre de représentant permanent du dieu. Le procédé magique qui consiste à agir sur l'image ou sur quelque produit d'un individu pour exercer une influence indirecte sur lui-même, pénètre le culte, comme la vie tout entière, de l'Hindou: faute de pouvoir atteindre le soleil, on manipule son effigie, la roue ou le tison. Mais, dans l'en-semble du culte védique, ces survivances de sorcellerie, communes à tous les temps et à tous les peuples, ont perdu leur importance, simples épaves dans
1. Robertson Smith, Rclif/ion of the Sfinitcs, I, p. 171 sq., 175, n. l,et 187 : Stade, Goachiflite des Volhes Iki-cu-I, I, p. 461 ; et, sur le pieu-fétiche en général. Lippert, Kulttir;jesr/tir/itc, II. p. 376 sq.