‹ La religion du VédaChapitre 48 sur 380 · R.V. III. 8, et hymnes àpris · texte numérisé non relu

R.V. III. 8, et hymnes àpris

3. Voir plus bas ce qui sera dit des esprits des arbres et des bois. — A ce poteau qu'on oint et revêt resseml)le, mais avec un caractère de fétiche beaucoup plus accentué, le bâton « enduit de parfums et entouré dun pagne ou d'un lil » qui couche entre les deux nouveaux époux durant les nuits où il leur est prescrit de garder la chasteté : Apast. Grh. S. III. 8. 9 ; cf. Winternitz, AUindisfhes Hor/ic-oitsrittu'll,]i. 85. Selon un commentateur, ce bâton .symboliserait le Gandharva Viçvàvasu ; et, en fait, lorsqu'on l'enlève, on récite la stance : (( Lève-toi et va-t'en, ô Viçvàvasu »>. etc.

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le courant inajestucux (jui ('m|)orte la \ ie et la [)eiisée religieu:>es.

Mri.TiiM.iciTK i)i:s DiKix.

Le> dieux >ont amis des hoiuuies ; justice et bonté est leur coniuiun apanai^'e : ils sont donc nécessairement aussi amis entre eux. « Tous les dieux, unis de cœur et d'esprit, marclient d'un seul vouloir dans la droite voie », dit le Rig-Véda (VI. n. .")). Ce n'est pas (pi'il ne se produise (juelques heurts : hulra chasse l'Aurore et brise son char ; il se querelle avec les Maruts au sujet du sacriiicc d"Agast\"a ; mais, à part ces incidents, les dieux vivent en paix, alliés contre leurs communs ennemis. Clia(|ue dieu supérieur s'environne d'une escorte de menues déités. Fort souvent deux dieux forment un couple étroitement uni par les mêmes exploits, les mêmes louanges, la même divine majesté. Ce type l'avori de la poésie, consacré par les usages et la nomenclature du culte, doit avoir été suggéré par l'existence initiale d'un seul couple naturel de di\inités, à l'image dufjuel on aura créé arbitrairement tous les autres. Le modèle probable, c'est Mitra- Varuna ; car il est, dans le Rig-Véda, le plus important de beaucoup; le plus ancien aussi, puisqu'il remonte à la période indo-éranienne ; et c'est, enfin, le couple naturel par excellence, si, comme je le pense, il représente le soleil et la lune. Dans ceux de formation secondaire', figure ordinairement Indra, en compagnie de (juclque autre déité, qu'on honore en l'associant ainsi au plus grand des dieux. Un seul hymne, ou du moins une seule séquence de stances, célèbre le couple d'Agni et Sôma, le feu sacré et la libation par excellence, en tant que patrons divins du sacrifice' ; le plus

1. En rniislaJanl rcxislL-iicc de j)ai'i'ils couples, il cmn ieiit toutefois de se j,^anler dune illusion : il est arrivé souvent (jue deux liynuies indépendants, adressés à deux rlivinités dilîérenles, ont été |iar les diascévastes fondus en un seul, dont l'unité n'est qu'illusoire; mais nous disposons aujourd'hui de moyens de reconnaître l'altération avec une certitude fort approchée.

2. M. Hillehrandt ( Vcd. Mi/th., I, p. 461, et cf. Gott. <jel. Ani<jir)cn,\mO,

jeune, en effet, de ces couples, mais celui que dans leur exclusivisme croissant les spéculations liturgiques de l'âge brahmanique mettront au premier rang.

Le monde des dieux n'est point unecité, il n'a point de roi, ou du moins n'y découvre-t-on que des rudiments d'organisation. C'est tantôt tel dieu, tantôt tel autre, qu'on dit le plus haut, le plus puissant ; mais, à travers ces hésitations, sur lesquelles nous reviendrons, transparaît pourtant la prédominance d'Indraet de Varuna. Quand ledomaine naturaliste de deux grands dieux était à l'origine parfaitement distinct, il est fort naturel qu'ils se soient élevés, chacun de son côté, au rang suprême. Indra et Varuna avaient d'ailleurs, si l'on m'accorde mes conjectures sur la préhistoire de Varuna', une excellente raison de se disputer le pas : l'un étant indigène, l'autre étranger, ils représentent dans le panthéon les conceptions de deux nations différentes, fusionnées tant bien que mal. Leur rencontre et la rivalité qui s'ensuivit remontent à la phase indo-éranienne : c'est assez dire que nous ne saurons jamais rien des premières hostilités. Le résultat, du moins, est clair : chez les Éraniens, Varuna l'em-

p. -lui) .suppute que le culte d'Agiii-Sunia a lire sou origine « dune tribu qui a introduit le sacrilice sanglant dans le rituel brahmanique » ; mais la conjecture me paraît manquer de base. Le sacrilice sanglant a appartenu de toute antiquité au rituel brahmanique. Kien n'indique qu'il ait jamais été le patrimoine exclusif d'une certaine famille. L'histoire probable de ce culte du couple Agni-Sôma, encore il peine apparent dans le Kig-^'éda, mais plus tard remarquablement développé, ressort avec grande vraisemblance des données de fait que nous pos.sédons : dans quelque milieu .sacerdotal, peut-être (cf. K. V. I. 93) dans celui des Gôtanuis, naquit l'idée de grouper en un couple ces deux patrons du sacrilice; les techniciens de l'oljlation accueillirent cette innovation avec un empressement bien concevable de leur part, et ainsi advint-il que, dans tous ou presque tous les sacrifices, le couple Agni-.Sôma .se trouva invoqué, il titre de patron du .sacrilice, en même temps que le dieu auquel il était spécialement adressé. .Ainsi, ii l'oblation de gâteaux, on leur consacra les deux « parts de beurre » {ûjyah/id'ja] ; au sacrifice de sôuia, on introduisit à leur intention ou bien on leur attribua ultérieurement la victinu.' animale ilont l'immolation précède la cérémi:nie.

L Voir la section de Varuna et des Adilvas.

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