‹ La religion du VédaChapitre 8 sur 380 · PREFACE DU TRADUCTEUR XIII · texte numérisé non relu

PREFACE DU TRADUCTEUR XIII

suscitent encore. Bergaigne, ii coup sûr, connaissait le Yéda comme pas un; mais, de plus, il l'aimait, et nul ne savait comme lui trier et enchâsser dans le discours les perles dont il foisonne. Quant à M . Oldenberg, qui n'est point suspect d'admiration de parti pris, il a su trouver des accents émus pour célébrer l'idéal moral auquel se sont élevés ces prêtres-poètes (p. 251). Si parfois ses réserves semblent excessives (p. 250 et 252), c'est qu'il compare cet idéal au nôtre et place celui-ci trop haut. Aujourd'hui même, après l'Évangile et l'Imitation^ n'y a-t-il donc plus de dévots cupides, de sectaires fanatiques et persécuteurs, de casuistes retors, d'hommes de proie? et, après une victoire injuste et sanglante^ quel peuple conquérant ne se targue de la complicité du Très-Haut ?

Il en est du style comme du fond. Comparer le Véda à l'Iliade serait se faire la partie trop belle, surtout si l'on oubliait qu'il arrive à Homère de sommeiller. D'ailleurs les deux quantités ne sont pas commensurables : l'esthétique littéraire des Âryas n'est point celle de leurs frères occidentaux; mais elle la vaut. Leur poésie manque de souffle : elle procède par envolées courtes et brusques ; et, si l'on voulait pousser à bout l'effet qu'elle produit, on pourrait dire que Chaque stanee en la pièce est une pièce entière ;

mais il faudrait, pour être juste, ajouter que cette pièce est souvent d'une perfection achevée. M. Oldenberg :p. 6 et 18) définit à merveille ces sobres esquisses, ces images rapides, qui passent en éclairs de vie sous les yeux du lecteur.

« Le feu qu'allument les hommes s'éveille attisé par

ment dépasserait la portée de sa propre pensée, — quon ne put goûter, choyer le Pùg-Véda, qu'à la condition d'en solliciter délicatement les termes et d'y trouver ce qu'on y cherche.

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