‹ La religion en Chine, exposé des trois religions des chinoisChapitre 10 sur 33 · NOTIONS CONFUCÉENNES ET BOUDDHIQUES SUR DIEU · texte numérisé non relu

NOTIONS CONFUCÉENNES ET BOUDDHIQUES SUR DIEU

Ce chapitre, ainsi que le suivant, seront consacrés h l’étnde des opinions que professent les Chinois au sujet de Dieu. Les plus intelligents, ceux qui connaissent le christianisme, disent que les anciens Chinois étaient incontestablement plus religieux que ne le sont les modernes. On peut considérer comme preuve de ceci la mention fréquente de Dieu, sous le nom de Shang-ti, dans les plus anciens livres de cette nation. Je me souviens qu’un Chinois paraissant très intelligent émit unjour cette opinion. « Il n’était pas étonnant, « disait-il, que les anciens, beaucoup plus rapprochés de l’épofpie d’Adam, « fussent plus pénétrés de l’esprit do piété envers Dieu que les hommes des « âges modernes pour lesquels la tradition a été obscurcie par le temps. Plus c nous remontons dans l’antiipiité, remar(|iiait-il, plus nous devons trouver de « similitude entre les traditions du peuple d’Adam et les nôtres. » Nous rappelâmes à notre ami chinois que, d’après les anciens livres, les premiers souverains de son pays adoraient, en meme temps que Dieu, les esprits des / montagnes, des rivières et d’autres parties de la nature; on ne saurait donc assimiler leur religion à la nôtre puisqu’ils sacrifiaient à d’autres êtres que Dieu. « Vlais, répliqua-t-il, ces esprits ne sont autres que ceux qu’on appelle (( des anges dans votre Bilde. »

Tout en accordant à l’opinion du savant chinois dont nous parlons le respect qui lui est dû, il est peut-être plus exact de considérer ces êtres, qu’il su[)pose habiter difterentes parties do la nature, comme des créations do

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1 imagination liuniaiiie. Les mouvements que l’on remarque dans la nature, les indices de vie universelle qui frappent perpétuellemeut nos jeux, révèlent à l’observateur la présence d’êtres surnaturels. Très anciennement déjà les Chinois possédaient la conception d’êtres puissants, subordonnés à Dieu, réglant le cours des évènements dans runivers physique et intellectuel. Ils leur donnaient le nom de Shin.

Ils existe des inconséquences dans les idées des Chinois sur le devoir d’adorer Dieu. Beaucoup de disciples de Confucius semblent reconnaître ce devoir en olïrant de l’encens aiix deux, à la pleine et à la nouvelle lune. Ces jours-là, ils se rendent dans la cour carrée autour de laquelle est construite la demeure de la famille, et là, sans autre toit que la voûte du ciel, ils s’agenouillent pour prier ou brûler dos parfums en l’honneur des deux. Cependant il est fréquent d’entendre dire aux Chinois que l’Empereur seul doit adorer le Ciel au nom de la nation, et que le Dieu des cieux est trop majestueux et trop glorieux pour qu’un simple particulier ose lui adresser des prières ; le peuple et les fonctionnaires de l’Etat doivent adorer les divinités inférieures qui président aux cités ou aux districts qu’ils habitent. Ceci est la théorie, mais elle n’est pas pratiquée strictement. Les uns rendent leur culte au Ciel une fois l’an, d’autres deux fois par mois. Ils parlent souvent d’adorer le Ciel et la Terre comme si, par ces expressions, ils entendaient deux divinités. Les grossières idées matérielles qui remplissent leur esprit, les éloignent du seul Maître invisible qui gouverne le monde. Leurs pensées étant hxées sur le monde au lieu de s’adresser à son créateur, ils imaginent une dualité de puissances gouvernantes qui sont les deux esprits du Ciel et de la Terre. Cette conception est favorisée par la philosophie dominante, qui voit

une dualité dans toute la nature. Souvent les Chinois posent cette conclusion,

qu’ils croient victorieuse, de la façon suivante : Le soleil est yang, la lune est yin (ou lumière et ténèbres). L’homme est yang, la femme estyin. Le sud est yang, le nord est yin. L’âme rationnelle, hwun, est yang, l’âme physique, pih, est yin. Le ciel est yang, la terre estyin. Ils s’imaginent que, dans un enchaînement d’expressions antithétiques, comme celles-ci, se trouve contenue une preuve parfaitement évidente et irréfutalile de l’exactitude de la philosophie dualiste qu’ils préfèrent. C’est là qu’est leur faiblesse. C’est parce qu’ils s’attachent aux anciens systèmes que leurs yeux sont fermés

LA REI.IGION EN CHINE

à la vérité lorsqu’elle se présente sons une forme nouvelle . Ils ne sortent pas (le leurs antiques manières de voir et de ndsonner. C’est g-ràce à cette façon de penser qu’ils ont [u’omptoment adopté la conception de deux puissances gouvernantes dans la nature, auxcpielles ils ont donné les noms de Ciel et de Terre; au lieu de dire qu'ils adorent Dieu, ils diront plus souvent qu'ils adorent le Ciel et la Terre. Le laboureur qui moissonne, (piand il a rentré ses gerbes, reconnait (p.i’il est do son devoir de seay teen pae te, de remercier le Ciel et tV (vlorer la Ten'c.

L’élément spirituel a été très peu développé dons l’esiait du peuple ; ils n’ont pas eu la révélation divine pour élever et guider les facultés intidlectuelles. C’est la cause de la confusion d’idées qui se révèle dans le peuple de ce pays, lorsqu’il confond le ciel avec Dieu. Ils ne sont pas accoutumés à cnneevoir un être absolument immatériel ; ils matérialisent leurs idées de Dieu ; ils le confondent avec le lieu où il réside, avec le monde (pi'ila créé. Mais l’erreur du vulgaire n'est pas plus nuisible que l'erreur 0}>posée où est tondiée l’école pliilosophiipie moderne, (pii identitie Dieu ù un principe abstrait et soutient qu’il n’y a aucune différence entre Dieu et îi, raCon, la loi de runivers.

Ils sont tomliés dans ces opinions d’autant plus facilement que les trois religions nationales se sont occupées de toutes autres choses que de représenter Dieu comme le père de la famille humaine pouvant faire connaître sa volonté ; à tel point (pie, si les missionnaiivs parlent des commandements de Dieu, leurs auditeurs demandent souvent : (( Ouels sont les commandements de (( Dieu ? Nous ne savions })as qu'il 3^ en ci'it ? Comment [)cut-il nous appren- (( dre quel(|ue chose ? » Ils n’ont pas été amenés à regarder les vérités et les devoirs religieux comme communiqués et prescrits directement par Dieu. Aussi est-il diflicile de les convaincre que ridolàtrie est un péché parce qu’elle est défendue par l'autorité divine. Pour eux, les idoles sont des symboles et rien autre chose. Ils voient qu’il peut être absurde de les adorer, mais ils ne com[»rennent pas facilement que ce soit criminel. Ils ont l’habitude de reconnaître le droit de donner des ordres au père dans sa famille, au roi dans son royaume, et pourtant ils no peuvent s’accoutumer à penser que Dieu en fasse autant. Les anciens Chinois crojmient Dieu un être personnel et actif, régulateur des deux et de la terre, juste, puissant et compatissant ; mais on ne pouvait pas espérer que leur croyance et leur tradition eussent conservé [>ar

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elles-mêmes, à travers les siècles qui se sont écoulés, la connaissance exacte de Dieu parmi leurs descendants. On a vu dans quelles profondes erreurs ils sont tombés. Si l’on étudie les attributs de Dieu d’après les idées du vulgaire chinois, on y trouvera la preuve la plus manifeste de la nécessité de la révélation. Prenons pour exemple l’omniprésence de Dieu. Ils refusent de croire au dogme que Jésus soit le fils de Dieu parce que, si réellement il était Dieu, en venant dans notre monde il aurait laissé les deux dépourvus de gouvernement. De ce qu’ils tentent de com])attre de cette manière la divinité du Christ, on peut voir qu’ils n’ont aucune idée de l’omniprésence de Dieu.

En ce qui concerne la création, ils ne voient dans la construction de l’univers existant aucune autre loi que la spontanéité et le développement naturel forcé ; ils admettent qiie toutes les choses se sont formées telles que nous les voyons par elles-mêmes. Les indices évidents de destinations et d’arrangements que révèle la nature ne les portent pas à conclure qu’il a dii exister une intelligence créatrice. Certains autres peuples païens ont connu cet argument de théologie naturelle, mais pas les Chinois. Toutes leurs descriptions de l’origine du monde sont remplies do l’idée de production spontanée. Quand on leur explique le dogme chrétien de la création et qu’on leur développe les preuves qu’il renferme de la sagesse infinie de Dieu, ils admettent que ces idées sont raisonnables, mais ils ne trouvent pas nécessaire de renoncer à leur idée personnelle de lu spontanéité de l’origino de l’univers . Quand ils contemplent le panorama toujours changeant que runivors offre à nos yeux, ils ne disent [>as les œuvres de Dieu ou les œuvres de la nature^ ils aiment mieux les appeler le ciel vivant ou la terre vivante, a Pourquoi, » leur a-t- on souvent demandé, « parlez- vous de ces objets, qui ne sont que matière « inanimée, façonnée de rien par la main du Créateur, comme si c’étaient des « êtres vivants ? Le ciel et la terre ne sont certainement pas des personnes? » « Et i>ourquoi non? » répondent-ils. « Le ciel dispense la pluie et le rayon « de soleil. La terre produit le grain et l’herbe. Nous les voyons perpétuel- « lement en mouvement, nous pouvons donc bien dire qu’ils sont vivants. »

Ces opinions, largement répandues dans la masse du peuple, si elles ne sont pas complètement acceptées par les plus intelligents, rendent matériellement impossible toute notion exacte de Dieu. L’idée de création la plus familière à l’esprit chinois est celle de l’existence primitive d’une monade. Ce

premier atome se sépara en deux, qui eux-mêmes en devinrent quatre; ies quatre se changèrent en huit et les huit donnèrent naissance à toutes les choses. Si l’on demande aux Chinois comment a commencé et continué cette succession de transformations, ils répondent qu’elle a été spontanée.

Pénétrés de cette cosmogonie particulière, ils ne sentent pas le besoin d’un agent créateur et n’ont pas lieu de méditer sur la sagesse de Dieu se dévoilant dans ses œuvres. Ainsi, tandis que la religion confucéenne est monothéiste et reconnaît un régulateur suprême, il n’est resté aux Chinois do la tradition de l’époque primitive de leur histoire que des notions incomplètes de quehpies-uns des attributs de Dieu. Cette religion n’a pas su représenter l’action de Dieu dans la création et dans la providence assez clairement pour préserver la masse du peuple d'idées grossièrement erronées sur la nature divine et l’empêcher de négliger la prière. Un jeune homme do la classe ouvrière venu, de^uiis peu d’années, d’un village voisin dans la ville de Shanghaï entra une fois dans une chapelle de mission et entendit uno instruction sur le christianisme. Le missionnaire invita ses auditeurs à exprimer leurs o]»inions sur la religion. Notre homme fut le plus prompt à obéir. La loquacité de ses observations montrait la grande admiration’qu’il ressentait pour sa propre sagacité. « Depuis sept ou huit ans, «disait-il, « il avait entendu <piel- « (|uefois les plaidoyers des étrangers en faveur de leur religion, et il l’avait « étudiée ainsi que bien d’autres systèmes religieux sans arriver à un résultat « (|ui le satisfît. 11 connaissait à fond au moins trente ou (|uarante systèmes « religieux, et dans chacun il avait découvert (pielquo chose do mauvais. L^ « christianisme avait du bon, mais il craignait (pi’on y pût trouver également « des défauts. 11 accordait ipie notre lutte contre l’idolâtrie et l’usage de In-filer « des parfums était rnisonnable, aflirmant que, depuis longtemps déjà, il avait (( abjuré ces coutumes; mais il pensait devoir se conformer au culte desiincê- « tresselonla coutume nationale; laprohibition déco culte par le christianisme « devait l’empêcher d’emlirasser cette religion. « Le [tasteur lui conseilla, puis- ({u’il voyait (ju’il ne })ouvait trouver de satisfaction dans aucune des religions (pi’il avait étudiées, d’abandonner ces poursuites sans résultats et sans trêves, et de se tourner vers Dieu pour recevoir rinstruction en échange do ses prières. c( Gomment,)) demanda-t-il, ((peut-oii recevoir l’instruction de Dieu? « « Le prêtre étranger veut dire que Dieu vous parlera la nuit dans un songe, )>

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observa un des auditeurs. « Non, » dit le missionnaire, « il vous enseignera sa « parole sainte, cpü est dans ce livre. En suivant la voie que vous avez prise « jusqu’à présent, vous ne pouvez pas trouver de convictions stables; essayez « une inétliode nouvelle ; au lieu de peser avec une précision minutieuse les « mérites respectifs de dilTérents systèmes, cliercliez en Dieu votre salut et la c( rémission de vos péchés. » « De mes péchés! » s’écria-t-il; « jeu’aijxhut de « péchés. » On lui demanda encore : « Priez -vous Dieu et le remerciez- vous « de sa bonté? » « Non, » répondit-il. Et comme on lui rappelait que l’omission de ces devoirs constituait un péché, il reprit : « Je ne sais à quel Dieu (( ( Shang-ti) croire. 11 y en a tant. » « Il n y a qu'un seul Dieu, » lui répondit le missionnaire. « Le ciel peut- il avoir deux soleils, un royaume deux souve- « rains? En vérité vous devez l’adorer; c’est lui qui a créé le ciel et la terre. « Vous ne pouvez pas nier qu’il y ait un créateur du monde. La maison où « nous sommes a eu son constructeur. Parler comme vous l'avez fait, c’est « méconnaitre la gloire de notre créateur. Vous feriez mieux de vous soumettre « à Dieu et do chercher son pardon. » Il n'essaya pas de réfuter ces arguments, mais sans pour cela en reconnaître la vérité. Il continua à se défendre avec des armes d'une autre nature. « Vous ne vous accordez pas avec les catho- « li(|ues romains. Comment pourrais-je savoir qui a raison de vous ou « d’eux ? » L’entretien continuant dans cette voie n’a pas besoin d'être rapporté plus longuement; ce que nous en avons donné servira à démontrer, au point de vue de la connaissance de Dieu, l’etFet du système de Confucius, que cet individu faisait profession de suivre, sur la très nombreuse classe des })ersonnes dont cet homme peut être })ris pour représentant.

Quittons la région de l’idée confucéenne et pénétrons dans le domaine du bouddhisme. La notion de Dieu nous apparait ici sous une forme toute différente de ce que nous avons trouvé partout ailleurs. Cette religion professe ouvertement l'athéisme. Elle nie l’existence du Dieu éternel, créateur du monde. Les dieux dont elle admet l’existence sont soumis, comme les hommes, à la mortalité et limités dans leur puissance. Mais cet athéisme est celui d? logiciens subtiles, il ne peut devenir la religion des hommes ordinaires. Il faut une expression au sentiment, naturel à l’homme, de l'existence d’une puissance divine présente dans l’univers. vSi l’action do la divinité ne se montre pas dans la création, elle doit se révéler dans la providence. Les bouddhistes

supposent que lu puissance attribuée aux Bouddhas et Bodhisattvas s’exerce pour exaucer les prières des hommes, et ces personnag-es occupent la place de Dieu dans l’esprit du commun des croyants de cette religion.

En Chine, le nom de Poosa s’emploie en quelque sorte comme celui de Dieu. Ainsi, par exemple, la basse classe du peuple dit que tous les succès dans la vie découlent de la protection du Poosa. Ce mot est une abbréviation de l’expression sanscrite Bodhisattva . Originairement, c’était simplement la désignation d’une classe de disciples du Bouddha ; leur science profonde leur donne action sur la nature et on suppose qu’ils exercent ce pouvoir pour le bien de l’humanité. Ce sont des hommes élevés à ce rang par la sagesse ; leur fonction est d’enseigner plutôt que de gouverner, mais à mesure qu’ils arrivent à bien comprendre et à enseigner par leur exemple la doctrine du Bouddha, le pouvoir d’agir sur la nature physique se développe spontanément en eux. Le Poosa a plus de condescendance que le Bouddha pour les besoins vulgaires de riiomme. Le Bouddha est aflVanchi du désir, il ne connaît pas les sentiments vulgaires, son but est très élevé et abstrait ; le disciple très avancé sur le chemin de la science lumineuse peut seul apprécier sa doctrine. Mais le Poosa est plus à portée des sympathies humaines ; on le prie pour la guérison des maladies, la richesse et d’autres faveurs qui se rapportent à la nature animale de l’homme. Les bouddhistes chinois ont foi en Foh et en Poosa comme en Dieuj ils comptent sur eux pour les protéger et les sauver.

Bouddha ou Foh est d’un rang plus élevé; mais Poosa est plus sympathique. On leur attribue à tous deux la puissance et la bienveillance divines, ils ont également compassion de riiumanité, ils cherchent également à sauver l’homme de la misère et c’est là le but de leur enseignement. Ils ont encore' ce point de ressemblance qu’ils ne sont tous deux que l’exaltation delà nature humaine, mais ils ditlèrent parle rang. La condition la plus élevée est celle de Bouddha ; il n’y a au-dessus d’elle que le Nirvana où la personnalité se perd dans un état éternel et immuable d’existence inconsciente. Là disparai^ la distinction entre la personne et l’état, entre la pensée et l’être. Si Bouddha n’entre pas immédiatement dans le Nirvana, il ne conserve sa personnalité et son activité consciente que pour l’amour de l’humanité. Mais il est toujours sur le bord de l’nbîine du Nirvana, prêt à s’engloutir à l’instant où son œuvre d’instruire et de sauver les êtres vivants sera terminée.

Ann. O. — IV

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Au-dessous de l’état do Foli, le premier degré sur l’échelle des êtres est celui de Poosa. Celui qui est arrivé à ce rang doit devenir Foli avant de [louvoir entrer au Nirvana, l’ar conséquent il n’est pas suprême, ni absolument parfait, il n’exerce pas le pouvoir créateur, il n’est pas alFranclii du changement, ni de l’obligation du perfectionnement, toutes choses qui sont inséparables de la notion véritable de Dieu. Poosa est un écolier aux pieds de Bouddha et en même temps un maitre pour les autres êtres ; Foh luimême doit encore passer dans le Nirvana. On voit d’après cela que Foh et Poosa sont loin de répondre exactement à l'idée de Dieu, et ce sera encore plus évident par le sens même des mots, Bouddha signitie j^erception et Bodhisattva, science et compassion.

Tels sont les êtres en la puissance et en la compassion desquels se contie l'esprit du commun des bouddhistes comme il devrait le faire en Dieu, La foi qu'ils devraient avoir pour lui, ils la donnent à ceux-ci.

Les Bouddhas principaux qu’ils adorent sont Shakyamouni, le fondateur historique de leur religion, et Amitabha, qui préside aux cieux occidentaux, le paradis des bouddhistes du nord. C’est l'image de Shakvamouni qui occupe le centre de presque tous les temples de cette religion en Chine. Les attitudes d’adoration consistent à s’agenouiller et à se prosterner ; on emploie ou on n'emploie pas les prières orales, selon le bon plaisir de chacun. On voit partout l'image de ce Bouddha et pourtant on n’a pas autant de contiance en lui, on ne le prie })as autant qii'Amitabha pour obtenir les biens ordinaires les plus nécessaires aux hommes. Amitabha est le guide des fidèles vers le paradis ; c’est pourquoi on le nomme le Bouddha conducteur^ Tsie-yin-foh. Il semble que son action immédiate pour le salut des fidèles soit plus reconnue que celle de Shakvamouni; ou emploie souvent son nom comme charme. Best constamment sur les lèvres des hoshangs, ou moines, dans la conversation courante, et c’est le refrain do leurs prières quand, matin et soir, ils célèbrent leur culte dans les monastères. La phrase ordinaire Omitofoh est la forme chinoise du nom d’Amitabha Bouddha, ou Amida Bouddha dans la langue mongole. On cite parfois les noms de beaucoup d’autres Bouddhas, mais ils sont beaucoup moins connus que ces deux-là.

Le mieux connu des personnages honorés du nom de Poosa est Kwanyin, la déesse de compassion. Cette divinité est tantôt représentée sous la

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