‹ La religion et la foiChapitre 1 sur 78 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La Foi est, pour la psychologie, le fait religieux primordial. N'est-elle pas au cœur de tous les sentiments et de tous les actes religieux, ne leur assigne-t-elle pas leur rapport avec leur objet, n'est-elle pas l'acte ou l'attitude par lesquels l'individu entre ou se maintient en contact avec le sacré, sous toutes les formes qui le révèlent, dogmes, pratiques, société religieuse? Dans certaines religions presque subjectives, dans certaines formes du protestantisme par exemple, Fétat d'âme que ce mot désigne, est presque le tout de la vie religieuse.

Même dans les religions les plus objectives, dans celles qui font une part considérable à l'efficacité externe, indépendante du sujet, des forces religieuses, on voit intervenir, au moment essentiel, l'attitude du sujet qui vise à les utiliser. C'est bien l'opinion des âmes religieuses, et c'est aussi celle des Eglises. Prenons pour exemple l'Eglise catholique, et sa doctrine des sacrements. La théorie la plus objective, la plus réaliste, celle de Hugues de Saint -Victor par exemple, veut que le sacrement contienne la grâce comme le remède sa vertu ; celle de Duns Scot ou de Gabriel Biel, avec la célèbre distinction de Vopiis ope ratant et de Vopas operans (i), professe que l'opizs

(i) Duns Scot, in lib. iv, dist. i, qii. 6 in resol. — Gabriel Bikl, in lib. iv dist. I, qu. 3.

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