Saint Basile, Ep. a
retards, dus h l’hiver et aux brigands qui infestaient tout le pays, de la Cappadoce à Constantinople. Il fut un instant question de lui adjoindre Grégoire de Nysse, sans doute pour donner plus d’éclat à sa mission. Basile ne fut pas de cet avis : la douceur et la simplicité de son frère, peu accoutumé aux usages des cours, ne lui paraissaient point propres à traiter avec « un homme assis sur un trône sublime, d’où il entend à peine ceux qui d’en bas lui disent la vérité1. » Ce langage, par lequel est évidemment désigné le pape Damase, surprend après la lettre si cordiale de 3yi : c’est le premier symptôme d’un malentendu qui dura quelque temps, et eut surtout pour cause la manière différente d’apprécier les affaires d’Antioche*. Peut-être aussi Basile s’irritait de la lenteur avec laquelle, à Rome, étaient étudiées les questions si multiples de doctrines et de personnes, qui se rattachaient à la pacification religieuse de l’Orient. Celle-ci cependant fit tout à coup un pas considérable, auquel les lettres enfin portées en Occident par Dorothée ne furent probablement pas étrangères.
Quand cet envoyé des Orientaux revint en Asie, en 3j5, un concile venait d’être tenu en Illyrie, où l’empereur Valentinien résidait alors. L’arianisme y avait été condamné une fois de plus. Les Pères avaient, en même temps, obtenu de Valentinien l’envoi en Asie d’un reserit, dont Théodoret nous a conservé le texte5. Cet acte interdit aux hérétiques de se prévaloir des sentiments des princes pour répandre leurs erreurs ; il leur défend d’exercer aucune persécution « contre ceux qui se rven Dieu mieux qu’eux et ont une foi plus pure; » il rend