Saint Athanase, De fuga
SAINT BASILE
réponse. Valens fut grièvement blessé. On raconte (ju'il fut transporté à la hâte clans une cabane et que des soldats goths y mirent le feu, sans savoir qui elle contenait1.
La fin tragique de Yalens ne mit pas l’Empire en péril : l’invasion vint se briser contre la jeune vaillance de Gratien, et bientôt contre la science militaire de Théodose. Mais, avant qu’une politique aussi sage que désintéressée ait appelé celui-ci au partage du pouvoir impérial, la paix religieuse était déjà rétablie. Dans les derniers mois du règne de Valens, distrait par la guerre, la persécution avait à peu près partout cessé d’elle-même. Pierre d’Alexandrie était revenu dans sa ville épiscopale, porteur de lettres du pape Damase qui confirmaient son élection : le peuple chassa l’évêque intrus que les ariens avaient intronisé à sa place*. A Constantinople, les catholiques, opprimés depuis trente-huit ans par la faction arienne, et réduits à un petit nombre, attendirent la mort de Valens pour relever la tête : ils entamèrent, à la fin de 3^8, des négociations avec Grégoire de Nazianze, pour cjue celui-ci vînt prendre soin de leur Eglise, et la relever de ses ruines : la réponse favorable qu’il fit à leurs instances fut concertée avec saint Basile*. La plupart des exilés rentrèrent seulement vers cette époque, quand Gratien eut promulgué une loi rendant pleine liberté aux orthodoxes et frappant les plus dangereux des hérétiques*. Basile eut alors la joie, tant désirée, d’apprendre le retour à Samosatc de son cher Eusebe, après un exil
i. Ammien Marcellin, XXXI, 4-i3.
a. Socrate, IV, a5; Sozomène, VI, 29.
3. Saint Grégoire de Nazianze, Oratio XI.III , a; cf. Tillemont, Mémoires , t. IX, p. 707, note XXXIII, sur saint Grégoire.