Saint Basile, Ep, a
Basile1, le comte Trajan. La victoire demeura indécise. Valens, qui résidait à Antioche, se décida à quitter cette ville. Il se rendit à Constantinople, où le peuple, inquiet des progrès de l’invasion, le reçut assez mal. Valens déchargea sa colère sur Trajan, coupable de n’avoir pas été victorieux, et lui ôta son commandement. On raconte que Trajan osa lui répondre : « Ce n’est pas moi, seigneur, qui ai été vaincu. C’est toi-même qui as donné la victoire aux Barbares et qui leur as procuré le secours de Dieu en t’armant contre lui. Parce que tu lui as fait la guerre, il s’est mis du côté de tes ennemis. Ne te souviens-tu pas de ceux que tu as chassés des églises, et de ceux que tu en as rendus les maîtres? » D’autres généraux, dont l’un, Victor, était encore un ami de saint Basile*, approuvèrent ces paroles*. Sans se laisser émouvoir, Valens donna le commandement de l’armée au comte Sébastien, qui, bien que professant le manichéisme, avait été l’un des agents les plus cruels de la persécution, et, vingt ans plus tôt, avait accablé les catholiques de mauvais traitements lors de l’élévation de l’évêque intrus Georges en remplacement de saint Athanase sur le siège d’Alexandrie*. Quelques succès partiels donnèrent courage à l’empereur. Sans attendre l’arrivée de Gratien, retardé par des combats victorieux contre les Alemans, il se porta, en 378, vers Andrinople, autour de laquelle s’était concentrée l’armée des Goths. Dans la bataille livrée le 9 août sous les murs de cette ville, les Romains furent entièrement défaits. Leurs meilleurs généraux périrent, parmi lesquels Trajan, dont nous avons rapporté l’énergique