In psalm. XII
4, In psalm. LXI , 5.
168 SAINT BASILE
daliscrde l'inégale répartition des biens de ce monde1. II leur enseigne à s’incliner, en ceci comme en toutes choses, devant les insondables jugements de Dieu*. Il essaie de leur faire comprendre les avantages relatifs de la pauvreté*. 11 leur prêche surtout le travail, et leur recommande avec la plus grande énergie de fuir les emprunts. Mieux vaut vendre son superflu, retrancher tout luxe, que de se lier à une dette. Mieux vaut accepter un labeur manuel, louer ses services, mieux vaudrait même mendier, que de tomber aux mains des usuriers. « J’ai vu, spectacle lamentable, des enfants de naissance libre conduits par leurs pères sur le marché, et mis en vente, afin de rembourser un prêteur'! » On sent qu’ici — et, dans un autre endroit, à propos des femmes esclaves5, — Basile touche à des plaies vives.
Dans les homélies sur les psaumes se rencontrent de très beaux passages, où les plus hautes intelligences et les âmes le plus délicates chercheront leur pâture. Mais le caractère pratique, populaire, domine dans l’ensemble. « Ces brèves paroles que je vais dire importent beaucoup à la conduite de la vie6. » Une fois, bien qu'il donne ordinairement peu à l’imagination, Basile semble lui emprunter ses couleurs les plus voyantes pour peindre le tableau du Jugement dernier :
« Quand tu es tenté de quelque péché, pense au terrible et insoutenable tribunal du Christ. Là, sur un trône sublime, préside le Juge. En sa glorieuse présence toute créature est debout, tremblante. Nous lui