‹ La religion et la liberté (volume 2)Chapitre 139 sur 152 · I. Lactance, De mort, pers., 1 3 ; cf. ibid., i · texte numérisé non relu

I. Lactance, De mort, pers., 1 3 ; cf. ibid., i

tombeau de Julitta, placé dans l’atrium d’une des églises de Césarée, de la source rafraîchissante et salutaire qui jaillit au lieu même où avait été le bûcher, puis il conclut, avec sa sobre éloquence : « Hommes, ne vous montrez pas moins pieux que les femmes. Femmes, ne soyez pas indignes de cet exemple; mais, renonçant à toute excuse, embrassez la piété, puisque l’expérience a prouvé que la fragilité de votre sexe ne peut être un obstacle aux meilleures et aux plus belles actions. »

On se rend compte, parce résumé et par ces citations, de la valeur des panégyriques prononcés par saint Basile. « Quand je lis ses éloges des martyrs, dit Grégoire de Nazianze, je méprise mon corps, je deviens par lame le compagnon de ceux qu’il a loués, et je brûle de combattre comme eux*. » Inspirer de tels sentiments est le premier désir du pieux orateur : il n’exalte les saints que pour susciter d’autres saints à leur exemple, et il parle d’autant plus éloquemment des martyrs que, par le fait de l’arianisme, l’ère du martyre n’était pas encore close pour les chrétiens. Mais il se propose aussi de nous renseigner exactement sur les héros qu’il célèbre. On demanderait vainement à ce ferme esprit ces légendes gracieuses et fleuries, où le sentiment a plus de part que la science, qui germèrent spontanément autour de tant de saints tombeaux. Malgré l’éclat de la forme, ses narrations sont simples et précises. C’est de l’histoire, traitée par un orateur, mais, visiblement, c'est de l’histoire.

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