‹ La religion et la liberté (volume 2)Chapitre 59 sur 152 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

kk SAINT BASILE.

en colère, on l’obligera à demander pardon à celui qu’il a offensé; s’il a été gourmand, bavard, injurieux, menteur, on le condamnera au silence ou on le mettra « au pain sec. » Saint Basile ajoute que les enfants en qui l’on découvrirait quelque aptitude particulière à tel ou tel art pourraient suivre les leçons de professeurs du dehors, à la condition seulement de revenir manger et coucher au couvent'.

Tel est ce programme d’éducation vraiment libéral : ce qui suit ne l’est pas moins. Les élèves du monastère ne pourront être admis à embrasser la vie religieuse,

« à faire profession de virginité, » que lorsque l’âme,

« cette cire molle, où se marquent d'elles-mêmes toutes les premières impressions, » se sera tout à fait affermie, solidifiée par la raison, par le discernement, par l’habitude du bien. Un pas aussi décisif devra être « l’acte d’une raison consommée et parfaite. » Il sera précédé d’un mûr examen, de méditations personnelles poursuivies pendant une longue retraite. Les pasteurs de l’ Eglise seront ensuite pris pour juges, et c’est leur avis qui décidera si l’engagement religieux doit être reçu. Quant à l’élève qui ne se sera pas senti cette vocation, on le rendra à la vie séculière, en présence de plusieurs témoins*.

Dans une de ses règles, saint Basile semble imposer aux moines de se dépouiller de leurs biens en embrassant la vie religieuse. Ils ne pourront, dit-il, avoir l’esprit libre des affections et des inquiétudes de la terre, s’ils gardent la richesse avec les soucis qu elle entraîne. Ce sont les épines de la parabole qui étouffent le verbe divin*. Mais le devoir du religieux, en renon-

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