V I* PRÉFACE
j 'espérais pouvoir le faire. J'en fus empiêché par un accident survenu quelques jours après mon retour de Oenève et qui me valut, après une longue interruption de travail, un surcroît d'occupations obligatoires. Quana je pus livrer mon manuscrit, il notait plus possible de le -'^- ■ publier avant la dispersion annuelle des ^a^ cances, et j'ai dû contre mon gi<6 attendre la '^' rentrée pour en corriger le» épreuves.
*4.- >r Je m'excu«B d'autant, plus de ces retarde' invo-
. lontaï^s que l'on s'étonnera peut-être que je ne
v.i , »* les aie pas mis à profit jfour compléter mon travail et me sois borné à donner ici, simplement. le texte même de mes conférences d'avril, repro- . diiit aussi fidèlement que j'ai pu le faire d'après mes notes. Peut-être eûtTil paru préléj^a^le à plusieurs, et avant to'ut aux auteurs de la demande, d'avoir sous les yeux un exposé plus substantiel et plus méthodique des idées que j'ai eu l'honneur de soumetti« au public genevois. Le livre comporte un degré de précision que le discours atteint rarement- Et il est plus facile de juger l'ensemble d'une doctrine régulièrement présenté que d'avoir à le dégager soi-même des impressiouâ . miiltiples de quelques conférences, même suivies d'un débat contradictmre. Mais deux raisons, qui au fond pourraient n'en faire qu'une, m'obligeaic<int à conservier, avec tous ses inconvénients, la forme oratoire.
v^ ■' ■' ' PRÉFACB . '"'■*'"/
D'abord deux honorables paateun de Oenève m'ont fait l'honneur de me ré^udre «t de combattre me» idéeA, l'un àax» quelques articles, l'autre dans deux sermons (1). Je n'avais pan le droit de présenter au public, pour lui permettre die juger entre nous, autre chose que le texte mdme, des conférences, objei de leurs oritiques.
Et d'ailleurs, parmi ces critiques, il en est une qui m'a réjoui, et qi^, à elle seule, m'aurait décidé à garder cette forme.
H. le pasteur Chaponnière constate quelque papt que l'audftoire a dû me suivre dans-* bien des marches et deè contire-marches >, que le con-,, féroncier < a, pendant l'espace entier de ses deux premières confévencesi tenu l'âme de ses auditeurs en suspens'». — Cela est vrai, non de deux, mais lie toutei. Ht, en effet, elles n'ont pas été autre chose dans quk pensée que le stimulant occasionnel de tout un travail *de réflexion, intime chez ceux qui me faisaient, l'honiueur de m'éoouter.
Mon ambition n'était patf de leur prêcher 'une
(1) Cm articles et oe» «ermons ont été rénnis en deux brochure»: X'M-V.Buittion et le ekritUanisme fvarujilique DM- H. FrMcia Chi^Mmnière, pasteur auxiliair» de l'IiB^ùe nationale protestante de Gentre (Oenève, 1000, Eggiaiann, in-8", 40p.), extrait de (a Semaine Bdiaietue de Oen%Te. des 28 avril. 6 et 12 mai 1900; 2* Science, fflorole et religion: leur œnflit dont l'édvedtion contemporaine e*t-U rM f Partie* de témoignage chrétien pronôneéei à Victoria HaU, 29 avril et 6 mot 1900,en ré-
rie aux eonféreneea de M. le profeueur Bmtêon,' par Frank Thomas (Qenëre, Jeheber, in-»>. 60 p.).
PntFACE
^ootria»> c'était de les convier à rgTUU !«•• leunt «u contact dea miennea.
Il n'y a de vérité pour chacn» de noua qae , «elle qu'il t'cat faite lui-n^e. Je dcaj^is à chacun, WMU prétexte de me aoivre, une occasion . de s'inteKToger lik de répondre da^ le éectet de sa conscience.
Des suggestions, des questions, de» appels à ■> un esamen plus consciencieux de soi par soi- mfime, des incitations à creuser toujours plus •Tant, à sépares*, par un tri sévère, les opinions passivement régnes des croyances et des convictions penonnellement acquises : je n'ai rien d'autre à othrir k Oenève iton plus qu'à Parip. C'est .à quoi se prêtait la iorme libre de ces causeries, ^ l'on comprendra que je n'ai^ pas cru convenable d'y rien changer. (1)
Tout ce qu'il m'a semblé devoir à mes honorableo «ontradicteurs a été, d'abord/'de lire avec aoin le* àSSt brochiùiee où ils ont exprimis leurs
(1) Ceux de mes aiiditeurs qai auraient le loUil: de •'aJrrftter à ces détail» pourront remarquer que j'ai réintégré dans ila première conférence le dérelomMment final qu'à Qenère le traupe m'avait oblige de rejeter «a commenœment de fa leconde; que j'ai,
, dû» la dernière, rétabli quelques cit«tions de M. Péoaut qu'il m'avait faHu abréger, qu'enfin dans tes
' conduaions — dernière partie de cette 4* séance, dont Tindulgenoe de t'auditmre mla permis de doubler presque la durée — j'ai résumé en matière de tbèaes, .mises en forme tout exprès pour donner plus de pria» •a débat, lea propositions par lesquelles ïmàtmà» cefc exposé.
PRÉFACB Vli
critiqaeÉ les plus vive» avec une élévaxion «t une mansuétude doxt^je ne songe pM à .les louer; «nsuite, d'y relever les qvelques points précis fur lesquels Us me paraissaient ou demander une explication plus ample ou me poser des questions "direc'tw.' J'y repond» «ommaiiement dans un petit noojibte de notes rejetées en appendice à la fin du volume.
C'est pour un motiiE anuogue que l'on trouvera dans ces pages — si fatigant et ci haïssable qu'il soit — l'emploi iréitéré du moi, qu'il m'eût été facile autant qu'agréable d'éviter. Il ne m'était pas permas d'employer qpe autre forme, à O^nève, sans m'exposer à de justes réclamations z je n'avais pajs qualité pour exposer la doctrine d'une Eglise ou d'un groupe quelconque, pas même d'un groupe français ou suisse de l'Union du christianisme libéral. Le souci de l'exactitude et celui de ma responsabilité m'obligeaient à rappeler sans cesse ^ l'auditoire c(ue . je n'engageais par mes paroles p€(r8onne q^o moi-même.
Il ne me reste qu'un vœu à former, c'est que oe' petit livre, s'il est lu ^ar quelques-uns, Suisses ou Français, catholiques ou protestants, croyants ou libres penseurs, soit lu dans le même eaprit où il a été écrit : ce n'est pas l'esprit d« •ecte, oe a^est pas un esprit de haine.
Puis 20 Octolure 1900. '