‹ La religion, la morale et la science [microform]Chapitre 3 sur 17 · PREMIÈRE CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CONFÉRENCE

Mesdames, Messieurs,

Les amis qui m'ont invilé à pcpndre la pn- . rôle devant vous m'ont fait un très grand honneur. Lahiciileure prcuv(*'que j'en ni senli tout le prix, c'est que je ne l'ai accepté qu'après les plus grandes hésitations, El si j'ai cédé.'C'esl - <|u'on a réussi à reloui;ner contre moi mes raisons même d'hésiter.-

Je ne suis. — "^ avais-je répondu — ni un orateur, ni un savant, ni un théologien. Qu'irai-je^ djre à Genève, que des maîtres de la pensée e* de ta parole n'y aient déjà dit avec une autorité qui me manque? Car, enfin, je ne suis qu'un . homme d'école : l'école primaire a rempli vingtcinq années de ma vie, et j'athève ma carrière comme je l'avais commencée .— non loin d'ici — dans une chaire de pédagogie.

c Et c'est précisément pour cela, m'ont dit ^ de vieux amis qui se souvenaient encore de

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4 LA RELIGION, LA MORALE ET Lrf SCIENCE

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ces lointains débuts, c'est précisémfnt pour cela que nous yous'^ donnons la parole. C'est bien l'homme d'école que nous voulons entendre à son tour, et justement sur les mêmes grands sujets de philosophie, de morale et de religion, que d'autres ont traités ici comme il leur appartebait. Notre public ~4e Genève saK se mettre à des points de vue Rivera; celui de l'éducateur ne lui est pas indifférent. Venez donc nous dire comment en Franse vous essayez de résoudre ces problèmes qui, prftUque-^ / ment, aboutissent tous à l'éducation. >^ ) Et je suis venu, messieurs, aimant roie^ l présumer de mes forces que d« me dérober h \ une amicale sommation d'avoir ■ à confesser \(ia, foi ». Cette foi semblera peut-être à quelques-uns bien négative, peut-ètr» aussi réussirai-je à la leur expliquer. Je l'essaierai du moins : j'ai confiance dans votre indulgence, confiance surtout ions votre vieillehabitude, à la fois démocratique et prctf^stante^ d'éprouver toute chose pour retenir ce qui est bon.

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Limitons bien d'abord le champ d'études que nous abordons.

Ce n'est pas de la religion, de>la morale et' de la seienre en général que nous allons nous entretenir : autant Vaudrait s'engager à parler dé omui rr scibili. C'eàl uniquement de leurs rapports-^ avec l'éducation au temps présent. Jusqu'à queLpQint retfgion. science et* morale sont-elles des forces directrices de l'éducation? S'accordenl-elles, se contredisent-'ellçs, 8*exclUent-elles? S'il faut choisir entre elles, comment choisir? S'il faut fairélL chacune sa part, d'après quels principes la déterminer?

Réduite à ces termes, ce n'est plus uno question qu'il dépende, de jnous d'écarter comme oiseuse oii d'ajourner comme trop difflcile. Nos * enfants sont là, à qui il faut bien répondre. Ils n'ont pas le temps d'attendre, pour grandir, que nous ayons trouvé le dernier mot des choses. La vie nous poussej Ailleurs, on peut alléguer la vieille devise d'un bon sens un peu terre à terre : Primû vivere, deinde phUoao-

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