Genèse, VIII, i8-ai
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« Plantes et animaux, je vous donne tout. Seulement ne mangez pas avec sa vie la chair des animaux que vous tuerez : abstenez-vous du sang. Quant à votre sang à vous, j'en demanderai compte ; à toute bête, j'en demanderai compte ; à l'homme, de la vie de son frère je demanderai compte. Quiconque versera le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé. Car c'est à sa propre image que Dieu a fait rhomme. Vous donc, fructifiez, pullulez sur la terre et rendez-vous-en maîtres (1). »
Que de sagesse dans ce vieux mythe, solennel et triste, pessimiste et attendri, et combien lente est l'humanité à réaliser l'idéal de paix que depuis toujours elle entrevoit ! Déjà le mythe, par la bouche de lahvé son créateur, la déclare vouée au mal et incorrigible. Néanmoins, partant de l'antique interdit qui proscrivait l'emploi alimentaire du sang, il lui trace un programme de bonté : la terre est à vous, exploitez-la ; mais l'homme n'est pas pour l'homme une bête à tuer ; l'homme qui répand