‹ La religion nationale des Tartares orientaux [microform] Mandchous et Mongols, comparée à la religion des anciens Chinois, d'après les textes indigènes, avec le rituel tartare de l'empereur K'ien-LongChapitre 46 sur 76 · POUR LES CHEVAUX · texte numérisé non relu

POUR LES CHEVAUX

Le premier jour, on célèbre à l'ordo du Tangze. Un assistant, chef des oblations, avec un servant, va attacher et suspendre vingt-sept monnaies de papier à la colonne de bois de sapin placée sous la haute table, dans l'ordo du Tangze, et sur la table il pose en offrande un plat de gâteaux tome et un verre de vin doux, en outre vingt doubles rubans de soie verte. Sur la table basse qui se trouve à terre, il met deux grands vases plats [moro], l'un vide, l'autre plein de vin doux. Le chef encenseur allume l'encens.

Le directeur des haras amène cinq couples de chevaux blancs et les fait tenir arrêtés, sur le côté, à l'est du chemin cimenté qui conduit à l'ordo, la tête tournée vers l'ouest.

Les deux taigiyas, jouant de la mandoline et de la guitare, se posent sur le chemin cimenté, à l'ouest, le visage tourné vers l'est ; les gardiens du Tangze, jouant des castagnettes et battant des mains, se tiennent de l'autre côté, en face. Alors le Saman arrive, s'agenouille, prend le verre à plateau des mains du chef encenseur et bénit le vin six fois. Un chef assistant des liba- :

' Textuel. Il y a ici évidemment expression abusive, pars pro loto ou unum pro omnibus.

tions, debout au pied de l'escalier extérieur de l'ordo, du côté de l'est, donne le signal : carki tô^^ et la musique joue, on bal des mains.

Après la bénédiction, le Saman verse le vin dans le verre vide, reprend du vin doux au grand vase et le bénit, pendant quoi, au signal du chef assistant, les gardes du Tangze murmurent en chœur les prières.

Après la sixième bénédiction le Saman rend le verre au chef encenseur, se prosterne, se relève et joint les mains, La musique cesse alors, le Saman reçoit le glaive du chef encenseur et fait quelques pas en avant, tandis que la musique reprend et que l'on prie en chœur au signal donné.

Le Saman vénère trois fois le glaive et chante une prière conjuratoire, pendant laquelle on prie. Il répète trois fois cette cérémonie, puis se prosterne, se relève et, après l'avoir encore vénéré trois fois, rend le glaive au chef encenseur. La musique s'arrête, sur l'ordre du chef assistant, qui, cela fait, se lève et s'en va. Le Saman s'agenouille, se prosterne en priant, se lève et joint les mains, puis va près de la table haute à l'est et, s'y tenant debout, prend les rubans, prie en soufflant sur la cassolette à encens, donne les rubans au chef assistant et se retire; le chef assistant remet les rubans au directeur des haras qui les attache à la crinière et à la queue des chevaux 2, et donne aux préposés des haras les pains et le vin offert, pour les manger et boire.

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