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realites les plus solides; qu'uiie fois possesseur des loiSy il les compare entre elles, reconnaisse leurs analogies, et les exprime dans une loi superieure^ dont elles ne sont plus a ses yeux que des transformations; qu'il monte ainsi, par les degres de la dialectique , depuis ces phenomenes si multiples et si varies jusqu'a la puissante unite qui embrasse le 'monde dans un seul systeme, et qu'enfin^ s'elanqant de la conception du monde a celle du Greateur, il entrevoie sous les nuages eblouissants qui la cachent, Teternelle et immuable essence qui a fonde tout Stre ettoute verite. Arrive ainsi, a force de peine, au sommet de la connaissance , notre esprit saisit , dans un instant rapide^ toutes les Veritas qu'il a r^v6es; il oublie ses infirmites et ses miseres dans la pleine possession de celui qui est par excellence Tobjet de la pensee; il semble que le temps et Tespace s'enfuient, et que Teternel se manifesto dans sa splendeur. Puis tout se trouble, tout s'efface, notre coeur s'apaise, la science nous reprend avec sa rigueur inexorable ; ce grand rSve ne nous laisse qu'un souvenir; et nous recommen^ons a chercher et a travailler dans I'esperanee d'une nouvelle extase. Ge moment, qui passe comme Teclair, est unavant-godt du bonheur celeste ^
1. c Dieu possMe le bonheur parfait dont nous ne jouissons que par instants; il le poss^de continiiment, ce qui nous est impossible. Jouir, pour lui, c'est agir; et voilSi pourquoi veiller, sentfr, penser, est pour nous leplus grand plaisir ; et, par consequent, esperer et se ressouvenir. » Aristote, Metaphysique^ liv. xii, chap. vii.
L'lMMORTALITe. 3S3
a 11 n'y aura plus, dans le ciel, ni mort, ni oris, ni douleur*. » Notre cceur, qui a tant aiin6, et des objets si divers, et si fragiles, et si indignes, n'aimera plus que Dieu ; el noire esprit, qui s'est tant egare , qui si souvent a fait fausse route, debarrasse de toutes ses inutilites et de toutes ses chimeres , ne pehsera plus que Dieu; et noire amour, et notre intelligence, ayant trouve Tobjet qui leur est propre , et le possedant pleinement, sans intermediaire, nous rempliront de tout le bonheur que comporte un etre fini. Le divorce qui existe si souvent entre notre volonte et notre raison cessera, parce que nous n'aurons plus qu'une seule id^e et qu'un seul amour. Notre liberie sera d'autant plus parfaite que nous ne connaitrons plus la lutte entre les passions ennemies. Tout notre fetre pacific , reconcilie avec lui-m6me, lendra de toutes ses forces vers la Perfection absolue, qui est a la fois le vrai, le beau et le bien, c'est-a-dire le triple et unique id^al vers lequel aspirent des ce monde notre cceur, notre esprit, notre volonte. Tel est Tavenir que la philosophie pent promettre a Thomme, en se fondant sur des inductions infaillibles. En presence d'un tel resultat , on ne comprend plus ceux qui risprochenl a la pbilosophie la sl^rilite de ses promesses. On dirait qu'ils ne savent rien penser et rien imaginer, sans mettre dans leurs conceptions le corps et les besoins du corps. Nos doctrines idealistes leur