‹ La religion poèmeChapitre 16 sur 69 · LA «ÉTÉ · texte numérisé non relu

LA «ÉTÉ

Du séjour bienheureux delà Divinité , ^

Je descends dans ce &’eu (i) parla grdce habité. L'innocence djr platt , ma compagne éternelle , •

Et ré a point sous lès deux' $ asile ptUs jfdelle.

Ici , loin du tumulte , aux devoirs les plus, saints " Tout un peuple naissant est forme par mes mains»

Je nourris dans son cœur la semence* fécondé Des vertus dont il doit sanctifier le monde.

Un Roi qui me protège , un Roi victorieux / yl commis à mes soins ce d^pôt précieux,

C'est lui qui rassembla ces colombes timides . .

Eparses en cent lieux , sans secours et sans guides. Pour elles à sa porte élevant ce palais , .

Il leur y ft trouver V abondance et la paix. >

(i) La nraisottde §aînt-Cyr. '

. . PROLOQüE.^- •'"*

Grand Dieu ! que cet ouvrage ait place en ta me-

moire / ,

Que tous les soins qytü prefid pof4r soutenir ta gloire ' Soient graves de ta main au livre ou sont écrits fjes noms prédestinés des rois que tu chéris.

Tu ^'écoutes. Ma voix ne t'est point étrangère :

Je iuis la Piété , cette Jille si chere ,

Qui t'offre de ce Rqiles f^lus tendras soupirs.

Du feu de ton amour j'allume ses désirs.

‘Du %èlé qui pour toi V enflamme et le dévore La chaleur se répand du couchant à V aurore.

Tu le vols tous les jow'S , devant toi prosterne ,

Humilier ce f ont de splendeur coitronné;

Et, confondant l'orgueil par et augustes exemples^.

Baiser avec respect lepqvg de tes temples. , ^

De ta glbife animé , lui, seul , dé tant de rois ,

S'arme pour ta querelle et coprbat poiu' tes droits.

Le perfide intérêt ,, t aveugle jalousie ,

Sunissent contre toi pour Vajfveusç hérésie.

La discorde en fureur ffcmit de toute/ parts.

Tout semble aJrandonnér tes sacr/s étendards ;

Et F enfer , couvrant tout ie ses vapeurs funèbres ,

Sur les' yeux les plus saints à jeté ses ténèbres.

Lui seul invariable et fondé sip" la foi \ ,

IVe cherche, ne regardé et n'écoute que'tôi >

Et , bravant du démon l'impuissqrj^ artifce , . .

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•PROLOGUE. i5

ï)e la ReUgiou soutient tout Vëdijice, ‘ ' *

Grand Dieu ! juge ta cause y et déploie aujourd’hui Ce bras , ce même bras qui combattait pout' lui , , Lorsque des nations à sa perte ahimées Le Rhin vit tant de Jois disperser les armées. «• '

Des mêmes ennemis je reconnais V orgueil:

Ils viennent se briser contre le même écueil ' Déjà , rompant partout leurs plus firmes bart'ièrcs ,

Du débris de leut's forts ü couvrè ses frontières.

Tu lui donnes un fils prompt à-ïe seconder ,

Qui sait combattre , vaincre , obéir , comiAandar;

Un fils qui , comme lui suivi de. la victoire ,

Semble à gagner son cceio' borner toute sa glob'c ; .

Un fils à tons ses vœux avec amour soumis ,

Ü étemel désespoit' de tous ses ennemis,

. Pareil à ces esprits. que ta justice envoie ,

Quand son Roi lui dit : Pars , il s'élance avec joie , ■ Du tonnerre vengeur s’en va tout embraser ,

Et tranquille à pes pieds revient le déposer. •

Mais, tandis qu’ioi gratid^Roi Venge ainsi mes injures , •

F" ous qui goûtez ici des dëîices si pures ,

S’il pei'met à son cœur un moment de repos , ’ •

A vos jeux innocens appelez ce héros ; * '

Retracez-lui etEsther Vhiétoire glorieuse . *

Et sur Vimpiété la Foi victorieuse.

i4 . ‘ , PROLOGUP.

Et vous qui vous plaises aux folles passions Qu'allument dans vos cœurs les vaines fctioni, Profanes amateurs des Spectacles frivoles , Dont V oreille dennidç àu son de mes paroles ^ Fuyez 4^ ntes plaisirs la sainte austérité,

Tcfut respire ici Dieu y la paix, la vérité.

EStHER,

TRAGEDIE

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