‹ La religion poèmeChapitre 25 sur 69 · ESTHERr · texte numérisé non relu

ESTHERr

Et mon intérêt seul est le but où tu cours : '

Dis-moi donc , que doit faire un. prince magnanime Qui veut combler d’honneur un sujet qu’il estime? Par quel gage éclatant et digne d’un grand roi Puis-je récompenser le mérjjte et la foi ?

Ne donne point de borne à ma reconnaissance.

Mesure tes conseils sur ma vaste puissance.

, AMAN, tout bas.

C’est pour toi-même , Aman , que tu vas prononcer. Et quel. autre que toi peut-on récompenser?

, . t ASSVÉRUS.

Que penses-tu ?"

' AMAN

Seigneur p je cherche , j’erivisage Des monarqtles persans la conduite et l’usage ;

Mais à mes yeux en Tain je les rappelle tou^ ;

Pour vous régler sur eux que sont-ils près de vous ?

, Votre règne aux neveux doit servir de modèle.

Vous voulez d’un sujet reconnaître le zèle ?

L’honneur seul peut flatter un esprit généreux :

Je voudrais donc , seigneur , que.ce mortel |ieureux , De la. pourpre aujourd’hui paré comme vous-même , Et portant sur le front le sacré diadème ,

Sur un de Vos coursiers pompeusement orné ,

Ajix yeux de vos sujets dans Suse fût mené :

Que pour comble de gloire et de magnificence ,

Un seigneur éminent en richesse , en puissance , Enfin de votre empire après vous le premier ,

Par la bride guidât son superbe coursier ; :

Et lui-méme , marchant en habits magnifiques ,

TRAGÉDIE. - "45

jCüàtà hautt^LVeixila^s les places publi qu es ;

Mortels , prostciiiez-yous. C’est ainsi que le roi Honore le mérite et 'cournimë j^a foi. :

■ * ji ■'

, .. ASSUÉIWS., , . ■*

Je vo:s que la sagesse eUe-même t’inspire.

Avec més volonté, ton^^sentiment conspire. ' * ‘

Va , ne perds pbint le temps. Ce^que tu m*a«:dict^,

Je veux de point eh point qu’il soit exécuté.

La vertu dans l’oubli ne sera plus cachée.

Aux ‘^rtes du palais prends le Juif Mèrdochée ;

C’est lui qqe je prétends honorer aujourd’irui ; '.Ordonne son triomphe et marche devant lui.

Que Suse par ta voix de son nom retentisse ,

Et fais à son aspect que tout genou fléchisse.

Sortez tous.. ...

' AMAîf.

Dieux ! " . ■

■ SCÈNE VÈ • . •

ASSUEDUS, seul.

Le prix est sans doute inouï'. >.

Jamq^ d’un tel honneur un sujet n’h joui.

Mais plus la récompense est grande et glorieuse !

Plus même de ce Juif la race est odieuse ,

1 Plus j’assure ma vie et montre avec éclat

Combien Assuérus redoute d’être ingrat.- . •

On verra l'innocent disçeraé du coupable. ‘ '

Je n’en perdrai pas inoins^ ce peuple* abominable :

Leurs crimes.,.. ■ .

.ESTHl^/

• ' '• ''SCÈNE VII. ■■ ' ' ■-

’ ASSUÉRUS, ESTHER.'toSE , T^MAR. .

Partie du Chœur. (Esther entre, ^o^uyant sur Elise; quatre Israélites soutiennent sa robe. ) ,

- ■ ' ASSUÉRUS/ ■/ * '

Sans mon ordre on porte ici ses pas !

Quel mortfcl insolent vient chercher le trépas ?

Gardes ! C’est vous, Esther? Quoi! sans élre attendue.

. ' • ESTIIPR.

Mes filles , soutenez votre reine éperdue. .

Je me meurs. ( Elle tombe évanouie. )

ASSUÉEUS.

, Dieu^ puissans 1 quelle étrange pâleur

De son teint toqt à coup efface la couleur !

Esther , que craignez-vous , suis-je pas votre frère ? Est-ce pour v6us qu’est fait un ordre si sévère? Vivez. Le sceptre d’or que vous tend cette main Pour vous de ma clémence est un ga«e certain.

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