‹ La religion poèmeChapitre 26 sur 69 · ESTUDE · texte numérisé non relu

ESTUDE

Quelle voix salutaire ordonne que je vive Et rappelle en mon sein mon^ânie fugitive ?

- ■ . ASSUÉRUS

Ne connâissez-voûs pas la Voix de votre époux? Encore un coup ^ vivei , et revenez à vous.

TBAGÊDrE*' !45

ESTHER

Seigneur, je n*ai jan^is contemplé qu’avec crainte L’auguste majesté sur votre front.empreinte; ' Jugez combien Ce front, irrité c< 5 ntrè moi ,

Dans mon âme troublée a dù jeter l’effroi

Sur ce trône sacré qu’cnviroimë la foudre

J’ai cru vous voir tout prêt à me réduite en poudre.

Hélas ! sans frissonner qi^el cœur audacieux

Soutiendrait les éclairs qui partaient de vos yeux?

Ainsi du Dieu vivant la colère éternelle.

ASSUÉRUS. •

O soleil ! ô flambeau dé lumière immortelle !

Je me trouble moi-même , et sans frémissement Je ne puis voir sa peine et son saisissement.

Calmez, reine, calmez la frayeur qui vous presse, • Du cœur d’Assuérus souveraine- maîtresse ;

Eprouvez seulement son ardente amitié ;

Faut-il de mes états vcfus donner.la moitié^

ESTUER. " . •

» *■ , Hé! se peut-il qu’un roi craint de la tc/re entière ,

Dèvant qui tout fléchit et baise la poussière.

Jette sur son 'esclave un ïc*gard si serein i- Et m’offre sur son cœur un pouvoir souverain?

ASSUÉRUS. ^

Croyez-moi, chère Esther, ce sceptre, cet empire ,

El ces profonds respects que la terreur inspire ,

A leur pompeux éclat mêlent peu de douceur

Et fatiguent souvent leur triste possesseur. >

/^6 ■ ESTIlÊj\; ‘

Je ne trouve ^’en vpus je ne sais quelle grâce

Qui me charme toujours et jamais ne me lasse.

De l’aimable vertu ^Qux et puiss^'ns attraits !

Tout respire en E^ther l’innocence et la paix. '

Du chagrin le plifs nôir eHe écarte les ombres

Et fait des jours s éteins de mjes jours les plus sombres.

Que dis-je ? spr çe trône ^sis auprès de vous ,

Des astres ennemis je crains moins le courroux ,

Et crois que votre'front prête à mon diadème

Un éclat qui le rend respectable aux dieux même.

Osez donc me répondre et ne me cachez pas

Quel sujet important conduit ici vos pas ;

Quel intérêt, quels soins vous agitent, vous pressent?

•Te vois qu’en m’écoutant vos yeux au ciel s’adressent.

Parlez. De vos désirs le succès est certain ,

Si ce succès dépend d’une mortelle main.

. ESTHEB...

O bonté qui m’assure autant qu’elle m’honore ! »

Un intérêt pressant veut qué je vous implore. J’attends ou mon malheur , ou ma féficité :

Et tout dépend, seigneur, de votre volonté.

Un mot de votre bouche , en terminant mes peines , Peut rendre Esther heureuse entre toutes les reines.

A&iUFRUS.

Ah ! que vous enflammez mon désir curieux !

’ . . . ESTHÉFi. #

Seignpur, si j’ai trouvé grâce devant vos yeux ,

Si jamais à mes vœux vous fûtes favorable Permettez avant tout qu’Eslher puisse à sa table

‘ TRAGÉDIÉ. /

Recevoir aujourd’hui son souverain seigneur ,

Et qu’Aman soit admis à cet excès d'honneur.

J’oserai devant lui rompre ce grând silence ,

Et j’ai pour m'expliquer besoin de sa prëçetfce. ■

' • ASSUÉRUS

Dans quelle inquiétude , Esther , vous me j^etez ! Toutefois qu’il soit fait comme vous souhaitez.

-'Z ceux de sh siute :

Vous , qué l’on cherche Aman et qu’on lui fasse entendre j.

Qu’invité chez la reine il ait soin de s’y rendre.

' ■ ' scÉwç' yiw.

ASSUÉRUS, ESTHÉR, ÉLISE , THAMAU, HVDASPE, une partie du Chœui'. ^ ^

IIŸdASPE. ' ■'

Les savans Chaldécns, par votre ordre appelés ,

Dans cet appartement, seigneur , sont assembles.

' ASSUEBÜS. ' '

Princesse , un songe étrange occupe ma pensée. Vous-même en leur réponse êtes intéressée.

Venez , derrière un v^ile écoutant leurs discours^

De vos propres clartés me prêter le secours.

.Te crains pour vous , pour mpi quelque ennemi perfide. ‘ ,

ESTHER

ESTIIER.

Suis-moi, Tharaar. Et youç , troupe jeune et timide , Sans craindre te j les' yeux d’une profane cour,

A l’abri de ce trône attendez mon retour.

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