‹ La religion poèmeChapitre 27 sur 69 · V • SCÈNE IX · texte numérisé non relu

V • SCÈNE IX

ÉLISE, partie du Choeur. •

QuÈ vous semble , mes sœurs, de l’état où nous . sommes ? •

D’Esther , d’ Aman , qui le doit emporter ?

Est-ce Dieu? sont-ce les hommes ,

Dont les Cewres vont éclater ?

Vous avez vu quelle ardente colère Allumait de oé roi le visage sévère,

. Une des Israélites.

Des éclairs de ses yeux l’œil était ébloui.

Une autre. '

Et sa voix m’a paru comme un tonnerre horrible.

ÉLISE. . '

Comment ce courroux si terrible ' Eusun moment s*est-il évapoui? ‘ '

(i) Cette scène est partie déclamée sans chant , et partie chantée.

Tî\A(;ÉDîn:.

Une des Israéliles chante.

Un ibomcnt a changé ce courage' inflexible. ,

Le lion rugissant est un agneau paisible. ..

Le Chœur chante.

Dieu , notre Dicü sans cloute a' versé dans son cccur Cet esprit de douceur. • ‘ .

La même Israélite chante.

■ * Tel qu’un ruisseau docile Obéit à la main qui détourne son cours ,

Et laissant de ses eanx pEyrtager le aeconrs , ^

Va rendre tout un champ fertile ;

Dieu, de nos volontés arbitre souverain!

Le coeur des rois est ainsi dans ^a main.

ÉLISE

Ah ! que je crains , mes soeurs , les funestes nuages Qui de ce prince obscurcissent les yeux !

Comme il est, aveuglé 'du culte de ses dieux J

Une des Israélites.'

Il n’atteste jamais que 'leur nom odieux.

: ' ' • - • 'Une autre.

Aux feux inanimés dont se' parent’ les cieux *

Il rend de profanes hommages.

• Une autre.

* Tout son palais est plein ^e leurs images.

io E8THER>

Le Chœur chante'.

Malheureux ! vôiis- quittez le maître de? humains , Pour adorer l’ouvrage de vos mains'.

Une Israélite chante.

Dieu d'Israël, dissipe enfin cçtte ombre.

Des larmes de tes Saints , quand seras-tu touché ?

Quand sera le voile arraché ,

Qui sur tout l’univers jette une niiitsi sombre?

, Dieu d’Israël, dissipe^ enfin cette ombre.

Jusqu’à quand seras-tu caché ?

. ' Une des plus jeunes' Israélites .

Parlons plus bas, mes soeurs. Ciel ! si quelque infidèle. Ecoutant nos discours , nous allait déceler !

ÉJA&E.

Quoi î fille d’ Abraham ; /une crainte mortelle Semble déjà vous faire chanceler?

Hé ! si l’impie Aman dans éa.main homicide ' Faisant luire à vos yeux un glaive menaçant ,

A blasphémer le nonl du Tout-Puissant Voulait forcer votre bouphe timide ?

Une aifire JsrqèUle. «i

reut-ctre^ssuérus frémissant de courroux,

Si nous ne courbons, les genoux .

Devant une muette idole,

Commandera qu’on nous immole

Chère sœur, que .choisirez-voux '

TRAGÉDIE. 5i

La jeune Israélite.

Moi ! je pourrais trahir le Dieu-que j’aime?

J’adorerais un Dieu sans force et sans vertu,

Pieste d’un tronc par les vents abattu ,

Qui ne peut se sauver’ Uii-mêmc ?

'Le Oheeur chante.

Dieux impuissans , dieux sourds , tous ceux qui vous implorent • , ^ .

Ne «eront jamais eqtendus.

. • Que les dëmôns et beux qui les adorent

Soient à jamais détruits et confondus. , ^

Une Israélite chante.

Que ma bouche et mon cccm* et tout ce que je suis

Rendent honneur au Dieu qui m’a donné la vie.

Dans les craintes , dans lés ennuis ,

En ses boutés mon âme.ae confie. •

Veut-il par mon trépas que je fe glorifie?

Que ma bouche et mon ocepr , et tout ce que jé suis ,

Rendent honneur au Dieu qui m’a donné la vie.

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